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Fed Cup : clap de fin pour les Bleues et Noah

L’équipe de France féminine, trop diminuée, a fini par rendre les armes devant les États-Unis, tenants du titre, en demi-finales de Fed Cup dimanche 22 avril à Aix-en-Provence, une défaite (3-1) qui met fin au mandat du capitaine Yannick Noah.

L’espoir était permis samedi soir après l’égalisation de Kristina Mladenovic. Mais dimanche la N.1 tricolore n’a pas existé face à Sloane Stephens (6-2, 6-0) et Pauline Parmentier, malgré sa pugnacité, a fini par céder devant Madison Keys (7-6 (7/4), 6-4), plus fraîche physiquement.

L'Américaine Madison Keys scelle la victoire des Etats-Unis face à la France en demi-finale de Fed Cup, le 22 avril 2018 à Aix-en-Provence

(credit photo AFP) L’Américaine Madison Keys scelle la victoire des Etats-Unis face à la France en demi-finale de Fed Cup, le 22 avril 2018 à Aix-en-Provence

Le scénario est logique. En l’absence de plusieurs de ses meilleures joueuses, l’équipe de France devait réaliser un miracle pour faire chuter les tenantes du titre qui, même privées des soeurs Williams, comptaient encore trois membres du top 20 (Stephens 9e, Keys 13e, Vandeweghe 16e) dans leurs rangs dont la championne de l’US Open, Stephens.

Du côté français, il manquait encore Caroline Garcia, la mieux classée de son pays (7e mondiale), qui a, comme l’an passé, fait l’impasse sur la compétition par équipes pour privilégier sa carrière individuelle.

A cela s’est ajoutée la mise à l’écart d’Alizé Cornet (35e), visée par une procédure disciplinaire pour infraction à la réglementation antidopage (trois “no show”). La France ne pouvait pas compter non plus sur la jeune Océane Dodin (21 ans, 102e) pour qui la Fed Cup n’est pas une priorité.

Mladenovic (20e) était donc obligée de réaliser un weekend parfait comme lors du premier tour, en février en Vendée, lorsqu’elle avait ramené trois points – deux victoires en simple, une en double aux côtés d’Amandine Hesse – face à la Belgique (3-2).

Renversante face à Vandeweghe (victoire 1-6, 6-3, 6-2), la 20e mondiale s’est retrouvée en panne de solution face à Stephens. “Elle avait réponse à tout et était juste plus forte aujourd’hui”, a estimé la N.1 tricolore.

Après ce match crucial, il fallait compter sur un exploit de Pauline Parmentier (122e), qui aura fait vibrer le clan français, se bagarrant du début jusqu’à la fin.

Transparente contre les Belges sur surface rapide, la trentenaire s’est libérée sur l’ocre, qui convient plus à son jeu, allant jusqu’à faire trembler Stephens en ouverture. Dimanche, elle a bousculé Keys mais l’Américaine, qui jouait son premier match du weekend, a eu le dernier mot.

Il a manqué à Parmentier une bonne dose d’opportunisme pour faire la différence, notamment lorsqu’elle s’est procuré cinq balles de première manche face à la championne de l’US Open samedi et lorsqu’elle a mené 4-1 dans le premier set face à Keys.

Avec une seule membre du top 100, Mladenovic (20e), la France n’aura finalement pas été ridicule contre les tenantes du titre. Comment le match aurait-il tourné avec une équipe-type à Aix-en-Provence ou au moins la présence de Garcia?

La Lyonnaise, 24 ans, avait décidé de prendre ses distances après la superbe finale perdue en 2016 face aux Tchèques à Strasbourg, dernier match de la capitaine Amélie Mauresmo.

Le capitaine de l'équipe de France féminine Yannick Noah et Kristina Mladenovic lors de la demi-finale perdue face aux Américaines, à Aix-en-Provence, le 22 avril 2018

(credit photo AFP) Le capitaine de l’équipe de France féminine Yannick Noah et Kristina Mladenovic lors de la demi-finale perdue face aux Américaines, à Aix-en-Provence, le 22 avril 2018

Goût d’inachevé

Lors de son retour sur le banc en 2017, Noah n’aura pas réussi à la faire changer d’avis. Et il n’aura pas su non plus désamorcer le conflit entre elle et Mladenovic, dont les critiques envers son ex-partenaire de double, n’ont sans doute fait qu’envenimer la situation.

Noah quittera l’équipe de France pour de bon à l’issue de la campagne de Coupe Davis, avec l’espoir de voir Pouille et consorts écarter l’Espagne en septembre à domicile, pour accéder à une deuxième finale consécutive.

En guidant pour la troisième fois les Bleus vers le Saladier d’argent – le dixième au total – en novembre, il aura rempli une grande partie de sa mission.

Avec les filles, en revanche, son deuxième mandat s’achèvera sans titre, alors qu’il avait guidé Amélie Mauresmo et Mary Pierce vers le premier sacre français en 1997.

En dépit d’un effectif diminué, cette campagne 2018 aura été meilleure que celle de l’an passé (élimination d’entrée) mais lui laissera sans doute comme un goût d’inachevé.

Publié le dimanche 22 avril 2018 à 23:34, modifications dimanche 22 avril 2018 à 23:39

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