Pourquoi la France vit à crédit écologique ?

Par Ali Ch. Publié le 15/05/2024 à 09:43
Jour Du Dépassement En France

C’est une information qui sonne l’alerte, mais que beaucoup de Français ignorent. Le 7 mai 2024 était le « jour du dépassement » en France, c’est-à-dire le moment où la population française a consommé autant de ressources que la biocapacité planétaire est capable d’en générer sur un an. En une phrase : depuis cette date, la France vit à crédit écologique. Quelles en sont les causes ? Comment parvenir à surmonter cette situation à l’avenir ?

Chaque année, l’ONG américaine Global Footprint Network calcule la date à laquelle l’humanité a consommé (empreinte écologique) l'ensemble des ressources que la Terre peut reconstituer en une année (biocapacité). Elle passe en revue plus de 3 millions de données statistiques, concernant pas moins de 200 pays, afin de calculer le « jour du dépassement ». Cette date ne s’utilise cependant pas uniquement à l’échelle mondiale. Elle peut être calculée à l’échelle de chaque pays.

Le « jour du dépassement » ou « Overshoot Day » en anglais, est calculé en divisant la biocapacité de la planète, la quantité de ressources écologiques que la Terre est capable de générer en un an, par l'empreinte écologique de l'humanité, la demande de l'humanité pour cette année-là, et en multipliant par 365, le nombre de jours dans une année. À l’aide de l’ensemble de ces données, l’ONG américaine estime chaque année le nombre de planètes qui seraient à priori nécessaires pour répondre à la surconsommation des ressources.

La France vit à crédit écologique depuis le 7 mai

Pour l’année 2024, la France a déjà bel et bien consommé son quota de ressources que Dame nature lui a réservée en une année. En effet, le « jour du dépassement » de la France est intervenu le 7 mai dernier. Une date à partir de laquelle les Français ont consommé autant de ressources que la biocapacité planétaire est capable d’en générer sur un an. À compter de cette date, le pays vit donc à crédit écologique.

En 2024, « si la population mondiale vivait comme les Français, l’humanité aurait besoin de presque trois planètes Terre pour satisfaire ses besoins » souligne Fabrice Bonnifet, président du C3D, le collège des directeurs du développement durable, dans un éditorial signé chez nos confrères de TF1. « En outre, les ressources biologiques que nous utilisons ne sont pas extraites sur notre sol, car la France consomme 86 % de plus que ce que ses propres écosystèmes peuvent régénérer » ajoute-t-il.

C’est pour dire que le « jour du dépassement » illustre parfaitement la pression qu’exerce l’Homme sur la planète et ses écosystèmes. « Tant que les dégâts collatéraux des activités minières se produisaient loin de notre continent, il suffisait de baisser les yeux sur les conditions sociotechniques d’extraction et l’acceptation sociale était acquise » déplore Fabrice Bonnifet.

Le « jour du dépassement » inquiète les défenseurs de l’environnement

Devant cette situation, les défenseurs de l’environnement ne cessent de tirer la sonnette d’alarme. Le 3 mai dernier, plus de 300 organisations de la société civile européenne, dont la Ligue pour la protection des oiseaux (OPO), ont publié une lettre ouverte appelant les chefs d'État et de gouvernement, les présidents de la Commission, du Conseil et du Parlement européen, ainsi que les futurs eurodéputés, à prendre un engagement politique : « œuvrer pour une économie neutre pour le climat, zéro pollution et respectueuse de la nature ».

Les conséquences écologiques de cette « surexploitation des ressources naturelles deviennent chaque jour plus visibles : réchauffement climatique, pollution, catastrophes naturelles, effondrement de la biodiversité, érosion des sols, etc… » soulignent les signataires. « L’Europe pourrait connaître une augmentation de température deux fois supérieure à celle des autres continents. Face à ce risque existentiel, les décideurs, et les électeurs qui les élisent, ont la responsabilité d’inverser la tendance et de placer la transition écologique au premier rang des priorités européennes » ajoutent les rédacteurs de la lettre ouverte.

Journaliste francophone. Je couvre l’actualité au quotidien sur une multitude de sujets. Je m’attelle à rapporter l’information avec objectivité.

1 commentaire on «Pourquoi la France vit à crédit écologique ?»

  • Frédéric

    Bonjour,
    Une grande partie des médias s'intéresse principalement à l'économie et très peu à l'écologie. Ils ne vont pas remettre en cause le modèle économique qu'ils défendent en parlant du jour du dépassement. La France est un pays qui fait beaucoup de greenwashing, beaucoup d'économie pseudo-écologique et très peu d'écologie scientifique. On écoute très peu les écologues, les botanistes, les zoologistes, les biologistes, les écologistes, les ong environnementales. Et bien évidemment, pour résoudre les problèmes écologiques, on choisit toujours des solutions non-écologiques : mégabassines et tout le reste (la liste est longue !). Il y a sur Terre un combat entre l'économie et l'écologie.

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