Sci-Tech

L’hyperloop : ce train à 1000 km/h, pourrait bientôt voir le jour en France

Cette technologie prometteuse nous permettra peut-être un jour d’effectuer un trajet Paris-Marseille en moins d’une heure.

L’entreprise Transpod s’apprête à construire un premier prototype d’hyperloop, ce train à suspension magnétique sous-vide capable de s’élancer à une vitesse proche de celle du son, près de Limoges, après avoir mené des expérimentations concluantes à Toulouse. Ce projet fou, d’abord pensé par Elon Musk, pourrait ainsi voir le jour en France d’ici une dizaine d’années.

Un projet fou dûment théorisé par Elon Musk

La société canadienne Transpod, l’une des plus performantes dans le paysage des entreprises spécialisées dans la recherche sur l’hyperloop, a choisi la ville de Droux près de Limoges pour construire son prototype d’hyperloop, qui s’élancera à travers un tube sous-vide de 3 kilomètres. Son fondateur, le Français Sébastien Gendron, espère ainsi lancer une première ligne commerciale en 2030, qui pourra atteindre une vitesse de 1 000 km/h, avec une fréquence de départ proche de celle du métro (mais une vitesse aussi importante que celle d’un avion !)

L’hyperloop a d’abord été imaginé au début du 20ème siècle, avant d’être théoriquement développé par Elon Musk, le patron américain de Testla et Space X. Son principe est simple : envoyer un train à suspension magnétique dans un long tube sous-vide, afin d’éviter tout frottement avec l’air et atteindre une vitesse de près de 1 000 km/h. Les bases de ce projet fou ont été posées par Elon Musk à travers un livre blanc publié en 2013, mais celui-ci a laissé à d’autres la responsabilité de le développer. Des sociétés comme Transpod, HTT ou encore Hyperloop One s’en sont ensuite très rapidement emparés. 

Une vitesse théorique pouvant dépasser les 1 200 km/h

Dans l’idéal, l’hyperloop pourrait s’approcher de la vitesse du son, à près de 1 200 km/h. Mais dans les expérimentations menées jusqu’alors, on n’a pu atteindre qu’une vitesse de 466 km/h, le record actuellement détenu par l’université de Munich en 2018, qui s’est illustrée lors du grand concours annuel organisé par Elon Musk pour accélérer le développement de l’hyperloop. Auparavant, le record était détenu par la firme Hyperloop One, qui avait atteint 437 km/h en juillet 2017 près de Las Vegas. Mais comment expliquer cette différence entre la théorie et la pratique  ?

Pour que le train puisse atteindre sa vitesse maximale, il faut une distance d’accélération très importante, qui n’a pas encore pu être testée. En effet l’expérience a prouvé que même sur un segment de 2 km, il est impossible d’atteindre les 1 000 km/h. C’est la raison qui a poussé Transpod à opter pour une ligne de 3 km pour effectuer sa série de tests. Mais il est possible que la société doive encore rallonger ce tronçon pour atteindre la vitesse promise, qui permettrait de relier Paris à Marseille en moins d’une heure.

La France, terre d’accueil privilégiée de l’hyperloop

La France s’est déjà affirmée comme un terrain d’expérimentation pour l’hyperloop. En effet, la société américaine HTT avait jeté son dévolu sur Toulouse en avril 2018 pour réinvestir une ancienne base militaire afin d’y construire un nouveau terrain d’expérimentation pour ce projet fou. Mais l’installation de la société dans la région Toulousaine n’est pas un hasard. En effet, la ville n’est toujours pas reliée par un TGV à la capitale, bien que l’installation du tronçon à grande vitesse Paris-Bordeaux ait considérablement diminué le temps de transport.

L’installation d’une ligne d’hyperloop dans la région est donc un projet stratégique. C’est ce qui permet d’expliquer que la SNCF ait investi dans la levée de fond d’Hyperloop One lors de son lancement en 2016. Il s’agit d’un moyen pour la compagnie d’investir dans le futur très prometteur de cette nouvelle technologie qui révolutionnera bientôt nos modes de transport.

En ce qui concerne Droux, près de Limoges, la ville de 400 habitants abritera le nouveau centre de recherche et développement de Transpod, d’une superficie de 1 000 m², ainsi que la ligne de 3 km pour tester le train. Il faut toutefois que le permis de construire soit validé d’un point de vue environnemental. Mais ce projet bénéficie de puissants soutiens au sein de la région, comme Vincent Léonie, l’adjoint au maire de Droux. D’après lui, cette initiative pourrait contribuer à l’internationalisation de la région de Limoges et à sa santé économique.

Publié le mercredi 22 août 2018 à 10:29, modifications mardi 21 août 2018 à 16:53

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