Économie : pour renflouer les caisses, le gouvernement s'attaque au transport des malades

Par Ali Ch. Publié le 04/05/2024 à 11:00
Transport Des Malades

Pour faire des économies, le gouvernement annonce un décret sur le partage du transport des malades
Pour rejoindre ou repartir de l’hôpital en ambulance ou en taxi, les patients, désormais appelés à partager leur transport
Des associations de patients s’inquiètent de l’impact de ces changements, notamment pour des malades vulnérables

Pour faire des économies sur le budget de la Sécurité sociale, le gouvernement annonce une réforme sur le partage du transport sanitaire. Un décret dans ce sens sera publié prochainement, incitant les patients à privilégier le covoiturage à destination ou au départ de l’hôpital.  

Selon le projet de décret consulté vendredi 3 mai par franceinfo, il faudra donc désormais partager avec d'autres malades son ambulance ou taxi sanitaire, un détour de 10 km possible par passager transporté, dans la limite d’un détour total de 30 km par trajet. Par ailleurs, dans l'ambulance ou dans le taxi, il ne sera pas obligatoire de porter de masques et aucune mesure barrière n'est prévue par ce décret qui sera publié dans les prochains.

Pour des malades qui vont régulièrement à l'hôpital, rallonger le trajet retour après une dialyse ou une séance de chimiothérapie, « ce n'est franchement pas une bonne idée », juge Bruno Lamothe, de l'association de malades du rein, Renaloo. « Le malade peut avoir des nausées, des vomissements... Et cette personne va se voir imposer un détour jusqu'à 30 km alors qu'elle est en situation de vulnérabilité » s’insurge-t-il au micro de franceinfo.

Transport sanitaire partagé : "une dégradation du service pour les malades"

De son côté, Alain Olympie, représentant des usagers de l'AP-HP à l'hôpital Saint-Antoine à Paris, estime que cette réforme conduira "nécessairement" à une dégradation du service pour les malades. « Maintenant, la règle va être le transport collectif et non pas le transport individuel », résume-t-il. « Avec ce décret, on reprend une carte routière, un compas et une boussole, à l'heure du GPS », regrette-t-il.

Afin d’obtenir un transport individuel remboursé dans le cadre de cette réforme, il faudra que le médecin spécifie sur l'ordonnance que l'état du patient est incompatible avec un transport partagé. Sinon, il sera tout de même possible de refuser le transport partagé, mais il devra payer une pénalité à partir de 2025 et, pour cette année, avancer les frais. Dans le cas de pathologies lourdes, ils peuvent s’élever à plusieurs milliers d’euros.

Ce décret sur le partage des transports sanitaires intervient dans le but de permettre à la Sécurité sociale de faire des économies. Selon l’Assurance maladie, les dépenses liées aux transports de patients sont « à un niveau élevé, comparativement à d’autres pays développés ». En 2022, elles ont augmenté de 7,2 %, à 5,5 milliards d’euros, sous l’effet de revalorisations tarifaires et de la hausse du prix des carburants.

Journaliste francophone. Je couvre l’actualité au quotidien sur une multitude de sujets. Je m’attelle à rapporter l’information avec objectivité.

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