Première femme à diriger la Confédération générale du travail depuis sa création en 1895, Sophie Binet incarne un tournant historique pour l’organisation syndicale. Élue secrétaire générale en mars 2023, cette militante de 43 ans mène ses combats avec détermination tout en préservant jalousement sa vie privée. Son compagnon, officier de marine marchande, et leur fils de cinq ans restent à l’abri des regards médiatiques. Cet article examine les différentes facettes de cette syndicaliste engagée, de ses origines bretonnes à ses positions politiques, en passant par son parcours militant et son engagement féministe.
La vie privée discrète de Sophie Binet
La patronne de la CGT partage sa vie avec un officier de marine marchande dont l’identité demeure inconnue du grand public. Ce professionnel supervise la navigation des navires et assure la sécurité des passagers ainsi que des marchandises transportées. Le couple a accueilli un petit garçon en 2019, aujourd’hui âgé de cinq ans.
Sophie Binet n’a jamais accordé d’interview concernant sa relation amoureuse ni sur son expérience de mère. Cette discrétion absolue explique l’absence totale de photos du couple dans les médias. La syndicaliste semble rayonner d’amour et d’épanouissement malgré un quotidien particulièrement chargé. Entre les réunions syndicales, les manifestations et les interventions médiatiques, elle enchaîne les engagements. De son côté, son compagnon mène également une vie trépidante dans le secteur maritime.
Trouver un équilibre harmonieux entre vie professionnelle et familiale constitue un défi permanent pour ce couple dont les carrières exigent un investissement considérable. Leurs emplois du temps respectifs laissent peu de place à l’intimité, mais leur attachement mutuel semble résister à ces contraintes professionnelles intenses.
Son parcours militant et syndical à la CGT
Des débuts précoces dans le militantisme
Dès l’âge de quinze ans, Sophie Binet s’engage au sein de la Jeunesse ouvrière chrétienne, choquée par les inégalités d’accès à l’éducation. Elle donne des cours de soutien scolaire dans les quartiers défavorisés. Pour elle, le militantisme n’était pas important à cette époque, c’était existentiel.
Son engagement syndical prend véritablement de l’ampleur lorsqu’elle rejoint l’UNEF de Nantes durant ses études de philosophie dans les années 2000. En 2006, elle devient une figure emblématique de la lutte contre le contrat première embauche. Un ancien président départemental de l’Unef se souvient qu’elle parcourait seule les amphithéâtres et revenait avec une cohorte d’étudiants convaincus.
L’ascension à la CGT
Après six années passées comme conseillère principale d’éducation en lycée professionnel, Sophie Binet rejoint la CGT en 2013 comme permanente. Elle gravit rapidement les échelons et devient secrétaire générale de l’Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens en 2018.
Le 31 mars 2023 marque un tournant historique lors du 53e congrès à Clermont-Ferrand. À quarante et un ans, elle succède à Philippe Martinez après huit années de mandat. Sa victoire surprend car elle s’impose devant les favorites Marie Buisson et Céline Verzeletti. Sitôt élue, elle entonne avec la salle le chant des militants : « Emmanuel Macron, si tu continues, il va faire tout noir chez toi. »
Son combat pour l’égalité femmes-hommes au travail
L’égalité entre les sexes constitue le fil rouge de son action syndicale. Référente du collectif Femmes Mixité au sein de la CGT, elle lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans le monde du travail. Elle siège également au Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes.
En 2019, elle coécrit avec la syndicaliste Maryse Dumas et l’économiste Rachel Silvera l’ouvrage « Féministe, la CGT ? ». Cinq ans après le mouvement MeToo, elle déplore le manque de progrès institutionnel. La grande majorité des entreprises ne disposent ni de plan de prévention ni de protocole clair.
Le 15 février 2023, elle participe à un happening devant l’Assemblée nationale avec un chèque géant pour dénoncer les inégalités salariales. Elle brandit un argument chiffré percutant : l’égalité salariale libérerait 5,5 milliards d’euros de cotisations pour financer le régime général des retraites. Lors d’un débat télévisé en mars 2023, elle défend cette position avec conviction face à l’économiste Élie Cohen.
