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PSG et beIn Media : Nasser Al-Khelaïfi entendu par la justice pour des soupçons de corruption

Le président de bein Média et du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, était entendu par la justice suisse ce mercredi. L’ancien tennisman professionnel est soupçonné de corruption dans le cadre de l’attribution des droits de diffusion de deux éditions de la Coupe du monde. Jérôme Valcke, l’ancien numéro deux de la FIFA, serait au cœur de ce dossier épineux.

Selon des informations de La Voix du Nord, Nasser Al-Khelaïfi, le président qatari du PSG et de beIN Media, fait donc face à des soupçons de corruption. Jérôme Valcke, ancien numéro deux de la FIFA, aurait bénéficié de faveurs de la part de Nasser Al-Khelaïfi. C’est en qualité de patron de beIN Media qu’il doit s’expliquer. Ce proche de l’émir du Qatar est arrivé en toute discrétion mercredi matin en Suisse pour son audition. Il est notamment parvenu à échapper aux caméras qui l’attendaient à l’extérieur.

Nasser Al-Khelaïfi entendu par la justice suisse

La justice suisse a dévoilé, le 12 octobre dernier, qu’une enquête avait donc été ouverte. Cette affaire repose sur des soupçons de « corruption privée » présumée dans l’attribution des droits médias des Coupes du monde 2026 et 2030. Nasser Al-Khelaïfi serait donc le corrupteur présumé et Jérôme Valcke, le corrompu suspecté.

L’audition de Nasser Al-Khelaïfi a débuté dans la matinée de mercredi. Cette session extraordinaire devant la justice fut particulièrement chronophage. La longueur de l’interrogatoire, à partir de 09h45, s’explique principalement pour des besoins de « traduction » mais « aussi en raison des nombreuses questions que nous avons et des réponses que nous souhaitons avoir de la part du prévenu », selon des précisions d’André Marty, représentant du ministère public de la Confédération (MPC). Ce dernier a d’ailleurs rappelé que « d’habitude, de telles enquêtes prennent des années et des années, pas seulement des mois, facilement de trois à cinq ans ».

Une enquête nébuleuse sur fond de soupçons de corruption pour l’attribution de droits télé

La procédure aurait en réalité été lancée bien plus tôt selon des informations de La Voix du Nord. Dès le 20 mars 2017, une enquête avait permis de lancer une opération coordonnée menée en France, en Espagne, en Italie et en Grèce. Le 12 octobre dernier, les bureaux parisiens de la chaîne de télévision qatarie beIN Sports ont été perquisitionnés par les services du parquet national financier (PNF) français. Le lendemain, une villa à Porto Cervo, en Sardaigne, a été perquisitionnée et saisie par la police italienne. Cette demeure est estimée à sept millions d’euros.

Les enquêteurs soupçonnent en réalité que cette maison à Porto Cervo ait pu constituer « le moyen de corruption utilisé par Nasser Al-Khelaïfi […] à l’encontre [de Jérôme Valcke] pour acquérir les droits télévisés » incriminés. Le Français Jérôme Valcke a déjà été entendu par la justice suisse. Il s’est également défendu de tout délit ou de toute infraction. « Je n’ai rien reçu de Nasser », a précisé cet homme de 57 ans dans les colonnes de L’Equipe. Jérôme Valcke était déjà d’ailleurs suspendu de toute activité liée au football par la FIFA pour une durée de dix ans pour d’autres affaires.

La réaction du patron du PSG et de beIn Média

Nasser Al-Khelaïfi est défendu dans cette affaire par maître Francis Szpiner. Son avocat s’était récemment confié à l’AFP avant cette audition en Suisse. Son client « contestait toute corruption » et « souhaitait être rapidement entendu à sa demande par le ministère public de la Confédération suisse ». Le patron du PSG a fait donc sa première déclaration publique dans cette affaire, devant la presse, ce mercredi vers 18h30, après sa très longue audition.

J’ai demandé à venir en Suisse pour donner mes explications. Je n’ai rien à cacher, je suis disponible pour le procureur général s’il veut me revoir. Je suis venu tranquille, je repars très tranquille.

Malheureusement pour les fans du PSG, Nasser Al-Khelaïfi n’est pas uniquement visé par la justice civile suisse. La justice interne de la FIFA a en effet dévoilé, le 13 octobre dernier, l’ouverture d’une enquête préliminaire le concernant.

Retour au plan sportif après cette parenthèse judiciaire pour le patron du PSG

Le classico de dimanche fut bien terne face au grand rival marseillais avec le point noir pour le club, l’expulsion de Neymar. La rencontre a été sauvée in extremis par la goleador Edinson Cavani dans l’antre du Vélodrome. Le PSG va défier l’OGC Nice vendredi, au Parc des Princes. Les stars galactiques du club de la capitale vont retrouver les soirées magiques de la Champions League mercredi prochain, face à l’équipe belge d’Anderlecht. Interrogé ce mercredi en conférence de presse, Unai Emery reste concentré sur le plan sportif. Le coach basque du club de la capitale a tenu à afficher sa solidarité avec Nasser Al-Khelaïfi.

Il était dimanche avec nous à Marseille [pour le classico du championnat de France]. Nous avons parlé avant le match et un peu après. Nous parlons de foot. Moi-même et l’équipe avons toute confiance dans le président. Il est tranquille.

La reprise du PSG par le Qatar et l’arrivée de beInMedia dans le paysage télévisuel hexagonal ont bouleversé la planète football en France ces dernières années. Les suites de cette affaire judiciaire pourraient donc bien, à terme, permettre de légiférer et d’encadrer les futures attributions des droits télévisés des différentes compétitions. De nombreuses dérives sont constatées chaque année. Le prix exorbitant des droits pour la Premier League fait notamment couler beaucoup d’encre. Selon des informations de Swissinfo.ch, le Ministère public de la Confédération mène 25 enquêtes liées au football. Il analyse environ 19 téraoctets de données séquestrées.

Publié le jeudi 26 octobre 2017 à 15:04, modifications jeudi 26 octobre 2017 à 14:37

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