Les forêts Françaises ne sauveront pas le pays du réchauffement climatique 

Par Nassim Terki Publié le 15/05/2024 à 17:34
Forêts Françaises Et Réchauffement Climatique

Les forêts françaises, symboles de vie et de vitalité, se battent actuellement pour conserver leur rôle essentiel de gardiens de notre climat.

Les forêts françaises pourraient perdre leur capacité vitale à capturer le CO2, révèle une étude alarmante de l'IGN et du FCBA. Entre changement climatique, activité humaine et incertitudes futures, la lutte pour préserver ces précieux puits de carbone s'intensifie.

Les forêts françaises en danger, un avenir incertain face au changement climatique

Les forêts françaises, précieux alliés dans la lutte contre le changement climatique grâce à leur capacité à capturer le CO2, pourraient perdre cette fonction d'ici 2050. C'est ce que révèle une étude de l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN) et de l'Institut technologique FCBA, publiée le 13 mai.

Selon cette étude, la croissance des forêts pourrait diminuer de 25 % d'ici 2050 et la mortalité des arbres augmenter de 77 % au cours de la même période. Ces chiffres alarmants s'expliquent principalement par le changement climatique lui-même, qui affaiblit les arbres avec des vagues de chaleur et des sécheresses, augmentant ainsi leur taux de mortalité.

Un autre facteur en jeu est la récolte d'arbres pour nos besoins en bois. Bien que cette activité soit en hausse, elle est doublement ambivalente, car elle contribue à réduire le puits de carbone des forêts tout en permettant de stocker du carbone dans les produits bois et de remplacer les énergies fossiles par du bois énergie pour réduire les émissions de carbone.

Malgré la perte de capacité des forêts à stocker du carbone, l'étude suggère que l'augmentation de l'utilisation du bois pourrait compenser ce déficit et maintenir les bénéfices climatiques de la filière « forêt-bois ». En effet, selon le Secrétariat général à la planification écologique, les besoins en produits bois et en bois énergie pourraient augmenter de 30 % d'ici 2030.

Les défis du stockage de carbone et de la gestion forestière face au changement climatique

L'utilisation du bois comme alternative au stockage du carbone dans les forêts suscite des controverses. Xavier Morin, chercheur en écologie forestière au Cefe-CNRS, souligne « que même les meilleurs produits bois libèrent le carbone dans l'atmosphère au fil du temps. De plus, le bois énergie peut accroître temporairement les émissions de carbone, en raison du temps nécessaire à la repousse des arbres brûlés ».

Les replantations d'arbres ne sont pas non plus une solution parfaite, avec un taux d'échec élevé en 2022, selon le ministère de l'Agriculture. Les plantations monospécifiques sont vulnérables aux aléas climatiques, tandis que les coupes massives affectent la biodiversité du sol, compliquant l'estimation de leur impact sur le stockage du carbone.

Selon l'étude de l'IGN, les estimations pour 2050 varient de 70 millions à 5 millions de tonnes d'équivalent CO2 retirées de l'atmosphère. Des risques non pris en compte, tels que tempêtes ou mégafeux, pourraient aggraver la situation en affectant davantage le stockage de carbone.

Les clés de la neutralité carbone en France

Le gouvernement table sur des réductions de 35 MtCO2 /an grâce aux forêts et de 20 MtCO2 /an grâce aux produits bois, des chiffres plus optimistes que les 5 MtCO2 /an envisagés. Cependant, en décembre 2023, le cabinet Carbone 4 a estimé le puits de carbone forestier à 12 MtCO2 /an en moyenne sur 2020-2050, soulignant que l'objectif de la SNBC2 était trop ambitieux.

Xavier Morin souligne que la forêt est souvent utilisée comme variable d'ajustement pour atteindre les objectifs nationaux, avec des prévisions souvent revues à la hausse. La future stratégie nationale bas carbone (SNBC3), attendue en 2024, devrait corriger cette tendance, avec plusieurs ministères reconnaissant la diminution du puits de carbone forestier.

L'étude de l'IGN et du FCBA propose diverses pistes pour renforcer le puits de carbone forestier, notamment en favorisant les usages de longue durée, en améliorant le recyclage du bois et en protégeant la santé des forêts. Xavier Morin affirme que « stabiliser le puits de carbone forestier est réalisable en privilégiant les peuplements forestiers matures, en favorisant les feuillus et en optant pour une sylviculture plus respectueuse de la nature ».

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