PFAS : ces produits qui en contiennent risquent de ne plus être autorisés à la vente

Par Nassim Terki Publié le 04/06/2024 à 09:42
Pfas

 Une proposition de loi qui secoue le sénat et suscite la mobilisation des salariés, où les enjeux de santé publique se mêlent aux intérêts économiques.

Le scandale qui secoue les salons feutrés du Sénat, tandis que des salariés font entendre leur voix dans les rues de Paris. Une proposition de loi controversée au cœur de vifs débats et de préoccupations sanitaires.

Le bras de fer des PFAS : entre protection de l'environnement et défense des poêles en téflon

La proposition de loi visant à interdire les polluants éternels (PFAS) présents dans le revêtement anti-adhésif des poêles en teflon a suscité une vive mobilisation, avec des salariés du groupe Seb manifestant à Paris en criant « Touche pas à ma poêle » et « Sauvons les poêles made in France » début avril. Cette proposition de loi, qui sera examinée par le sénat ce jeudi, a attiré l'attention sur les dangers potentiels des produits chimiques utilisés dans les ustensiles de cuisine.

Une partie de l'assemblée nationale, composée de plusieurs élus du RN, LR et de la majorité, a répondu aux préoccupations des fabricants en supprimant la mention des ustensiles de cuisine de la proposition de loi écologiste du député Nicolas Thierry. Ce texte amendé a été examiné par les sénateurs jeudi dernier et la sentence a été irrévocable, puisque le même jour, le 30 mai, le texte a été voté favorablement. Des scientifiques de renom ont exprimé leur opposition à un affaiblissement supplémentaire du texte, le considérant comme une opportunité pour la France de devenir leader dans la lutte contre les PFAS.

Actuellement, le texte prévoit l'interdiction à partir du 1er janvier 2026 de la fabrication, de l'importation et de la vente de produits cosmétiques, de produits de fart (pour les skis) et de produits textiles d'habillement contenant des PFAS, à l'exception des vêtements de protection pour les professionnels de la sécurité.

La traque invisible des PFAS ou quand la pollution se cache dans nos eaux et nos chaussures

Au cours de la commission, les sénateurs ont inscrit les chaussures sur la liste des produits visés par l'interdiction, tout en excluant ceux contenant des « traces résiduelles » de PFAS. La définition de cette notion, ainsi que le niveau maximal autorisé, seront précisés par décret.

Une mesure clé ajoutée au texte est l'obligation pour le gouvernement de mettre en place un « plan d'action » sur le financement de la dépollution des eaux destinées à la consommation humaine, à l'attention des collectivités territoriales. Les PFAS, des polluants persistants, se retrouvent largement répandus dans l'environnement, des nappes phréatiques aux objets du quotidien, et même dans le corps humain. Leur impact sur la santé, complexe, est en cours d'évaluation pour certains PFAS, en raison de la diversité des milliers de ces substances.

Des résultats dévoilés après des tests sur 19 sapeurs-pompiers ont démontré la présence généralisée de PFOA, un PFAS interdit depuis 2020 et classé comme « cancérogène pour les humains » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). De plus, des prélèvements dans les fleuves et rivières d'Europe ont révélé la contamination des eaux souterraines et de surface par un autre PFAS, le TFA.

Lundi, la métropole de Lyon a saisi le juge des référés pour demander une expertise indépendante sur la pollution aux PFAS près des sites d'Arkema et Daikin. En outre, l'agence régionale de santé d'Occitanie a révélé la semaine dernière que trois secteurs de la région, dont Toulouse, Narbonne et Lunel, dépassaient les normes réglementaires en ce qui concerne la présence de ces polluants dans l'eau de consommation.

Passionné par l'écriture et la découverte de nouveaux horizons, je m'attelle à rédiger des articles sur une multitude de sujets avec curiosité et rigueur. Contribuer à la couverture de l'actualité est pour moi un véritable défi quotidien.