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Le siège de la conscience a été localisé dans le cerveau

On sait désormais quelles parties du cerveau génèrent la conscience, ce phénomène mystérieux à la croisée de nombreuses disciplines.

D’après une étude américaine, le siège de la conscience dans le cerveau a finalement été identifié, et il se répartit entre 3 zones. Cette découverte a pu être faite grâce à l’étude du cerveau de personnes plongées dans le coma et révolutionne notre compréhension de la psyché humaine.

Qu’est-ce que la conscience ?

Il est très difficile de définir la conscience. En effet, celle-ci se situe à la croisée entre plusieurs disciplines passionnantes comme la philosophie, la psychologie, ou encore la neurologie. Mais la plupart des spécialistes s’accordent pour affirmer qu’elle possède deux facettes : la première est associée à l’état d’éveil, la seconde caractérise davantage le fait d’avoir connaissance de sa propre existence, à travers un réseau de sensations, de sentiments et d’émotions.

D’un point de vue neurologique, l’état d’éveil est lié au tronc cérébral, une partie du cerveau qui relie le système nerveux à la moelle épinière. Quant au deuxième aspect de la conscience, on ne savait pas encore exactement dans quelle zone elle se situait avant cette étude.  Certains émettaient l’hypothèse qu’elle pouvait se trouver quelque part au niveau du cortex, mais aucune expérience n’avait permis de le prouver.

Grâce à des chercheurs issus de l’université de Harvard aux Etats-Unis, c’est maintenant chose faite. En effet, la conscience dite “réflexive”, qui concerne la connaissance de sa propre existence, se loge dans 3 zones différentes du cerveau : le tronc cérébral, et deux autres régions situées dans le cortex. Pour arriver à cette localisation précise, les scientifiques ont étudié le cerveau de 36 personnes présentant des lésions au niveau du tronc cérébral, dont 1/3 dans le coma et les 2/3 restant toujours conscients.

3 régions qui fonctionnent ensemble

La première découverte des scientifiques d’Harvard concerne une petite zone du tronc cérébral, nommée tegmentum. En effet, celle-ci semble jouer un rôle très important dans le passage de l’état de conscience au coma. Ainsi, les personnes inconscientes présentent en grande majorité des lésions dans cette zone, tandis que les patients toujours conscients ont un tegmentum intact (à une exception près).

Puis, les chercheurs se sont penchés sur les autres zones du cerveau connectées au tegmentum, et se sont rendus compte qu’un réseau très dense de neurones relie cette zone à deux autres régions du cortex : l‘insula antérieure ventrale et le cortex cingulaire antérieur prégénual. C’est en effectuant des IRM sur leurs patients qu’ils se sont rendus compte que l’état végétatif ou le coma sont toujours liés à des lésions importantes dans le réseau de connexion entre le tronc et le cortex.

Cette découverte fondamentale permet donc d’ouvrir de nouvelles voies, notamment pour trouver un traitement adapté aux personnes dont la conscience est durablement altérée, mais également dans notre compréhension globale du cerveau humain.

Un premier pas vers la numérisation de la conscience ?

Cette meilleure connaissance de la conscience nous permettra-t-elle un jour d’effectuer une copie de notre psyché sur ordinateur ? Cette hypothèse folle, dont s’inspirent de nombreux scénaristes de science-fiction (comme ceux de la série Black Mirror ou encore Altered Carbon) pourrait bien devenir un jour une réalité, et beaucoup plus rapidement que nous le pensons. C’est en tout cas l’avis de Ray Kurzweil, qui dirige le département d’ingénierie de Google.

En effet, d’après lui, si l’on suit la loi de Moore qui prédit l’évolution exponentielle de la puissance de calcul des ordinateurs, nous aurons les capacités nécessaires pour effectuer une sauvegarde de notre psyché à partir de 2045. Les progrès de la médecine nous permettront également de remplacer petit à petit nos membres par des implants robotiques, de sorte que nous pourrons un jour télécharger notre conscience dans des corps immortels, et ce d’ici 2100. 

D’après Ray Kurzweil, cette transition vers le transhumanisme se fera progressivement tout au long du 21ème siècle, et devrait déjà mener vers 2050 à des inventions révolutionnaires comme les yeux bioniques ou encore les implants nerveux permettant aux patients sourds de retrouver leur ouïe par exemple.

Nous serions donc à 27 ans d’une révolution qui rendra peut-être l’homme définitivement immortel. Une scénario troublant, mais fascinant.

Publié le mardi 10 juillet 2018 à 14:02, modifications mardi 10 juillet 2018 à 12:35

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