Sci-Tech

Deux astéroïdes dont l’un fait la taille de la pyramide de Khéops ont frôlé la Terre

Ces astéroïdes, qui sont passé à une distance raisonnable de la Terre, ne doivent pas nous faire oublier le risque que nous courrons face à d’autres objets plus menaçants.

Ce mercredi 29 août 2018, deux astéroïdes, dont l’un, nommé 2016 NF23 et compris entre 70 et 160 mètres de diamètre, soit la taille de la pyramide de Khéops, est passé dans le ciel. Sa distance avec notre planète, estimée à 5 millions de kilomètres (13 fois la distance entre la Terre et la Lune), ne nous a pas posé de problème, malgré sa classification en tant qu’objet céleste potentiellement dangereux.

La même journée un autre objet, baptisé 1998 SD9, dont la taille est comprise entre 38 et 86 mètres, est également passé à 4,2 fois la distance Terre-Lune. Sa circonférence n’est pas assez importante pour être catégorisée comme un objet dangereux, mais assez pour causer des dégâts très importants s’il s’était écrasé sur notre planète. 

Ces deux événements ne doivent pas nous faire oublier que nous vivons sous la menace d’un impact de grande envergure, dont les conséquences seraient désastreuses pour la Terre.

1700 astéroïdes dangereux dans le ciel

Pour être classifié parmi cette liste noire, il faut que l’objet fasse plus de 140 mètres de diamètre, avec une trajectoire qui le mène à moins de 19,5 fois la distance Terre-Lune. On en compte aujourd’hui 1700 sur les 18 000 autres astéroïdes répertoriées. Vous pouvez toutefois dormir sur vos deux oreilles : aucun d’entre n’est réellement menaçant pour les prochaines années à venir. Mais qui sait ce qui pourrait arriver à plus long terme ?

En effet, il y a de très fortes chances pour qu’un immense astéroïde croise à nouveau le chemin de la Terre, comme ce qui a pu se passer à l’époque des dinosaures. Mais pour empêcher un destin aussi tragique, l’humanité se dote peu à peu d’un système de défense pour surveiller et détourner ces objets menaçants.

C’est par exemple le cas de la sonde Osiris-Rex, envoyée par la NASA pour tenter d’en savoir plus sur l’astéroïde Bennu, qui menace de frapper la Terre en 2135. Mais l’agence spatiale américaine travaille également sur un dispositif de détournement d’astéroïde dernier cri.

Des missions de déviation bientôt lancées

En 2022, la NASA va lancer une sonde nommée DART dans le but percuter l’astéroïde Didymoon et de dévier sa trajectoire. Puis une seconde sonde sera lancée en 2026 pour mesurer les conséquences de cette collision.

Cette expérience permettra aux chercheurs de tester leur méthode de déviation des astéroïdes, qui servira peut-être un jour à sauver l’humanité d’un sort funeste. L’astéroïde Didymoon a été choisi pour son absence de dangerosité, et l’impact, aussi puissant puisse-t-il être, ne causera aucun désordre interplanétaire.

La NASA a préféré la méthode de la collision à deux autres techniques évoquées par les chercheurs pour faire dévier les astéroïdes. Il s’agit de l’impact nucléaire d’une part, et du tractage gravitationnel d’autre part, qui ne peut être effectuée grâce à un réseau de satellites très lourds en orbite autour de l’objet.

Des impacts lourds de conséquences

L’impact d’une météorite de 40 mètres qui s’est produit en Sibérie le 30 juin 1908 est un exemple des dégâts que peuvent causer ces objets célestes. Malgré une explosion en plein vol liée à sa petite taille, l’astéroïde a détruit 2000 km2 de forêt, avec une force estimée à 30 fois la bombe d’Hiroshima.

Dans un cas beaucoup plus extrême, avec un objet de 10km de diamètre par exemple, les conséquences seraient tout bonnement une extinction massive. En effet, un tremblement de Terre planétaire de très grande envergure provoquerait de multiples éboulements, raz-de-marée gigantesques et éruptions volcaniques à travers le monde. Puis, les roches en fusion libérées causeraient un incendie planétaire, qui mènerait ensuite à un obscurcissement du ciel, une nouvelle ère glacière et l’arrêt de la photosynthèse.

Dans ce cadre, la raréfaction de l’oxygène et l’augmentation incontrôlée des taux de CO2 détruiraient la couche d’ozone, permettant ainsi aux rayons cosmiques dévastateurs de toucher la surface de la Terre, sans parler des pluies acides qui finiraient par annihiler quasiment toute forme de vie. Il faudrait ensuite attendre des milliers, voire des millions d’années pour voir la vie proliférer à nouveau sous une autre forme.

Nous souhaitons donc bonne chance aux missions de la NASA pour éviter un scénario à la Armageddon ou Deep Impact, qui sont loin de n’être que de la science-fiction.

Publié le jeudi 30 août 2018 à 9:50, modifications jeudi 30 août 2018 à 9:51

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