Sci-Tech

Grâce à ces bactéries, l’homme pourra peut-être un jour respirer sur Mars

Des bactéries qui sont capables de résister au vide spatiale, pourraient permettre d’établir une colonie terrienne durable sur Mars.

Respirer sur Mars comme l’on respire sur Terre ? Cela peut ressembler à première vue à un mauvais scénario de science-fiction, mais grâce à une cyanobactérie au fonctionnement étonnant, cette hypothèse pourrait un jour devenir réalité. Cette forme de vie est en effet capable de survivre dans des environnements extrêmes tout en fabriquant d’importantes quantités d’oxygène. Une véritable aubaine pour les scientifiques.

Une bactérie étonnante

Le fonctionnement de cette bactérie a été étudié en profondeur dans le cadre d’une étude parue dans la prestigieuse revue Science le 15 juin 2018. Et celui-ci semble avoir inspiré une équipe de chercheurs, qui a très vite émis l’hypothèse d’une application sur Mars afin de rendre respirable l’atmosphère de la planète rouge.

Le nom de cette bactérie étrange est Chroococcidiopsis thermalis, que l’on trouve sur Terre dans des endroits particulièrement hostiles, où il fait très froid avec peu de lumière (le fond des océans par exemple). Mais malgré cela, elle est capable d’utiliser la photosynthèse pour gagner de l’énergie grâce à la lumière et rejeter de l’oxygène dans l’atmosphère.

Pour s’adapter à ces milieux extrêmes, cette bactérie utilise un type particulier de chlorophylle, la chlorophylle-f, qui est capable d’utiliser les rayons de lumière les moins puissants, c’est-à-dire les rayons rouges et les infrarouges, pour produire de l’énergie et enclencher la photosynthèse. Ainsi, d’après Elmars Krausz, qui a dirigé cette étude passionnante, Chroococcidiopsis thermalis fonctionne comme les autres cellules du règne végétal à la lumière normale, mais continuent d’être actives lorsqu’elles sont exposées à des rayonnements beaucoup moins intenses, contrairement aux autres.

Des bactéries qui passionnent les scientifiques

Ces petites bactéries particulièrement prometteuses intéressent au plus haut point les astronomes. En effet, ces dernières ont fait l’objet d’expériences poussées au sein de la station spatiale internationale. Certaines d’entre elles ont ainsi survécu au vide spatial, ce qui démontre une nouvelle fois leur capacité à résister à des environnements extrêmes.

Si Chroococcidiopsis thermalis intéresse autant les scientifiques, c’est parce qu’elle redéfinit notre compréhension de la photosynthèse. Grâce à elle, on sait désormais que le seuil d’exposition lumineuse à partir duquel une cellule peut produire de l’oxygène est beaucoup plus bas que nous le pensions. Et les applications liées à cette découverte pourraient être très nombreuses.

En effet, si on les utilisait sur Mars, ces dernières pourraient contribuer à former une atmosphère respirable sur la planète rouge. En effet, ces cyanobactéries présentes sur Terre depuis des millions d’années ont déjà permis ce processus sur notre planète. Et il ne s’agit pas de science-fiction, puisque d’après Elmars Krausz, de nombreuses agences spatiales et entreprises privées à travers le monde étudient actuellement le potentiel de cette bactérie. Le scénario d’une colonie terrienne sur Mars n’a donc jamais paru aussi plausible qu’aujourd’hui !

Mieux détecter la vie extraterrestre

Chroococcidiopsis thermalis présente une autre spécificité qui la distingue des autres bactéries : la chlorophylle qu’elles utilisent pour leur processus de photosynthèse est d’une couleur différente. En effet, au lieu d’être verte, celle-ci présente la particularité d’être rouge, et de laisser des traces fluorescentes observables grâce à des détecteurs. Les scientifiques pensent d’ailleurs pouvoir utiliser cette particularité à des fins originales !

En clair, en se basant sur l’adaptabilité de cette bactérie à des milieux extrêmes, ils ont émis l’hypothèse que des espèces proches de celle-ci pourraient s’être développées sur d’autres planètes. En utilisant les détecteurs adéquats, les scientifiques espèrent ainsi pouvoir augmenter leurs chances de découvrir une potentielle vie extraterrestre. C’est en tout cas ce qu’affirme Jennifer Morton, l’une des co-auteures de l’étude sur Chroococcidiopsis thermalis.

Et la première planète à être entièrement sondée pour tenter de détecter la présence de traces infrarouges pourrait bien être Mars ! De fait, alors que la sonde ExoMars sera lancée en 2020 par l’agence spatiale européenne pour investiguer cette piste, des traces de molécules organiques ont déjà été retrouvées sur la planète rouge.

En attendant, nous pouvons retrouver ces charmantes Chroococcidiopsis thermalis dans « notre jardin ou sous un rocher » d’après Jennifer Morton. Elles sont en effet omniprésentes sur notre planète, et pourraient bientôt le devenir ailleurs, dans un avenir pas si lointain.

Publié le mercredi 27 juin 2018 à 10:53, modifications mercredi 27 juin 2018 à 9:51

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