France : un projet de mini-réacteur nucléaire risque de faire débat

Par Ali Ch. Publié le 02/05/2024 à 10:08
Mini Reacteur nucleaire

La France est sur le point de réaliser son premier mini-réacteur nucléaire
Le projet porté par une start-up française risque de soulever le débat

La France s’apprête à accueillir son premier mini-réacteur nucléaire. Un projet fourni par une start-up française pour une usine dans la région du Marne et qui risque de soulever des réactions chez les opposants au nucléaire.

Les usines françaises vont-elles passer à l’énergie nucléaire pour faire tourner leurs machines ? C’est dans cette optique que la start-up française Jimmy a déposé, lundi 29 avril, la toute première demande d’autorisation en France pour un mini-réacteur nucléaire. L'objectif du projet est de fournir en chaleur le complexe industriel du groupe sucrier Cristal Union / Cristanol, qui produit de l'alcool et du bioéthanol à Bazancourt dans le Marne.

La demande a été formulée auprès du ministère de la Transition écologique. Toutefois, ce n’est que la toute première étape du processus. Il appartient désormais à l’Autorité de sureté nucléaire, l’ASN, d’examiner le dossier de Jimmy. En cas d’approbation, la start-up pourrait produire un petit réacteur modulaire (PRM) d’une puissance de 10 mégawatts (MW). Il sera alors branché sur le complexe industriel du groupe Cristanol, dans la Marne.

La phase d'instruction peut durer au moins trois ans

Ce réacteur est une sorte de chaudière à combustible nucléaire dont l’objectif est de « fournir de la chaleur décarbonée (vapeur) à l’industrie en remplaçant les brûleurs à gaz, qui rejettent des gaz à effet de serre dans l’atmosphère », a expliqué dans un communiqué la start-up. « Les générateurs conçus par Jimmy, d’une durée de vie de 20 ans, s’inscrivent dans un mix énergétique complémentaire aux réacteurs nucléaires de grande et moyenne puissance et aux sources d’énergie renouvelables qui fournissent aujourd’hui de l’électricité décarbonée », a-t-elle ajouté.

Mais la start-up Jimmy doit encore attendre afin de pouvoir réaliser son projet. En effet, le ministère de la Transition écologique qui a reçu le dossier de Jimmy lundi dernier, devra saisir l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Cette dernière mènera une série d’évaluations approfondies pour s’assurer que ce projet du premier mini-réacteur nucléaire en France respecte toutes les normes de sécurité et environnementales requises. Le travail d’instruction de l’ASN peut prendre au moins 3 ans alors que Jimmy a pour objectif de livrer son premier réacteur en 2026, rapporte franceinfo.

Vers la montée au créneau des anti-nucléaires

Ce projet de mini-réacteur nucléaire représente une étape cruciale pour l’industrie française, et est surtout vue comme une ère de production d’énergie propre et durable. Avec ses promesses de décarbonation, le projet de Jimmy pourrait en effet influer les politiques énergétiques en France, qui sont aujourd'hui encore très dépendantes d'énergies fossiles.

Mais ce projet risque aussi de soulever des réactions négatives chez les anti-nucléaires. Il faudra en effet s’attendre à la montée au créneau de ces derniers qui ne ratent aucune occasion pour afficher leur opposition à tout projet nucléaire en France. En octobre 2022, l’annonce, par la présidente de la Région des Pays de la Loire, de l’idée d’un mini-réacteur de type SMR à Cordemais, avait mobilisé le camp des anti-nucléaires de la région et de toute la France.

Journaliste francophone. Je couvre l’actualité au quotidien sur une multitude de sujets. Je m’attelle à rapporter l’information avec objectivité.

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