Ses origines familiales et son attachement à la Bretagne
Une famille engagée
Née le 5 janvier 1982 à Metz, Sophie Binet grandit entre Rennes et Tours avant de s’installer à Nantes. Son père Nicolas Binet, urbaniste reconnu, a supervisé la revitalisation des quartiers Nord de Marseille à travers des projets de rénovation urbaine. Sa mère exerce comme assistante sociale.
Nicolas Binet a toujours voulu bouger les choses, notamment en s’efforçant de revitaliser les quartiers défavorisés et en offrant à chacun la possibilité de réussir. Son père constitue pour elle une source d’admiration profonde qui a nourri son engagement social.
Le Finistère, son fief
Bretonne confirmée, Sophie Binet avoue être tombée amoureuse du Finistère nord lors de stages de voile suivis dès ses douze ans. Avec son compagnon, elle en a fait leur fief. Elle affirme clairement que si elle a un lieu d’attaches où elle reviendra toujours, c’est ici. C’est le lieu privilégié où elle compte le plus d’amis, de souvenirs et de moments marquants. C’est également là qu’elle a accouché de son fils.
Son expérience de CPE et sa vision de l’éducation
Après l’obtention de sa maîtrise en philosophie à l’université de Nantes en 2004, Sophie Binet exerce comme conseillère principale d’éducation. Elle travaille dans les quartiers nord de Marseille entre 2008 et 2009, puis dans un lycée professionnel au Blanc-Mesnil de 2009 à 2013.
Elle explique avoir choisi ce métier car elle trouvait la société trop compartimentée et sclérosée. Elle voulait mettre les mains dans le cambouis pour comprendre ce qui ne fonctionnait pas dans le système éducatif. Cette expérience lui a permis de développer une aisance remarquable face aux publics les plus exigeants et critiques, notamment les lycéens.
Son positionnement sur l’éducation reste tranché. Elle déclare que tout ministre de l’Éducation nationale devrait scolariser ses enfants dans le public. Cette conviction témoigne de son engagement pour le service public et de sa cohérence entre discours et pratique personnelle.
Ses positions actuelles et son action à la tête de la CGT
La bataille pour l’abrogation de la réforme des retraites
Sophie Binet réclame l’abrogation de la réforme des retraites adoptée en 2023. Elle estime son coût à trois milliards d’euros pour 2025 et dix milliards à horizon 2030, un chiffre tout à fait soutenable selon elle. Elle a appelé à une journée de grève le 5 juin et annoncé que les retraités se mobiliseraient le 6 novembre.
Après l’interview d’Élisabeth Borne dans Le Parisien où l’ancienne Première ministre se déclarait ouverte à une suspension de la réforme, la secrétaire générale de la CGT a réagi vivement. Cette volte-face constitue un aveu selon elle : la réforme est un échec. Même celle qui l’avait portée ouvre aujourd’hui la voie à sa suspension.
Ses combats environnementaux et sociaux
Au sein de la direction de la CGT, Sophie Binet s’implique activement dans les questions environnementales. Avec l’Ugict-CGT, elle lance durant l’automne 2022 le projet Radar travail et environnement. Cette initiative vise à offrir aux salariés et fonctionnaires les moyens de contribuer à la transition écologique au sein de leur organisation.
Les objectifs principaux du Radar incluent les éléments suivants :
- Aider à évaluer la politique environnementale des entreprises et administrations
- Formuler des recommandations basées sur l’expertise des salariés
- Ancrer dans les entreprises le combat environnemental comme bataille syndicale quotidienne
Son document d’orientation, adopté par 73 % des votants CGT, proclame la nécessité de porter au même niveau l’environnement et le social, la fin du monde et la fin du mois. Elle recense au moins 33 000 emplois supprimés ou fortement menacés en France depuis septembre.
Face aux plans sociaux de Michelin et Auchan, elle estime que plus de 150 000 emplois vont disparaître. Elle dénonce la faillite organisée de certaines entreprises et demande notamment un renforcement de la loi Florange. Cette législation oblige les grandes entreprises à chercher un repreneur lors d’un projet de fermeture. Elle appelle salariés et agriculteurs à s’unir pour dénoncer les multinationales qui font des marges sur leur dos.
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