Michel Georges Alfred Catty, plus connu sous le nom de Michou, a marqué l’histoire de la nuit parisienne avec son célèbre cabaret transformiste. Son univers bleu azur et son sourire communicatif ont fait de lui une icône incontournable de Montmartre. Mais d’où venait réellement cet homme au destin exceptionnel ? Analysons ensemble les origines et le parcours captivant de celui qui est devenu le « Prince bleu » de la capitale française.
Les origines picardes de Michel Catty, l’homme derrière Michou
Michou a vu le jour à Amiens, en Picardie, le 18 juin 1931. De son vrai nom Michel Georges Alfred Catty, il était né dans des circonstances particulières, qu’il qualifiait lui-même « d’aventure sans lendemain ». Sa mère l’avait conçu avec un amant de passage qui les abandonna rapidement. Se décrivant comme un enfant de l’amour, Michou fut reconnu tardivement par son père officiel, qui finit par divorcer de sa mère. Cette dernière se remaria et travaillait dur pour subvenir aux besoins de la famille. Pendant cette période, le jeune Michel passait beaucoup de temps avec sa grand-mère Élise, qui joua un rôle déterminant dans son éducation. À l’instar de nombreuses célébrités comme Tatiana Silva dont la vie privée intrigue aujourd’hui, les origines modestes de Michou ont forgé son caractère et sa résilience.
Une enfance amiénoise marquée par la créativité et la différence
Durant son enfance à Amiens, Michou se révéla être un enfant rêveur et peu attiré par les études. Il plaisantait souvent en disant qu’il possédait « deux bacs » : celui de la plonge et celui des bacs à fleurs. Malgré la guerre déclarée alors qu’il avait 8 ans, il conserva sa joie de vivre caractéristique et devint rapidement le pitre de son école. Passionné par le spectacle et l’imitation, il n’hésitait pas à enfiler les robes de sa grand-mère pour incarner ses idoles. Son esprit entrepreneurial se manifesta dès son plus jeune âge lorsqu’il organisait chez lui des spectacles de marionnettes payants pour le voisinage.
Lors de la libération d’Amiens, une rencontre déterminante avec un soldat prénommé David lui fit prendre conscience de son homosexualité. Cette révélation lui valut des moqueries lors de ses premiers emplois en usine en Picardie, mais il put heureusement compter sur le soutien indéfectible de sa mère. Sans diplôme, il quitta l’école à l’âge de 13 ans et demi.

De la Picardie à Montmartre : le grand départ vers Paris
À 19 ans, trouvant sa ville natale trop étriquée pour ses ambitions, Michou prit la décision qui allait changer sa vie : quitter Amiens pour Paris. Il débarqua à la gare du Nord avec peu de bagages mais beaucoup d’espoir. Remontant la rue de Dunkerque, il posa ses valises à Montmartre, quartier bohème qu’il ne quittera plus jamais. Pour survivre dans la capitale, il enchaîna les petits boulots : plongeur, serveur et même carreleur improvisé. Ces années de galère, loin d’entamer son enthousiasme, forgèrent sa détermination et son caractère.
La naissance de « Chez Michou » : du hasard à la légende
C’est en 1956 que le destin frappa à sa porte. Michou rencontra par hasard Olga, tenancière du cabaret « Chez Madame Untel » situé rue des Martyrs. Elle lui proposa d’en devenir le gérant. Après quelques hésitations, le jeune homme de 25 ans accepta cette opportunité, empruntant 2 500 francs à un ami pour lancer son affaire. Il rebaptisa plus tard l’établissement « Chez Michou », expliquant que ce surnom venait de la fusion entre « Mimi » (comme l’appelait sa grand-mère) et « Chouchou » (surnom donné par ses amoureux).
Une transformation progressive
Au départ simple bistrot, l’établissement évolua progressivement vers le concept qui ferait sa renommée internationale.

L’invention du cabaret transformiste et la consécration
Dans les années 1960, un voyage à Las Vegas aux côtés de la chanteuse Line Renaud inspira profondément Michou. Il décida alors de lancer un concept novateur de show transformiste avec deux amis. La véritable naissance du cabaret tel qu’on le connaît aujourd’hui eut lieu un soir de Mardi gras, lorsque Michel s’improvisa « Miss Glassex » et mima avec talent France Gall et Brigitte Bardot.
- Le lendemain, le journaliste Edgar Schneider titra dans son article : « Quand Paris se travestit ! »
- Ce papier médiatique marqua le véritable lancement du cabaret Michou
- Le concept de transformisme artistique venait de trouver son ambassadeur
L’héritage de l’homme en bleu : un parcours hors du commun
L’impact culturel de Michou sur Montmartre et la nuit parisienne reste immense. Sa signature vestimentaire entièrement bleue, incluant ses lunettes azur devenues emblématiques, a contribué à forger sa légende. Son établissement est devenu une institution incontournable qui a accueilli d’innombrables stars et personnalités du monde entier. À travers ses apparitions télévisées et ses interviews dans les médias, il a popularisé un art jusqu’alors méconnu du grand public.
Michou s’est éteint le 26 janvier 2020 à l’âge de 88 ans, à l’hôpital militaire de Saint-Mandé. Il souffrait d’une maladie respiratoire et avait été hospitalisé quelques jours auparavant. Avec sa disparition, c’est une page de l’histoire du divertissement français qui s’est tournée, mais son héritage continue d’influencer la scène culturelle parisienne et d’inspirer de nombreux artistes à travers le monde.
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