Sci-Tech

Facebook va-t-il bloquer Donald Trump ?

Le géant du web a la capacité technique pour déstabiliser la campagne du candidat Donald Trump. La question est de savoir s’il va utiliser cet avantage en défaveur du milliardaire.

Si Donald Trump s’attire les foudres de toutes parts (médias, têtes du parti républicain, chefs d’Etat étrangers…), il doit également affronter un géant de l’Internet, Facebook.

Fort de son milliard d’utilisateurs, Mark Zuckerberg, a largement exprimé son « anti-trumpisme » dès le début de la campagne pour l’investiture à la Maison Blanche.

De terribles voix appellent à la construction de murs, à la division entre les personnes. Je les entends appeler au blocage de la liberté d’expression, de l’immigration, ils veulent bloquer le commerce et menacent même de couper l’accès à Internet.

a-t-il déclaré, en mentionnant à demi mots Donald Trump.

Cette prise de position a poussé les salariés de Facebook à s’interroger sur leur devoir et à l’occasion d’un sondage visant à sélectionner les questions à poser à leur hiérarchie, ils ont demandé :

Facebook doit-il contribuer à bloquer l’accès de la Maison-Blanche à Trump ?

En effet, l’entreprise cotée en bourse pourrait librement actionner des algorithmes qui mettraient des bâtons dans les roues du candidat aux primaires républicaines, le tout dans la pure légalité.

Car derrière la question des salariés de Facebook se cache un débat fondamental : Facebook n’est pas qu’une simple plateforme avec du contenu, son algorithme est en mesure de trier et sélectionner les informations qu’il juge nécessaire ou intéressant. Dans ce cas, il devient un média, au même titre que la presse.

Le premier amendement s’applique aussi bien au New York Times qu’à Facebook. S’ils le désirent, ils peuvent librement bloquer les messages d’un candidat

a souligné Eugene Volokh, un professeur de droit américain, cité par BFM TV.

Très actif sur les réseaux sociaux, Donald Trump pourrait voir ses publications sur Facebook bloquées et à l’inverse celles de ses opposants (aussi bien républicains que démocrates) être boostées.

Le poids électoral de Facebook est considérable. Comme le rappelle le site Gozmondo, en 2010, le bouton « a voté » (indiquant que son devoir de citoyen avait été exécuté) avait fait remonter le taux de participation.

Une étude publiée en 2012 avait ainsi mis en exergue que ce simple clic avait incité 340 000 personnes à se déplacer jusqu’aux urnes.

Alors que pour les élections de 2 000, Georges W. Bush était devenu Président des Etats-Unis avec 534 voix d’écart sur Al Gore en Floride, il est aisé de comprendre ce que peuvent changer les réseaux sociaux.

Malgré tout, cette démarche pose un problème d’éthique à Mark Zuckerberg, très sensible aux valeurs démocratiques. Le créateur de Facebook considère que son entreprise ne doit pas influencer le vote des américains en dépit de ses positions politiques.

En tant qu’entreprise, nous sommes neutres. Nous encourageons tous les candidats, les groupes et les électeurs à utiliser notre plateforme pour partager leurs opinions sur l’élection et débattre de la politique.

a expliqué l’entreprise dans un communiqué

Dans le même temps, le tonitruant candidat ne semble pas s’émouvoir de cette menace :

Je pense que Facebook est bon et je ne peux pas imaginer qu’ils fassent quoi que ce soit. Je suis l’une de leurs superstars

a-t-il déclaré dans l’émission Fox and Friends, sur Fox News Channel.

En effet, sur les réseaux sociaux, Donald Trump caracole en tête avec 7 millions de fans. Loin derrière, ses adversaires affichent 3,8 millions pour Bernie Sanders, 3,2 millions pour Hillary Clinton et 2,1 millions pour Ted Cruz.

Publié le mardi 19 avril 2016 à 13:45, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 1:25

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