Des fragments de la face cachée lunaire bientôt sur Terre 

Par Nassim Terki Publié le 06/06/2024 à 08:49
Fragment De Lune Sur Terre Grâce À La Chine

Une nouvelle perspective sur l'exploration lunaire, révélant progressivement les mystères et les merveilles cachés de notre satellite naturel.

La Chine atteint un nouveau jalon dans sa mission vers la Lune. Un succès qui s'inscrit dans le cadre de son programme spatial ambitieux. Un retour sur Terre est imminent et la Chine ne revient pas les mains vides, promettant des révélations intéressantes sur la Lune.

La Chine établit sa suprématie spatiale

La Chine franchit une nouvelle étape cruciale de sa mission spatiale Chang'e 6 vers la Lune. En effet, le 3 juin 2024 à 23h38 UTC (temps universel coordonné), l'étage de remontée de la sonde a quitté la surface lunaire pour rejoindre le module resté en orbite, entamant ainsi le retour des précieux échantillons collectés sur la face cachée de notre satellite naturel. Un voyage qui promet de dévoiler des secrets fascinants sur l'asymétrie mystérieuse entre les deux côtés de la Lune.

Cette quatrième mission d'alunissage réussie depuis 2013, place la Chine en tête de l'exploration lunaire. Un exploit que seule la mission Chang'e 4 avait réalisé auparavant en 2019. Aucune autre nation n'avait encore accompli une telle prouesse. En 2020, l'administration spatiale chinoise avait déjà ramené ses premiers échantillons lunaires de la face visible avec la mission Chang'e 5, un événement qui marquait un retour après un demi-siècle depuis les missions Apollo et Luna des États-Unis et de l'Union Soviétique.

L'objectif ambitieux de Chang'e 6 était de collecter des échantillons de roches de l'hémisphère lunaire qui est constamment éloigné de la terre, afin de les étudier en détail avec des instruments de pointe une fois ramenés sur notre planète. Ce défi a été relevé avec succès grâce au satellite relais Queqiao2, lancé en mars 2024, qui a permis à la sonde de fonctionner sur la face cachée de la Lune.

Une récolte exceptionnelle d'échantillons lunaires pour percer les secrets de notre satellite

Les opérations de collecte d'échantillons lunaires de la mission Chang'e 6 se sont déroulées avec succès dans le vaste bassin pôle Sud-Aitken, situé à la fois dans les régions australes et l'hémisphère invisible de la Lune. Deux types d'échantillons ont été prélevés au niveau du sol à l'aide du bras mécanique de l'atterrisseur et en profondeur jusqu'à 2 mètres grâce à une foreuse. La quantité totale de matière collectée pourrait atteindre jusqu'à 2000 g.

Pendant ces opérations d'environ 48 heures, trois instruments scientifiques non chinois, dont le détecteur de radon DORN de l'Institut de recherche en astrophysique et planétologie de Toulouse (IRAP), ont également effectué des mesures. Le dispositif vise à étudier divers aspects de la Lune, y compris son atmosphère, ses propriétés thermiques et physiques du sol, en mesurant le radon et le polonium, deux traceurs radioactifs présents à sa surface.

Une fois les échantillons collectés, ils seront transférés dans une capsule spécifique après un rendez-vous en orbite lunaire entre l'étage de remontée et le module de service. Le module effectuera alors des manœuvres pour entamer son trajet de retour vers la terre. La capsule entrera dans l'atmosphère terrestre à une vitesse impressionnante de 11 kilomètres par seconde, rebondira à environ 60 kilomètres d'altitude, puis déploiera ses parachutes pour atterrir en Mongolie intérieure aux alentours du 25 juin. Les échantillons seront ensuite acheminés vers différents laboratoires pour être stockés, répertoriés et analysés en détail.

La guerre spatiale entre la Chine et les États-Unis s'intensifie

Sous la présidence de Xi Jinping, la Chine a considérablement investi dans son programme spatial afin de rattraper les leaders américain et russe. La construction de la station spatiale Tiangong et l'envoi récent d'un nouvel équipage d'astronautes en sont des exemples concrets.

Cependant, les États-Unis expriment des inquiétudes quant aux intentions de la Chine dans l'espace. Le directeur de la Nasa, Bill Nelson, a suggéré que « le programme spatial chinois pourrait cacher des objectifs militaires et viser une domination de Pékin dans l'espace ». Les États-Unis, de leur côté, envisagent d'envoyer à nouveau des astronautes sur la Lune d'ici à 2026 avec la mission Artémis 3, bien que des retards puissent encore intervenir. La rivalité spatiale entre les deux puissances fait rage, chaque pays cherchant à marquer son empreinte dans l'exploration de l'espace.

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