Ce pays risque de perdre sa capitale à cause de la montée des eaux

Par Nassim Terki Publié le 23/05/2024 à 11:50
Bangkok
Bangkok

Une capitale asiatique pourrait bien être emportée par les flots, obligeant le pays à envisager un déplacement historique.

Menacée par les eaux, un pays asiatique envisage un déménagement historique de sa capitale face à la montée des océans, tandis que le changement climatique menace ses ressources naturelles et son secteur agricole.

Bangkok sous les eaux, la Thaïlande envisage un déménagement de capital

La Thaïlande pourrait être confrontée à un changement drastique alors que son haut responsable des services climatiques met en garde contre la nécessité de déplacer la capitale, Bangkok, en raison de la montée du niveau de la mer. Selon Pavich Kesavawong, directeur général adjoint du département gouvernemental en charge du changement climatique et de l'environnement, les projections indiquent que Bangkok risque d'être submergée par l'océan d'ici la fin de ce siècle.

Déjà touchée par des inondations lors de la saison des pluies, la capitale thaïlandaise semble être face à un défi de taille en raison du réchauffement climatique en cours. « Je pense que nous avons déjà dépassé le seuil de 1,5 degré Celsius d'augmentation des températures par rapport à l'ère pré-industrielle », souligne Pavich. « Il est temps de penser à l'adaptation, sinon Bangkok sera sous les eaux si rien ne change ».

Alors que la municipalité envisage diverses mesures, y compris la construction de digues à la manière des Pays-Bas, la possibilité d'un déménagement de la capitale est également évoquée. Cette hypothèse, bien que complexe, pourrait être une solution viable selon Pavich. « Personnellement, je pense que c'est une bonne option. Cela permettrait de séparer les quartiers gouvernementaux et les quartiers d'affaires de la capitale, tout en conservant son statut politique », explique-t-il.

L'Asie du sud-est face au défi climatique, entre ambitions et réalités inquiétantes

L'Indonésie s'apprête à inaugurer sa nouvelle capitale, Nusantara, cette année, en remplacement de Jakarta, confrontée à des problèmes de pollution et de subsidence, pour devenir le nouveau centre politique du pays. Ce projet colossal suscite la controverse en raison de son coût extrêmement élevé, estimé entre 29,5 et 32,3 milliards d'euros.

La Thaïlande ressent les effets du changement climatique dans divers secteurs, avec des agriculteurs faisant face à la chaleur et à la sécheresse, et un secteur touristique affecté par la pollution et le blanchiment des coraux. Des parcs nationaux ont déjà été fermés en raison du blanchiment récent des coraux, et Pavich a averti que d'autres fermetures pourraient suivre. « Nous devons protéger notre nature à tout prix », déclare-t-il. Malgré les efforts du gouvernement pour lutter contre la pollution de l'air, en particulier dans le nord du pays, les résultats restent limités pour le moment.

Une nouvelle loi sur la pollution atmosphérique a été adoptée cette année. Les responsables des parcs nationaux ont également renforcé les mesures de prévention et d'extinction des incendies dans les zones protégées. Pavich souligne les défis posés par le secteur agricole, en particulier les brûlis de résidus de récoltes qui contribuent de manière significative à la pollution saisonnière.

Le département de Pavich, rattaché au ministère des Ressources naturelles et de l'Environnement, est chargé de la première loi thaïlandaise sur le changement climatique, en cours de préparation depuis au moins 2019, mais ralentie par la pandémie de Covid-19. Il espère que cette loi, abordant divers aspects tels que le prix du carbone et les mesures d'adaptation, sera adoptée cette année. La Thaïlande vise à atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 et à parvenir à un zéro carbone en 2065.

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