D'une sécheresse extrême à une humidité hors norme : les agriculteurs perdent espoir

Par Ali Ch. Publié le 22/05/2024 à 15:10
agriculteur marchant sur ses récoltes noyées dans l'eau
agriculteur marchant sur ses récoltes noyées dans l'eau

Le changement climatique continue à bouleverser les saisons au point où l’on passe d’une sécheresse extrême à une humidité hors norme. En effet, si en 2022 et 2023 la France a connu deux printemps secs, ce n’est pas le cas en 2024 avec un printemps particulièrement humide et des pluies abondantes. Un trop-plein d’humidité qui engendre des conséquences dramatiques pour les agriculteurs.

Avec une forte augmentation des pluies partout en France, le printemps 2024 s'annonce comme le plus pluvieux depuis 15 ans. Selon Météo France, le printemps de cette année enregistre déjà une augmentation de 34 % des précipitations par rapport aux normales des 30 dernières années. Le mois de mai 2024 est d’ores-et-déjà le plus pluvieux en France, depuis au moins 2013. Cette situation a conduit à des inondations exceptionnelles dans l’est, avec le passage en rouge « crue » de plusieurs cours d'eau.

Dans certains départements comme l'Ardèche, la Lozère ou le Gard notamment, mai 2024 est marqué par des pluies quasi-quotidiennes, ce qui ne permet pas aux sols de s'assécher. En Charente, un déluge a inondé les routes et les exploitations agricoles. Le printemps 2024 a été particulièrement pluvieux en France, proche du dernier record enregistré les 15 dernières années, alors qu’il reste encore une semaine avant la fin du mois de mai.

La saison agricole s’annonce compliquée

Dans ce contexte de printemps exceptionnellement pluvieux, l’inquiétude monte du côté des agriculteurs. Les fortes pluies qui s’abattent ces derniers jours sur la France ne seront pas exemptes de conséquences sur les grandes cultures, alertent les travailleurs de la terre. « On a tendance à dire qu’avoir de l’eau au printemps est très bon pour les plantes…mais en avoir trop, c’est mauvais ! » souligne à L’Usine Nouvelle, Sébastien Poncelet, consultant pour le cabinet en gestion du risque de prix, Agritel.

Les fortes pluies qui se sont abattues durant ce mois de mai sur plusieurs régions de France ont mis les agriculteurs face à une situation difficile. Certains n'ont pas pu accéder à leurs champs pour procéder à leurs semis de blé et de maïs. « S'ils ne parviennent pas à les réaliser dans les prochains jours, ce sera alors trop tard » écrit à ce propos le site Meteored. « La saison s'annonce également compliquée pour les maraîchers qui doivent, non seulement, eux aussi, faire face à un retard dans les cultures, mais ils doivent également subir de mauvais rendements » ajoutent nos confrères.

L’excès d’eau et la forte humidité des sols favorisent aussi le développement de maladies cryptogamiques (ou fongiques) telles que le mildiou. D'importantes pertes dans la production de tomates en France sont d’ailleurs attendues. La culture des fraises et des cerises s’annonce également compliquée avec des fruits qui se conservent difficilement après avoir été abîmés par les fortes pluies de ces derniers jours.

Journaliste francophone. Je couvre l’actualité au quotidien sur une multitude de sujets. Je m’attelle à rapporter l’information avec objectivité.