La province équatorienne de La Guayas a été secouée par une nouvelle vague de violence ce dimanche lorsque des hommes armés ont perpétré deux attaques meurtrières, faisant 14 victimes civiles. Ces événements tragiques s’inscrivent dans une spirale de violence liée au narcotrafic qui ne cesse de s’intensifier dans le pays.
Sanglante offensive dans la province de La Guayas
Le bilan est lourd dans la ville d’El Empalme où des assaillants circulant à bord de deux camionnettes ont ouvert le feu sur des civils rassemblés devant un commerce de boissons alcoolisées. D’après le commandant Oscar Valencia, responsable de la police locale, cette première attaque a causé la mort de 12 personnes et blessé trois autres. Parmi les victimes figure un enfant de 12 ans, qualifié de « victime collatérale » par les autorités.
Peu après ce premier assaut, les mêmes criminels ont perpétré une seconde attaque dans les environs, tuant deux personnes supplémentaires. Les forces de l’ordre ont collecté 40 éléments balistiques sur les lieux, témoignant de la violence de l’assaut. Ces attaques ne sont malheureusement pas des cas isolés. La semaine précédente, neuf personnes ont été abattues dans un bar de General Villamil, une station balnéaire du sud-ouest équatorien.
Ces événements tragiques reflètent la détérioration rapide de la sécurité dans ce pays autrefois considéré comme l’un des plus stables de la région. Les premières investigations pointent vers l’implication de gangs liés au narcotrafic, qui se disputent le contrôle des territoires stratégiques.
L’Équateur, nouveau carrefour du trafic international de drogue
La position géographique de l’Équateur, enclavé entre les deux principaux producteurs mondiaux de cocaïne – la Colombie et le Pérou – explique en grande partie cette flambée de violence. Les ports équatoriens sur l’océan Pacifique sont devenus des points de transit privilégiés pour l’exportation de stupéfiants vers l’Amérique du Nord et l’Europe.
Les chiffres sont alarmants : en 2024, les autorités équatoriennes ont saisi 294 tonnes de drogue, principalement de la cocaïne, contre 221 tonnes l’année précédente. Selon les estimations officielles, près de 73% de la cocaïne produite dans le monde transitent désormais par l’Équateur.
Cette situation a entraîné l’émergence de puissantes organisations criminelles locales qui collaborent avec des cartels internationaux:
- Cartels mexicains
- Organisations criminelles colombiennes
- Réseaux mafieux albanais
- Groupes criminels locaux
La lutte pour le contrôle de ces routes lucratives alimente une violence sans précédent qui touche principalement les populations civiles. Les attaques comme celles d’El Empalme visent à instaurer un climat de terreur et à asseoir la domination territoriale des gangs.
Une crise sécuritaire sans précédent
Les statistiques des cinq premiers mois de 2025 révèlent l’ampleur de la crise : 4051 homicides ont été enregistrés en Équateur, faisant de cette période la plus sanglante de l’histoire récente du pays. Le taux d’homicides a atteint 38 pour 100 000 habitants en 2024, plaçant l’Équateur parmi les nations les plus dangereuses de la région.
| Année | Homicides (5 premiers mois) | Saisies de drogue (tonnes) |
|---|---|---|
| 2023 | Non communiqué | 221 |
| 2024 | Non communiqué | 294 |
| 2025 | 4051 | En cours |
Le président Daniel Noboa, réélu en mai 2025, a fait de la lutte contre les organisations criminelles une priorité nationale. Lors de son investiture, il s’est engagé à « sauver » le pays de l’emprise des narcotrafiquants. Un succès notable a été enregistré en juin avec l’arrestation à Manta d’Adolfo Macias, alias « Fito », puissant baron de la drogue ensuite extradé vers les États-Unis.
Malgré ces efforts, la situation reste critique. Les gangs, disposant d’armements sophistiqués et de ressources financières considérables, continuent de défier l’autorité de l’État. Les habitants des zones côtières vivent dans un climat d’insécurité permanent, tandis que l’économie locale, notamment le tourisme, souffre gravement de cette instabilité.
Face à ce défi majeur, l’Équateur devra non seulement intensifier ses opérations répressives, mais également développer une stratégie globale incluant prévention, développement économique et coopération internationale renforcée. L’avenir du pays dépendra largement de sa capacité à briser ce cycle de violence et à restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble de son territoire.
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