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Une étude scientifique révèle l’endroit le plus hostile à la vie sur Terre

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Les scientifiques ont découvert qu’une seule bactérie pouvait survivre à ce lieu unique en son genre sur Terre.

Une équipe de scientifiques américano-costaricaine pense avoir découvert le lieu le plus hostile à la vie sur terre. Situé au cœur du volcan Poàs au Costa Rica, il s’agit d’un lac acide où quasiment aucune espèce peut survivre. Grâce à leurs observations sur le terrain, les chercheurs pensent pouvoir aider les scientifiques russes et européens chargés de la mission ExoMars, qui aura lieu en 2020 sur la planète rouge à travers l’envoi d’une sonde.

L’enfer sur Terre

Ce lieu particulièrement hostile se situe au cœur du cratère du volcan Poàs. En effet, les eaux du lac sont extrêmement acides, au point que son pH se situe entre -1 et +1,5, soit pire que du vinaigre. Nommé « Laguna Caliente » (lac chaud en espagnol), il peut atteindre une température de 100° C, tandis que les cheminées naturelles environnantes peuvent pointer à 980° C.

Pourtant, l’équipe de chercheurs y a fait une découverte surprenante. En effet, même dans ces conditions extrêmes, une forme de vie particulière a pu survivre et proliférer. Il s’agit ainsi de la bactérie acidiphilium, qui porte donc bien son nom. Celle-ci se développe en effet dans des environnements extrêmement acides, grâce à sa capacité à se nourrir du soufre qui rentre dans la composition du lac.

Les scientifiques ont pu faire cette découverte en prélevant de l’eau à partir de l’année 2013. En effectuant des analyses poussées, ils ont ainsi pu découvrir la trace génétique de ces bactéries particulièrement coriaces.

Ce n’est pas la première fois que le « Laguna Caliente » attire la curiosité des chercheurs. En effet sa géologie le rapproche beaucoup de certaines planètes du système solaire, comme Mars. Les eaux du lac ont également été étudiées dans le cadre d’une série d’études géochimiques. Mais c’est la première fois que l’on s’intéresse aux organismes vivants à l’intérieur.

Une seule bactérie, et c’est tout

Ce qui a particulièrement intrigué les scientifiques, c’est la présence d’un seul type d’organisme vivant à l’intérieur du lac. En effet, dans l’étude publiée dans la revue Astrobiology, les chercheurs en charge de cette étude expliquent que le Laguna Caliente abrite une monoculture, une situation unique en son genre sur Terre. D’autres lacs comme celui d’Iron Mountain aux États-Unis, dont l’acidité est comparable, accueillent plusieurs types d’organismes vivants.

Dans la mesure ou ce lac n’abrite qu’un seul microbe, les scientifiques affirment avoir découvert le lieu le plus hostile à la vie qui existe sur Terre. Ces conditions extrêmes, qui font beaucoup ressembler le Laguna Caliente à la zone entourant le mont Olympus sur Mars, permettent aux scientifiques de mieux se préparer à la mission ExoMars sur la planète rouge.

Vers Mars 2020

Ce lac costaricain intéresse ainsi les scientifiques pour sa proximité géologique, minéralogiques, hydrothermique avec plusieurs régions martiennes. En outre, la surface de la planète rouge a accueilli de l’eau sous une forme acide, qui aurait très bien pu accueillir la vie il y a des milliards d’années. Pour les chercheurs, ces bactéries auraient ont une chance non-négligeable d’avoir existé sur celle-ci, d’autant que des preuves récentes penchent en la faveur de cette hypothèse. Toutefois, les conditions hostiles de l’atmosphère martienne auraient empêché ces organismes d’évoluer vers des formes de vie plus complexes.

En 2020, l’Agence Spatiale Européenne et la Russie vous renvoyez une sonde sur Mars dans le but d’y trouver des traces de vie. Celle-ci prendra la forme d’un Rover, semblable à celui de la sonde Curiosity envoyer par la NASA, qui collectera des échantillons ainsi que de nombreuses données sur le sol martien.

Les chercheurs ayant mené l’étude sur le Laguna Caliente mentionnent ainsi cette expédition après l’exposé des conclusions de leur publication. Pour ces derniers, l’Agence Spatiale Européenne gagnerait à faire atterrir sa sonde près d’un lieu dont les caractéristiques le rapprocheraient du lac costaricain. Elle aurait ainsi plus de chances d’y trouver une forme de vie résistante à la chaleur et à l’acidité de l’environnement martien.

Cette étude pourrait peut-être également servir à une éventuelle mission humaine sur Mars. Reste à savoir qui y arrivera le premier : la NASA, l’Europe, ou bien Elon Musk.

Publié le mercredi 13 juin 2018 à 19:31, modifications mercredi 13 juin 2018 à 17:43

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