La raison étonnante qui serait-elle à l'origine des maisons fissurées en France 

Par Nassim Terki Publié le 04/06/2024 à 10:25
Maisons Fissurees

Le mystère des fissures qui se propagent de plus en plus en France ne cesse de croitre, inquiétant habitants et municipalités. Mais quel est le souci derrière ce fléau ?

Une étude alarmante révèle une tendance inquiétante, les murs des maisons se fissurent de plus en plus dans certaines régions de France. Quelles en sont les raisons et quelles mesures préventives adopter pour protéger son habitation ?

L'alerte sur les fissures murales qui menacent nos habitations

Une étude récemment publiée par l'association Conséquences, en collaboration avec la start-up Callendar, a mis en lumière une hausse préoccupante des cas de fissures dans les murs des habitations de l'est de la France. Alors que les régions du Grand-Est, de la Bourgogne-Franche-Comté et de l'Auvergne-Rhône-Alpes sont les plus touchées, cette problématique est observée depuis les années 2000 dans d'autres zones du territoire telles que le Centre et le Sud-Ouest.

Le rapport met en évidence l'importance croissante de ce phénomène, soulignant que les habitations du Centre et du Sud-Ouest sont particulièrement exposées à ce risque de fissures. Cette tendance inquiétante pourraient affecter la stabilité des bâtiments et la sécurité des résidents.

Selon les données de la caisse centrale de réassurance (CCR), un phénomène de fissuration des murs qui était auparavant moins répandu concerne désormais en grande partie le Centre-Val-de-Loire (67 % des habitants exposés), l'Occitanie (49 %) et la Nouvelle-Aquitaine (46,8 %). Cette augmentation inquiétante touche désormais 20 millions de Français, exposés à un risque « moyen-fort » de voir leurs habitations affectées par ces lézardes.

Le phénomène observé est clairement lié au changement climatique en cours, qui provoque une augmentation des périodes de sécheresse et des épisodes de fortes pluies. Selon les prévisions de Météo-France, la France devrait connaître en moyenne deux fois plus de sécheresses estivales en 2050 qu'entre 1976 et 2005. Cette évolution accroît malheureusement le risque de fissures dans les constructions.

Le « retrait-gonflement » des argiles pour protéger nos habitations

Avant que les fissures n'apparaissent sur les murs des habitations, le processus débute dans le sol avec le phénomène connu sous le nom de « retrait-gonflement des argiles ». Les argiles subissent des variations de volume en fonction de leur taux d'humidité, pendant les sécheresses et les périodes de fortes chaleurs, les sols se contractent et se compriment en raison de l'évapotranspiration croissante. Lorsque ces mouvements se produisent sous les fondations des maisons, des fissures se forment dans les murs.

Les effets de ces phénomènes peuvent mettre plusieurs mois à se manifester sur les habitations en fonction des conditions météorologiques. Les réparations de ces dommages peuvent être coûteuses. Actuellement, les coûts s'élèvent en moyenne à 726 millions d'euros par an, tandis qu'ils sont estimés à 2,1 milliards en 2050. Les mesures pour remédier à ces problèmes incluent l'agrafage des fissures afin d'en limiter l'agrandissement, ainsi que le chaînage des murs porteurs pour en renforcer la solidité.

Certaines caractéristiques des terrains et des maisons peuvent réduire le risque de fissures causées par le « retrait-gonflement des argiles ». Les terrains moins argileux sont moins sensibles à ce phénomène, tout comme les constructions carrées ou rectangulaires qui sont à privilégier par rapport aux bâtiments en U ou en L. De plus, les maisons avec un vide-sanitaire profond ou un sous-sol sur toute la surface sont moins vulnérables que les constructions de plain-pied.

Pour prévenir l'apparition de fissures, des mesures préventives peuvent être prises, telles que la surveillance des fuites d'eaux usées ou des écoulements, l'installation de murs anti-racinaires, ou encore l'imperméabilisation de la périphérie de la maison. Cependant, la seule solution véritablement efficace à long terme sera de prendre des mesures pour lutter contre le réchauffement climatique.

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