Vol retardé ou annulé ? 43 % des Français ne récupèrent pas leur argent

Par Nassim Terki Publié le 30/03/2024 à 11:27
Femme à L'aéroport

43 % des Français ignorent leurs droits à indemnisation en cas de retard ou d'annulation de vol.
Les passagers ont droit à une indemnisation allant de 250 à 600 euros.
Des entreprises spécialisées peuvent aider les passagers à obtenir leur indemnisation.

Un récent sondage révèle qu'une grande partie des Français méconnaissent leurs droits en matière d'indemnisation en cas de retard ou d'annulation de vol, malgré leur existence depuis deux décennies. Ce manque d'informations touche 43 % des citoyens, pourtant confrontés à des situations de retard ou d'annulation dans 35 % des cas.

Près de la moitié des Français ignorent toujours leurs droits à indemnisation en cas de retard ou d'annulation de leur vol, malgré l'existence de ces règles depuis déjà 20 ans. C'est ce que révèle une enquête réalisée par Flightright en partenariat avec Poll&Roll, publiée le 28 mars.

Il est surprenant de constater que 35 % des voyageurs ont déjà été confrontés à un retard ou une annulation de vol, mais que la moitié d'entre eux n'ont pas formulé de réclamation. En effet, une loi européenne datant de 2004 oblige les compagnies aériennes à compenser les passagers affectés par une annulation ou un retard de vol d'au moins trois heures. Cette compensation peut aller de 250 à 600 euros par passager, en fonction de la distance parcourue par le vol.

Par exemple, pour les vols de moins de 1500 km (comme un Paris-Madrid), les passagers peuvent prétendre à une indemnisation de 250 euros. Pour les vols de plus de 1500 km en Union européenne (comme un Paris-Pointe-à-Pitre), le montant de l'indemnisation est de 400 euros par passager. Les vols compris entre 1500 et 3500 km hors de l'Union européenne (comme un Paris-Istanbul) donnent également droit à 400 euros par passager. Enfin, les vols de plus de 3500 km (comme un Paris-New York) permettent de réclamer 600 euros par passager.

Comment obtenir une indemnisation en cas de vol retardé ou annulé ?

Il faut rester vigilant quant aux exceptions à l'indemnisation des retards ou annulations de vol. En effet, cette règle s'applique uniquement aux vols partant d'un pays de l'Union européenne ou à destination d'un pays de l'Union européenne lorsque la compagnie aérienne est européenne. Ainsi, un vol de New York à Paris opéré par Air France peut bénéficier d'une indemnisation, mais pas le même vol effectué par American Airlines.

Par ailleurs, les compagnies aériennes peuvent invoquer « des circonstances exceptionnelles, dont les contours sont précisés au fil des jurisprudences ». Selon Imane El Bouanani, responsable juridique de Flightright, « les conditions météorologiques ou les alertes à la bombe sont des circonstances extraordinaires indiscutables ».

En revanche, les grèves peuvent être sujettes à interprétation : les grèves des contrôleurs aériens sont considérées comme des circonstances extraordinaires, mais pas celles du personnel de la compagnie. En cas de maladie d'un pilote avant un vol, il ne s'agit pas d'un cas de force majeure et les passagers ont droit à l'indemnisation prévue par la loi européenne.

Les réclamations ne donnent pas toujours lieu à un dédommagement

« Un tiers des réclamations ne donnent lieu à aucun dédommagement », révèle une étude. Face à cette situation, il existe des solutions pour obtenir satisfaction.

La première démarche consiste à soumettre une réclamation via le formulaire en ligne de la compagnie aérienne ou par email. En cas d'absence de réponse, il est recommandé d'envoyer un courrier recommandé avec accusé de réception. Si la compagnie ne réagit pas, il est conseillé de saisir la justice.

Heureusement, des aides juridiques peuvent être sollicitées. La protection juridique, « généralement incluse dans les contrats d'assurance habitation », peut vous accompagner dans vos démarches, y compris lors de procédures judiciaires, en prenant en charge les frais d'avocats. Certaines entreprises spécialisées proposent également leur assistance. Elles se chargent de la réclamation amiable et fournissent un avocat partenaire si nécessaire.

Le taux de succès de ces sociétés est élevé, avec plus de 90 % des réclamations aboutissant en phase amiable. De plus, elles fonctionnent à la commission, sans frais à avancer pour les clients. Cependant, les commissions varient entre 30 à 50 %, selon le cas.

Il est donc recommandé d'envisager ces services en cas d'échec des démarches personnelles, en particulier si les frais de justice ne peuvent être avancés. En cas de succès, les commissions peuvent être compensées par les indemnités obtenues. En revanche, en cas de perte en justice, aucun paiement n'est requis.

Passionné par l'écriture et la découverte de nouveaux horizons, je m'attelle à rédiger des articles sur une multitude de sujets avec curiosité et rigueur. Contribuer à la couverture de l'actualité est pour moi un véritable défi quotidien.