Pourquoi en Île-de-France l'air est devenu irrespirable ?

Par Ali Ch. Publié le 09/06/2024 à 07:21
Air Irrespirable En Ile De France

C’est une nouvelle qui n’est pas faite pour plaire aux habitants de l’Île-de-France et aux visiteurs qui comptent s’y rendre ces jours-ci. La population atmosphérique et sonore dans cette région est à son apogée, alerte le dernier rapport deux organismes français spécialisés dans l'analyse de la qualité de l'air et du bruit.

À moins de deux mois des Jeux Olympiques 2024, le plus grand évènement sportif mondial prévu en France, Paris et sa région étouffent ! En plus de l’air irrespirable, la pollution sonore dans la région de l’Île-de-France a atteint un seuil intolérable. Près de 80 % des Franciliens, soit 9,7 millions d'habitants sur les 12,3 millions que compte la région d'Île-de-France, sont exposés à un taux élevé de pollution sonore et atmosphérique.

Ces quelque 10 millions d’habitants de l’Île-de-France seraient exposés simultanément à des niveaux de pollution atmosphérique et sonore quatre fois supérieur aux seuils maximaux recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L'étude publiée mardi 28 mai et réalisée par les deux grands organismes spécialisés dans l'analyse de la qualité de l'air et du bruit, Airparif et Bruitparif, a mis en évidence une « pollution excessive » de l'air et du bruit en Île-de-France.

C’est la première fois que les deux observatoires, Airparif et Bruitparif, réalisent une cartographie croisée de la qualité de l’air et de l’environnement sonore au sein de la région Île-de-France. La métropole du Grand Paris concentre 86 % des personnes en situation d’exposition dite « très dégradée » du fait du bruit lié aux transports (grands axes routiers, aéroports, voies ferrées), de la pollution de l’air ou des deux, soulignent les auteurs de l’étude.

Île-de-France : voici les zones les plus exposées à la pollution de l’air et du bruit

Selon cette étude, 850 000 personnes sont exposées à des taux de pollution sonore et atmosphérique dépassant les valeurs réglementaires de l'OMS. Les zones concernées en Île-de-France comprennent notamment le cœur de l'agglomération, les collectivités de la petite couronne ainsi que celles proches des aéroports d’Orly et de Roissy Charles de Gaulle. Au total, 487 communes (38 % des communes d’Île-de-France) sont particulièrement exposées à ces deux pollutions.

Certaines zones sont concernées par la pollution sonore, mais peu par la pollution de l’air. Il s’agit notamment des zones situées à proximité des voies ferrées dans la moitié sud de la région Île-de-France, ainsi que celles qui sont affectées par les survols à destination et en provenance des aéroports de Paris-Orly et de Paris-CDG et qui sont situées en dehors du cœur dense de l’agglomération parisienne.

À Paris et dans les communes limitrophes, « l’exposition à la pollution de l’air et à la pollution sonore est très forte à proximité du boulevard périphérique et des grands axes routiers » souligne l’étude. Dans les grands parcs parisiens et dans certains îlots du centre-ville, les niveaux de pollution de l’air « restent élevés », mais la pollution sonore liée aux transports est « peu présente ». La situation est « légèrement meilleure » dans certaines zones, telles que les bois de Vincennes et de Boulogne, ainsi que dans certains quartiers du sud-ouest de Paris.

Toutefois, dans 316 collectivités de l’Île-de-France, la quasi-totalité de la population est relativement épargnée et par la pollution de l’air et par les nuisances sonores, avec des concentrations de polluants de l’air et des niveaux de bruits proches des seuils recommandés par l’OMS. Il s’agit pour la plupart de communes situées au sein des départements de la grande couronne et qui ne sont pas survolés par des avions à moins de 2000 mètres d’altitude, explique l’étude.

Journaliste francophone. Je couvre l’actualité au quotidien sur une multitude de sujets. Je m’attelle à rapporter l’information avec objectivité.