La Roumanie et la Bulgarie enfin dans l'espace Schengen

Par Nassim Terki Publié le 31/03/2024 à 14:46
Drapeau de l'Union européenne
  • La Roumanie et la Bulgarie ont finalement rejoint l'espace Schengen après 13 ans d'attente, mais l'adhésion est limitée aux aéroports et aux ports maritimes.
  • Cette adhésion symbolique renforce l'attractivité des deux pays pour les investisseurs et pourrait favoriser le tourisme.
  • Malgré l'entrée dans l'espace Schengen, les transporteurs routiers sont mécontents.

    La Roumanie et la Bulgarie ont franchi une étape historique en devenant membres de l'espace Schengen, marquant ainsi une avancée significative dans la vaste zone de libre circulation européenne. Malgré des limitations aux frontières terrestres, cette adhésion symbolique ouvre de nouvelles perspectives pour les deux pays.

    Les récentes adhésions de la Roumanie et de la Bulgarie à l'espace Schengen marquent une étape historique pour la vaste zone de libre circulation européenne, désormais composée de 29 membres. Bien que leur participation soit actuellement restreinte aux aéroports et aux ports maritimes, cette décision revêt une importance symbolique indéniable.

    Ouverture des voies maritimes et aériennes seulement

    Selon le Huffington Post, la poursuite des contrôles aux frontières terrestres, due au veto de l'Autriche en raison de craintes liées à l'afflux de demandeurs d'asile, suscite des tensions chez les chauffeurs routiers. Cependant, l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'espace Schengen est saluée comme un grand succès par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, soulignant ainsi l'unité et la force de l'Europe. « Il s’agit d’un grand succès pour les deux pays », a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dans un communiqué. « Le moment est historique pour l’espace Schengen, le plus grand espace de libre circulation au monde. Ensemble, nous construisons une Europe plus forte et plus unie pour tous nos citoyens », a-t-elle affirmé.

    Alina Gorghiu, ministre roumaine de la Justice, se montre optimiste quant aux retombées économiques de cette normalisation, soulignant : « L’attractivité de la Roumanie s’en trouve renforcée et à terme, cela va favoriser la hausse du tourisme », a-t-elle affirmé samedi lors d’une conférence. Dans les aéroports, les préparatifs ont été intenses pour accueillir ce changement majeur, avec un accent particulier mis sur le renforcement des effectifs pour assurer des contrôles inopinés et prévenir toute forme d'exploitation des voyageurs, en particulier des mineurs.

    Avec plus de 400 millions de personnes désormais autorisées à voyager librement dans la zone Schengen, cette expansion offre de nouvelles opportunités de coopération et de prospérité pour tous les citoyens européens. Bien que certains secteurs, tels que le transport routier, expriment encore des frustrations, l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie ouvre la voie à un avenir plus dynamique et intégré au sein de l'Union européenne.

    Les voyageurs font le grand saut dans l'espace Schengen, mais les transporteurs routiers restent bloqués aux frontières

    Ce dimanche a marqué un moment historique alors que les premiers voyageurs ont pu expérimenter la liberté de voyager au sein de l'espace Schengen. Le député européen roumain Siegfried Muresan a partagé son expérience sur X, en prenant le premier vol Schengen au départ de l'aéroport de Bucarest.

    La zone Schengen permet à plus de 400 millions de personnes de voyager librement, sans contrôles permanents aux frontières intérieures. Avec l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie, cette zone créée en 1985 comprend désormais 29 membres, 25 États de l'Union européenne ainsi que la Suisse, le Liechtenstein, la Norvège et l'Islande.

    Cependant, les transporteurs routiers expriment leur mécontentement face à des attentes importantes aux frontières. Selon un syndicat roumain du secteur, l'attente peut durer de "8 à 16 heures" à la frontière avec la Hongrie et jusqu'à "20 à 30 heures" avec la Bulgarie, avec des pics pouvant aller jusqu'à trois jours. Ces retards entraînent des pertes financières considérables pour les transporteurs.

    Les patrons bulgares partagent également leur frustration, soulignant que seuls 3 % des marchandises bulgares sont acheminées par voies aériennes et maritimes, tandis que les 97 % restants circulent par voie terrestre. Interrogé par l'AFP, Vassil Velev, président de l'organisation BICA (Bulgarian Industrial Capital Association), déplore le fait que la Bulgarie ne soit pas encore pleinement intégrée dans l'espace Schengen : « nous sommes donc à 3 % dans Schengen et ne savons pas à quelle date nous serons autorisés à adhérer complément ».

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