Sci-Tech

Le satellite DART va percuter un astéroïde pour changer sa trajectoire

La mission DART, menée par la NASA, va tester un système de défense planétaire contre les astéroïdes.

L’année 2022 sera le théâtre une expérience importante dans l’espace. En effet un satellite nommé DART, initié par la NASA, sera propulsé dans l’espace afin de percuter un astéroïde. Puis, en 2026, une sonde sera envoyée dans cette zone pour mesurer le changement de trajectoire créé par l’impact. Un premier pas vers un système de défense planétaire contre les météorites meurtrières.

En route vers Didymoon

L’Agence Spatiale Européenne (ESA) a également fait savoir qu’elle participerait à ce projet ambitieux, mais la NASA restera aux commandes de DART dans les phases décisives de la mission. Ce satellite de 500 kg sera lancé à la vitesse de 6 km/s sur le plus petit astéroïde Didymos, l’un des deux objets d’une paire composée de Didymos A, d’un diamètre de 780 mètres, et Didymos B, dont le diamètre est de 160 mètres.

A travers cette expérience, les scientifiques souhaitent changer la trajectoire de Didymos B (aussi appelé Didymoon), en orbite autour de Dydimos A, grâce à cette violente collision. Ce faisant, la NASA souhaite montrer qu’il est possible de faire dévier un astéroïde grâce à cette méthode. 

A l’origine, une sonde devait être construite par l’Agence Spatiale Européenne pour mesurer les conséquences de l’impact directement après la collision, mais suite à des difficultés de financement, celle-ci a dû annuler le projet. Toutefois, suite à un retournement de situation, l’agence a finalement annoncé le lancement d’une nouvelle mission, qui n’aura lieu qu’en 2026. 

La sonde lancée par l’ESA permettra de photographier Didymoon sous tous les angles et de recueillir des données pour comprendre l’effet de la collision. Le cratère créé par la collision avec la sonde de la NASA sera également analysé.

Un astéroïde bien choisi

Ce n’est pas par hasard que les scientifiques de la NASA ont choisi le couple d’astéroïdes Didymos pour effectuer cette expérience. En effet, il s’agit d’un objet céleste déjà bien connu et étudié depuis 2003. Les chercheurs ont donc déjà pu estimer sa forme et sa composition, très semblables à celle d’autres astéroïdes.

En outre, sa taille est parfaite pour tester la méthode de la collision. Mais celle-ci ne sera pas assez violente pour expulser Didymoon de son orbite autour de Didymos A, et donc changer durablement la trajectoire du couple. Il n’y a donc aucune chance de causer un désordre interplanétaire en faisant cette expérience. 

Notons toutefois qu’il existe deux autres méthodes pour faire dévier la trajectoire d’un astéroïde, qui n’ont pas été retenues par la NASA pour cette mission, en on comprend pourquoi… La première autre technique consiste en effet à lancer un missile nucléaire sur l’objet céleste. Une méthode plutôt musclée et efficace, mais qui n’est pertinente que pour des astéroïdes d’une taille supérieure à 1 km. Pour des objets plus petit, le risque est de les fragmenter et de créer une pluie de roches sur la Terre, un scénario catastrophe.

La deuxième autre méthode est celle du tracteur gravitationnel, qui marche seulement pour les petits astéroïdes. Pour la mettre en oeuvre, il faut envoyer un réseau de satellites très massifs, dont la force gravitationnelle permettra de faire dévier petit à petit l’objet céleste. Cette technique coûteuse et complexe ne peut également marcher que sur une longue période de temps.

Une menace bien réelle

Les astéroïdes représentent une menace bien réelle pour la Terre. En effet, de nombreuses collisions ont eu des conséquences profondes, notamment sur la géologie et la vie, depuis sa création il y a 4,5 milliards d’années.

Ainsi, l’hypothèse la plus probable pour expliquer la disparition des dinosaures il y a 66 millions d’années est celle de la collision avec une météorite gigantesque. Mais l’histoire récente est aussi marquée par des phénomènes semblables. En effet, le 30 juin 1908, un astéroïde de 40 mètres a explosé en vol en Sibérie. Cette violente déflagration a détruit la forêt sur une superficie de 2 000 km2, et sa force a été estimée à 30 fois celle de la bombe qui s’est écrasée sur Hiroshima.

Et quand l’on sait que ces événements se produisent une fois tous les 300, cela peut faire froid dans le dos. Si une météorite similaire venait à s’écraser dans une région densément peuplée, les conséquences seraient en effet dramatiques.

Publié le mercredi 4 juillet 2018 à 17:02, modifications mercredi 4 juillet 2018 à 14:11

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