De la lave sur Venus ? Cela présage-t-il de la vie sur la planète ?

Par Nassim Terki Publié le 02/06/2024 à 09:54
Planète Venus

Les découvertes récentes révèlent que Vénus, la sœur infernale de la terre, cache sous sa surface brûlante des secrets volcaniques fascinants.

Vénus, la planète au tempérament volcanique, révèle des secrets enfouis depuis des décennies. Des récentes découvertes laissent entrevoir une activité géologique surprenante sous sa surface inhospitalière.

Les entrailles bouillonnantes de Vénus

Vénus, souvent appelée la « jumelle de la terre » en raison de sa masse et de sa taille similaires, se distingue par sa position en tant que deuxième planète la plus proche du Soleil. Avec une température moyenne de 470 °C à sa surface, elle tient le titre de planète la plus chaude du système solaire, surpassant même Mercure de 40 °C.

Son atmosphère est principalement composée de dioxyde de carbone, provoquant des pluies d'acide sulfurique et une pression 92 fois supérieure à celle de la terre. L'exploration de sa surface s'avère difficile en raison de ces conditions extrêmes.

Cependant, une étude menée par le géologue italien Davide Sulcanese de l'Université d'Annunzio, basée sur les données de la sonde spatiale Magellan, révèle que la planète possède un souterrain étonnant. Lancée en direction de Vénus par la NASA en 1989, la sonde Magellan a permis de cartographier la planète dans les années 1990.

Les découvertes de Sulcanese sur le souterrain de Vénus remettent en question notre compréhension de cette planète hostile en surface. Les détails de cette étude ont été publiés dans la prestigieuse revue Nature Astronomy.

En août 1990, la sonde Magellan est devenue la première sonde à capturer des images de l'ensemble de la surface de Vénus. Deux zones en particulier ont attiré l'attention des scientifiques, le flan ouest du Sif Mons, une imposante montagne de 300 km de diamètre et de 2 km de hauteur, ainsi que l'ouest de Niobe Planitia, une vaste plaine sur la planète.

Les images de ces zones, prises en 1990 et 1992, ont révélé des indices sur l'activité volcanique récente de Vénus. En 1994, le voyage de Magellan a pris fin de manière spectaculaire alors que la sonde a été programmée pour plonger profondément dans l'atmosphère de Vénus, brûlant finalement dix heures après son entrée.

Grâce à des données datant de plus de 30 ans, et en analysant les images et les scans radar de Magellan, Sulcanese a observé des modifications significatives dans la zone étudiée, laissant entrevoir des rivières de lave sous la surface de la planète.

Les chercheurs suggèrent que les changements observés sur une cheminée volcanique du flanc ouest du Sif Mons et dans l'ouest de la plaine de Niobé témoignent de nouvelles coulées de lave liées à des activités volcaniques.

Ces conclusions rejoignent celles de Robert Herrick de l'université d'Alaska Fairbanks et de Scott Hensley du Jet Propulsion Laboratory de la NASA, qui avaient déjà avancé en mars 2023 que Vénus connaissait une activité volcanique très récente. Leur étude, publiée dans la revue Science, mettait en lumière des transformations rapides sur une cheminée volcanique, soutenant l'idée d'éruptions fréquentes expulsant la lave et le magma de la planète.

Ces révélations pourraient expliquer le caractère hostile de l'atmosphère de Vénus, comme souligné par l'astronome Jonathan Lunine de l'Université de Cornell en 2021, lorsqu'il identifia la présence de phosphine dans cette atmosphère.

Vénus, à la recherche de la vie cachée dans ses volcans et son atmosphère

Ces avancées ont également ravivé les spéculations sur une possible vie microbiologique sur Vénus, une hypothèse suggérée précédemment par l'équipe de Jane Greaves de l'Université de Cardiff. Les récents travaux apportent ainsi de nouvelles perspectives sur la planète énigmatique et alimentent la quête de compréhension de son histoire et de son potentiel géologique.

Des micro-organismes anaérobies pourraient être à l'origine de la présence de phosphine observée sur terre. Les missions DAVINCI en 2029, VERITAS et EnVision en 2031 permettront de compléter les observations réalisées par Magellan dans les années 1990. Ces missions joueront un rôle prépondérant dans la compréhension de la présence de phosphine sur Vénus et pourraient révéler des informations sur la possibilité de vie microbienne dans l'atmosphère de la planète.

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