Le mystère des séismes réguliers dans la région de Pau enfin résolu 

Par Nassim Terki Publié le 31/05/2024 à 08:13
Séismes Dans La Région De Pau
Séismes Dans La Région De Pau

L'impact méconnu des injections d'eaux usées industrielles sur la sismicité de Lacq. Il semblerait que la véritable raison soit trouvée, est-ce une avancée vers plus de sérénité ?

Une étude révèle le lien inquiétant entre l'injection des eaux usées industrielles et les séismes dans le bassin de Lacq. L'impact des activités humaines sur la colère de la terre dévoilé.

Les eaux usées industrielles à l'origine des tremblements de terre sous nos pieds

Les ondes sismiques qui ont secoué le bassin de Lacq (Pyrénées-Atlantiques) pendant des décennies ont finalement été attribuées à leur source « sans appel » par une équipe internationale de chercheurs de l'université de Toulouse.

Publiée récemment dans Geophysical Journal International après trois ans d'investigation, cette étude révèle que l'injection d'eaux usées industrielles dans le sous-sol est le principal coupable derrière ces séismes persistants.

Depuis 1969, la région de Lacq a été le théâtre de secousses sismiques de faibles magnitudes, largement attribuées à des activités d'extraction de gaz naturel dans le passé. Cependant, malgré la cessation de ces activités en 2013, les tremblements de terre n'ont pas diminué, suscitant une perplexité parmi les chercheurs.

Selon Jean Letort, enseignant-chercheur à l'université Toulouse III-Paul Sabatier, « il est désormais établi que l'injection d'eaux usées industrielles dans le sous-sol est directement liée à ces phénomènes sismiques persistants ».

Cette révélation remet en question les pratiques industrielles et souligne l'importance de la gestion des déchets dans la prévention des catastrophes naturelles d'origine anthropique.

En effet, la majorité des séismes se produisent à proximité immédiate des limites du réservoir, avec une énergie sismique directement corrélée aux variations du volume d'eaux industrielles injecté, conclut cette étude basée sur un réseau de capteurs déployés sur trois années.

« Plus on injecte, plus le séisme est important », résume Jean Letort. L'enseignant-chercheur souligne l'importance de développer des modèles fiables pour anticiper les risques. « Il est crucial de comprendre les dangers potentiels afin d'établir des limites nécessaires », précise-t-il. Cette nécessité s'étend non seulement à la gestion des injections d'eaux usées, mais également aux domaines de la géothermie profonde et des projets de séquestration de gaz carbonique, comme le souligne l'étude.

Du stockage de CO2 à la fermeture du géant gazier de Groningue

Le bassin de Lacq se trouve au cœur d'un ambitieux projet d'enfouissement de CO2 porté par Teréga, Lafarge, ArcelorMittal et Repsol, prévoyant de stocker cinq millions de tonnes de CO2 par an dans le sous-sol. Des chercheurs du German Research Centre for Geosciences de Postdam, engagés dans cette étude, se penchent également sur le cas du gisement de gaz naturel de Groningue aux Pays-Bas, en activité depuis 1963. Les nombreux séismes causés par l'extraction ont secoué la région, menaçant même les habitations.

En octobre 2023, le Sénat néerlandais a donné son aval à la fermeture définitive du site de Groningue. Le robinet sera définitivement fermé le 1ᵉʳ octobre 2024, mettant ainsi un terme à des décennies d'exploitation controversée.

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