Intensification des cyclones tropicaux côtiers : quel impact sur la Terre ?

Par Ali Ch. Publié le 13/05/2024 à 19:33
Cyclones Tropicaux Côtiers

Les cyclones tropicaux côtiers se sont intensifiés ces dernières années, selon les experts. Le changement climatique bouleverse le fonctionnement « naturel » des cyclones tropicaux côtiers. Ils constituent la deuxième catastrophe naturelle la plus dangereuse après les tremblements de terre

Les cyclones tropicaux dans les régions côtières se sont intensifiés ces dernières années, en raison du réchauffement climatique, selon les scientifiques. C’est l’augmentation de la température à la surface de l’océan qui serait derrière l’augmentation de ces activités cycloniques.

Dans un contexte de changement climatique, des phénomènes naturels s’intensifient et pourraient être plus dévastateurs. Parmi ces derniers, on citera les cyclones. En effet, une étude récemment publiée dans la revue Earth’s Future confirme que les cyclones tropicaux près des régions côtières du monde entier se sont intensifiés à un rythme accéléré ces dernières années. Cela n’est pas sans conséquences sur les populations.

Chaque année, plusieurs régions côtières du globe sont le théâtre de violentes perturbations atmosphériques : les cyclones tropicaux, qui sont des « systèmes de basse pression atmosphérique qui se forment sous les tropiques du monde entier, dans des conditions de températures et d'humidité élevées, formant des tempêtes accompagnées de vents violents » selon l’étude reprise par le site Meteored. Ils sont également appelés ouragans ou typhons selon la région dans laquelle ils se produisent, et ils sont généralement intenses et dévastateurs.

Le changement climatique augmente l'intensité des cyclones tropicaux

« Les cyclones tropicaux sont constitués d’un œil et d’un mur de nuages, autour duquel tournoient des vents à une vitesse très importante », explique à Reporterre, Matthieu Lengaigne, chercheur en océanographie à l’UMR Marbec. Pour Caroline Muller, chercheuse au Laboratoire de météorologie dynamique (LMD), la forte activité cyclonique enregistrée ces dernières années est en partie imputable « au phénomène climatique “La Niña”, qui affaiblit les vents en altitude en Atlantique et favorise les ouragans ».

L’étude de la revue Earth’s Future a examiné l'intensification des cyclones tropicaux à proximité des régions côtières dans un contexte marqué par un réchauffement climatique. Les résultats de l’étude ont montré que le taux moyen d'intensification entre 1979 et 2000 était de 0,69 km/h nœuds toutes les 6 heures ; ce rythme s'est accéléré entre 2000 et 2020, la vitesse moyenne étant de 2,13 km/h toutes les 6 heures. Et sur une période de 24 heures (1 jour), entre 1979 et 2020, les données ont révélé une augmentation moyenne mondiale du taux de transport d'environ 5,56 km/h dans les régions proches de la côte.

Les chercheurs affirment que le taux d’intensification de ces cyclones augmentera sur presque toutes les côtes du monde si la tendance actuelle au réchauffement se poursuit. « Nous ne parlons pas d’intensification au milieu de l’océan. Nous parlons de ce qui se passe sur la côte, là où c'est le plus important », explique Karthik Balaguru, auteur principal de l'étude. « L’augmentation de l’humidité relative et l’affaiblissement du cisaillement vertical du vent sont les facteurs responsables de cette intensification plus rapide des cyclones tropicaux » selon les auteurs de l’étude.

Les cyclones, plus intenses, seront-ils plus dévastateurs ?

Les cyclones tropicaux, au fort potentiel destructeur, constituent la deuxième catastrophe naturelle la plus dangereuse après les tremblements de terre, selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM). Ces phonèmes représentent une menace socio-économique majeure et il donc primordial de comprendre leur intensification.« Ce travail a de profondes implications pour les personnes vivant sur la côte, ainsi que pour les météorologues opérationnels et les décideurs », souligne Ruby Leung, co-auteur de l’étude.

De son côté, Sandrine Revet, qui travaille sur l’anthropologie des catastrophes, explique à Reporterre que la portée dévastatrice des cyclones tropicaux ne dépend pas seulement de leur intensité, « mais aussi de la vulnérabilité des sociétés qu’ils frappent » : « Certaines sociétés et leurs institutions sont mieux préparées que d’autres pour résister ou se remettre d’une catastrophe ».

L’anthropologue estime qu’il est aujourd’hui « primordial de s’attaquer aux facteurs structurels de vulnérabilité, pour renforcer les capacités des sociétés à faire face à des crises : un urbanisme mieux adapté aux catastrophes et des politiques publiques ambitieuses en matière de santé ou de répartition des richesses, les plus pauvres étant les plus en danger ».

Journaliste francophone. Je couvre l’actualité au quotidien sur une multitude de sujets. Je m’attelle à rapporter l’information avec objectivité.

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