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Les femmes seraient beaucoup mieux adaptées aux voyages spatiaux que les hommes

Cette étude inédite nous offre une nouvelle raison de penser que la femme est bel et bien l’avenir de l’homme.

D’après une récente étude publiée dans la revue Brain, Behavior and Immunity, la croyance selon laquelle les femmes résisteraient moins bien au voyage spatial que les hommes pourrait bien être totalement erronée.  Au contraire, ces dernières seraient moins sensibles aux effets délétères des rayons cosmiques, ces radiations nocives auxquelles s’exposent les astronautes en s’éloignant trop de la Terre.

Quid du voyage vers mars

Cela fait plusieurs années que plusieurs chercheurs affirment que les femmes sont plus vulnérables aux voyages spatiaux que les hommes, ce qui les excluraient d’une potentielle expédition vers mars. A titre d’exemple, c’est ce qu’affirmait Francis Rocard, le responsable du programme d’exploration de l’agence spatiale française, en 2017. Et l’homme en question est loin d’être une figure mineure dans son domaine.

Il faut toutefois reconnaître qu’un voyage de 6 mois pour se rendre sur la planète rouge, située entre 56 et 76 millions de kilomètres de la Terre, sera particulièrement éprouvant pour les astronautes, qui devront subir les effets de l’isolement et des rayons cosmiques.

Mais contrairement à ce que pourrait penser Francis Rocard, les femmes pourraient être beaucoup mieux adaptées que nous le pensions pour résister à ces rayonnements néfastes. C’est en tout ce que suggère une nouvelle étude américaine sur le sujet.

Qu’est-ce qu’un rayon cosmique ?

Les rayons cosmiques sont des flux de noyaux atomiques à très haute énergie qui circulent librement dans l’espace. Découverts au début du XXème siècle, ils viennent des profondeurs de l’univers, et leur provenance originelle reste un mystère scientifique.

Heureusement pour nous, le champ magnétique de la Terre nous protège de ces rayonnements, qui sont réfractées à 700 puis 10 000 kilomètres de la surface de notre planète par les ceintures de Van Allen. Cela évite donc aux astronautes de la station spatiale internationale, qui orbite à 400 km de la Terre, d’y être exposés.

Toutefois, les astronautes ayant participé aux missions lunaires, et ceux qui se rendront bientôt sur Mars, y ont été et y seront exposés. En tout, seuls 24 être humains ont déjà subi les effets de ces rayonnements. Et une fois passée la ceinture de Van Allen, plus rien ne peut les protéger de ces radiations, pas même le blindage le plus épais.

Les rayons cosmiques sont les ennemis des astronautes

Une équipe de chercheurs issus de l’université de Californie et du Brookhaven National Laboratory vient de publier une étude en août 2018 qui tend à prouver que les souris femelles sont plus résistantes aux rayons cosmiques que les mâles, à cause d’une particularité génétique.

Pour mener leur étude à bien, les chercheurs ont exposé des souris à des radiations puissantes pendant 7 minutes. Plus précisément, ces derniers ont bombardé les rongeurs de noyaux atomiques d’hélium, d’oxygènes et d’hydrogènes, proches de la composition des rayons cosmiques que l’on trouve dans l’espace.

Ils ont ensuite pu constater que les mâles y résistent beaucoup moins bien, avec une anxiété accrue, une socialisation moindre, des pertes de mémoires importantes et une capacité à résoudre des problèmes diminuée. Les femelles, au contraire, ont été beaucoup plus protégées de ces effets, d’après la principale auteure de l’étude, Karen Krukowski.

La faute aux microglies ?

D’après les scientifiques en charge de cette étude, des cellules nommées microglies, qui peuvent provoquer une inflammation du système nerveux lorsqu’elles sont sollicitées, sont particulièrement activées par les rayons cosmiques. Or, plusieurs études ont déjà suggéré que les femmes en auraient beaucoup moins que les hommes.

Les chercheurs souhaitent maintenant désactiver ces cellules dans une prochaine étude pour étudier la réponse du corps aux rayonnements dans ces conditions. Mais malgré ces suppositions, cette étude reste contestée dans la communauté scientifique. En effet, certains ont affirmé que la tendance des souris mâles à se battre entre elles pourrait être à l’origine de l’anxiété accrue de ces souris.

Cette étude a toutefois le mérite de montrer que les femmes ne sont pas particulièrement plus sensibles à ces rayonnements que les hommes, ce que d’autres études ont d’ailleurs permis de prouver. Un premier pas vers une meilleure acceptation des femmes dans les voyages interplanétaires ?

Publié le mercredi 29 août 2018 à 15:35, modifications mercredi 29 août 2018 à 14:39

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