Réchauffement de la toundra arctique : jusqu'à 30 % de CO2 supplémentaire libéré dans l'air

Par Nassim Terki Publié le 15/05/2024 à 19:24
Réchauffement De La Toundra Arctique

L'avenir de notre planète se joue dans les microcosmes de la toundra arctique, où chaque degré de réchauffement a un impact colossal sur la production de CO2 des microbes du sol.

Une étude publiée dans la prestigieuse revue Nature pointe du doigt l'impact crucial du réchauffement de la toundra arctique sur les microbes du sol, libérant ainsi une quantité supplémentaire de CO2 dans l'atmosphère.

La toundra arctique se réchauffe : un impact colossal est attendu

Une récente étude publiée dans la prestigieuse revue Nature met en lumière l'impact du réchauffement de la toundra arctique sur la production de CO2 par les microbes présents dans le sol. Cette découverte révèle un possible cercle vicieux exacerbant le changement climatique. En effet, selon les chercheurs, une libération supplémentaire de carbone dans l'atmosphère provenant de la toundra pourrait aggraver la situation actuelle.

Menée par une équipe de 70 chercheurs sur 28 sites de toundra arctique et alpine, l'étude s'est appuyée sur 56 expériences de réchauffement effectuées dans de petites serres transparentes. Ces dispositifs, laissant passer la lumière et les précipitations tout en bloquant le vent, ont permis d'observer une augmentation moyenne de 1,4 degré Celsius à l'intérieur. Les chercheurs ont alors surveillé la quantité de CO2 libérée dans l'air par les microbes du sol, un processus appelé respiration, pour ensuite comparer ces données avec les mesures prises sur des parcelles témoins.

Les résultats de l'étude sont sans appel

Une augmentation moyenne de 1,4 °C de la température de l'air et de 0,4 °C de la température du sol entraîne une augmentation de la respiration de l'écosystème de 30 % durant la saison de croissance. Cette découverte souligne l'urgence d'agir pour limiter les effets du réchauffement climatique sur les écosystèmes fragiles de la toundra arctique.

Les conclusions de l'étude sont claires, le réchauffement de la toundra arctique stimule la respiration du CO2, mais avec une variabilité importante entre les différents sites, comme l'explique Sybryn Maes, spécialiste de l'environnement à l'université d'Umeå en Suède. Cette dernière compare la toundra à un « biome endormi » où la végétation pousse sur des sols riches en carbone organique stocké, estimé à près de 1 700 milliards de tonnes par la NASA. Les prévisions alarmantes indiquent que la dégradation du permafrost pourrait libérer une quantité considérable de carbone dans les décennies à venir.

L'étude souligne également l'impact de la concentration en azote dans le sol sur le phénomène de respiration du CO2. En effet, les sols pauvres en azote, notamment dans certaines régions du Canada et de Sibérie, ont enregistré une augmentation significative de la concentration en CO2. Les variations de la concentration totale d'azote et du rapport carbone /azote mettent en lumière les effets du réchauffement climatique sur ce processus.

Le Professeur Bo Elberling, du département des géosciences et de la gestion des ressources naturelles de l'Université de Copenhague et coauteur de l'étude, souligne l'importance de ces résultats. Selon lui, « si la décomposition du carbone du sol dépasse sa régénération par la croissance des plantes, la toundra pourrait devenir une source significative de CO2 à l'avenir, contribuant ainsi à l'aggravation du changement climatique ».

Les microbes, des acteurs clés du changement climatique

Les résultats d'une récente étude publiée dans Science News ont soulevé des inquiétudes quant à un possible « scénario catastrophe » lié aux émissions de CO2 des microbes. Selon Sybryn Maes, d'autres facteurs, tels que l'activité photosynthétique des plantes, pourraient potentiellement atténuer cet impact.

L'étude a été menée en saison estivale, ce qui soulève des questions sur l'impact de ce processus à d'autres périodes de l'année. Malgré l'importance de contrôler les émissions de CO2 d'origine humaine, il est important de prendre en compte ces émissions provenant de sources naturelles non contrôlables. « Ces nouvelles connaissances pourraient aider à améliorer la précision des modèles climatiques et à mieux anticiper les changements climatiques futurs » Selon le Professeur Elberling.

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