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Sibérie : Deux vers âgés de 30 000 et 42 000 ans retrouvés vivants

Sibérie : Deux vers âgés de 30 000 et 42 000 ans retrouvés vivants

Des biologistes russes ont réveillés deux petits vers retrouvés en Sibérie, âgés chacun de 30 000 et de 42 000 ans. Cette découverte en fait les deux organismes vivants les plus vieux du monde.

En Sibérie, des chercheurs russes ont fait une découverte digne d’un film de science-fiction. Dans un échantillon de permafrost, un sol gelé qui recouvre 20% de la planète et dont la température ne dépasse jamais 0% se trouvaient une centaine de petits vers. Après que les invertébrés aient réchauffé durant plusieurs semaines, deux d’entre eux ont progressivement retrouvé leur énergie et se sont avérés bien vivants, alors qu’ils sont âgés de 30 000 et 42 000 ans.

Les nématodes, des vers dont la résistance inquiète les chercheurs

Publiée dans la revue de l’académie russe des sciences Doklady Biological Sciences, la trouvaille des biologistes russes est exceptionnelle, mais pas impossible. Car l’espèce de vers en question, les nématodes, sont de petits vers ronds capables de résister au froid durant de longues périodesJean-Lou Justine, professeur au Muséum d’Histoire naturelle rappelle :

Quand on a affaire à des nématodes, on peut s’attendre à tout. Ce sont des vers très résistants au froid. Qu’ils aient patienté près de 42.000 ans, c’est certes surprenant, mais tout à fait crédible.

Une affirmation qui ne rassure pas pour autant la communauté scientifique. Car si des organismes comme ceux-ci ont pu survivre aussi longtemps, dans des couches de 30 000 à 42 000 ans jusqu’à 30 mètres de profondeur, les scientifiques russes craignent que des microbes n’aient eux aussi résisté au temps, prisonniers de la glace. Si cela se vérifie, le réchauffement climatique pourrait bien les rendre de nouveau actifs et potentiellement dangereux pour l’Humanité.

Et les Mammouths ?

En ce qui concerne les organismes plus complexes et le fantasme de voir réapparaître des animaux disparus tels que le Mammouth, Jean-Lou Justine reste réaliste :

Les nématodes ont une structure tellement différente de la nôtre que cela me paraît pour le moment impossible de transposer ces extraordinaires capacités de résistance à des organismes autrement plus complexes !

La cryogénisation pour l’espèce humaine n’est donc pas pour demain, mais il se pourrait que la longévité et la résistance des nématodes, due à leur taille de quelques millimètres, soient utiles pour d’autres domaines, tels que la cryomédecine, la cryobiologie et l’astrobiologie. De quoi progresser en matière de soins par le froid et faire avancer les recherches sur l’apparition de la vie sur d’autres planètes.

Suite à cette découverte, les deux vers sont devenus les êtres vivants les plus anciens qui existent sur Terre.

Publié le jeudi 2 août 2018 à 16:05, modifications jeudi 2 août 2018 à 11:48

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