L'été 2023, le plus chaud depuis 2000 ans ? L'été 2024 risque-t-il de l'être encore plus ?

Par Ali Ch. Publié le 30/05/2024 à 07:05
été 2024
été 2024

Alors que l’année 2023 a représenté l’été le plus chaud dans l’hémisphère nord sur les dernières 2000 années, l’été 2024 risque de l’être encore plus, avertissent les climatologues. Cependant, la probabilité d’un été plus clément en France n’est pas à écarter, selon les prévisions de Météo France.  

Au début du mois en cours, le service climatique Copernicus de l'Union européenne a indiqué que l'augmentation de la chaleur a engendré en 2023 des records de température chaque jour au niveau des océans. Dans l'ensemble, 2023 a été l'année la plus chaude jamais enregistrée depuis 2000 ans, selon une étude publiée mardi 14 mai 2024, dans la revue Nature. Une année 2023 avec des températures moyennes supérieures de 1,4º Celsius aux niveaux préindustriels.

Un été 2024 encore plus chaud que le précédent ? Ce qu'en disent les scientifiques

De nombreux scientifiques prédisent un été 2024 exceptionnellement chaud, voire le plus chaud jamais enregistré dans la moitié nord de la planète. C’est le cas de Sharon Gray, une climatologue américaine qui n’a pas caché son inquiétude face au réchauffement de la planète. Alors que le phénomène La Niña dans le Pacifique se combine à l'augmentation des températures de surface de la mer, Sharon Gray prévoit qu'un ouragan « dévastateur » se produira au cours de l'été 2024. « Si La Niña est inévitable, la hausse des températures de la planète est due à l'utilisation de combustibles fossiles par l'homme » affirme-t-elle au site anglais Salon.

Pour l'été 2024, les conditions devraient encore s'aggraver, même si La Niña pourrait compenser quelque peu ce phénomène par son effet de refroidissement. « Il est probable qu'il ne fasse pas aussi chaud qu'en 2023, car il s'agissait alors d'un phénomène El Niño, qui s'est maintenant estompé », a déclaré Martin Siegert, professeur de glaciologie à l'Imperial College de Londres. Malgré ces nouvelles encourageantes, l'été 2024 risque encore d'être marqué par des catastrophes naturelles dues au changement climatique.

« Je m'attends à des vagues de chaleur et à des inondations soudaines dues à des pluies diluviennes au cours de l'été. En ce qui concerne la météo, il est difficile d'être précis, mais la tendance générale sera à la chaleur et à l'augmentation des précipitations soudaines » affirme Martin Siegert. De son côté, Kevin Trenberth, éminent chercheur au National Center for Atmospheric Research, qui a publié plus de 600 articles sur la climatologie, estime que l'été 2024 serait « du même acabit » que celui de l’année dernière.

L’été 2024 pourrait être très chaud, selon Météo-France

Quel temps fera-t-il en France cet été ?

En France, des conditions plus chaudes que la normale « sont les plus probables » pour l’été 2024, selon Météo France. « Le scénario d’un trimestre plus chaud que la normale est le plus probable pour la France » et « cette probabilité est plus marquée pour les régions méditerranéennes », a annoncé Météo-France ce mardi 28 mai dans ses dernières « tendances à trois mois », actualisées chaque mois.

Selon ces probabilités, à ne pas confondre avec des prévisions, il y a 50 % de chance que la France métropolitaine connaisse un été météorologique (juin-juillet-août) plus chaud que les normales, 30 % conforme aux normales et 20 % plus froid. Mais « est trop tôt pour prévoir les conditions météorologiques de cet été semaine par semaine » nuance Météo France, qui met en garde contre les conclusions hâtives.

Ce qui fait qu’il est encore trop tôt pour établir des prévisions pour les Jeux olympiques Paris 2024 (26 juillet-11 août). Ainsi, il n’est pas possible de prévoir si l’été 2024 sera caniculaire ou non - facteur qui peut influencer l’organisation de certaines épreuves sportives. Les canicules « sont bien anticipées quelques jours à l’avance, difficilement au-delà de 8 jours », explique Météo-France dans un communiqué repris par l’AFP.

« Depuis quelques années, en cohérence avec la tendance planétaire du changement climatique, les étés sont plus fréquemment au-dessus des normales de saison, mais les épisodes de chaleur ou les canicules diffèrent en termes d’intensité, de temporalité et de localisation d’un été à l’autre », explique encore Météo-France. Concernant les précipitations, « le sud-ouest et le pourtour méditerranéen seront probablement plus secs que la normale alors qu’aucune tendance n’est privilégiée pour le reste du territoire » souligne l’organisme météorologique.

Journaliste francophone. Je couvre l’actualité au quotidien sur une multitude de sujets. Je m’attelle à rapporter l’information avec objectivité.