Environnement

Le Tricastin, la pire centrale nucléaire de France

C’est en tout cas la conclusion d’un livre qui sort ce mercredi 7 février.

Les journalistes Thierry Gadault et Hugues Demeude publient cette semaine un livre choc intitulé “Nucléaire, danger immédiat”. L’occasion de tirer la sonnette d’alarme sur le risque d’un Fukushima à la française.

Un livre choc sur le nucléaire en France

C’est un livre qui va faire du bruit. En avant-première, le Journal du Dimanche en publiait les bonnes feuilles dimanche 4 février. Thierry Gadault et Hugues Demeude sont deux journalistes indépendants qui cumulent les publications dans les plus grands médias francophones. Et “Nucléaire, danger immédiat” leur livre qui sort ce mercredi 7 février (Editions Flammarion) devrait faire du bruit. Il peut se résumer en une phrase qui selon les deux hommes a été prononcée par un cadre d’EDF. 

Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si un accident grave est possible en France mais quand il aura lieu

Au cœur de cette enquête, la situation du nucléaire en France. Alors que cette industrie occupe une place centrale en France depuis plus de cinquante ans, ils tirent la sonnette d’alarme. Et même si les derniers gouvernements ont annoncé une réduction massive du nombre de centrales dans les prochaines années, EDF continue de demander des extensions. Comme le soulignent les auteurs, 48 des 58 centrales que compte le pays vont souffler leurs 40 bougies dans les 10 prochaines années. L’âge en théorie maximal autorisé. Mais, le géant de l’électricité, en mal de financements réclame de pouvoir prolonger la durée de vie d’environ 20 ans. Problème, l’état des lieux n’est pas vraiment optimal.

Le Tricastin, une bombe à retardement

Une centrale nucléaire plus que toutes les autres incarne les maux dont souffre le parc nucléaire français selon les auteurs. Il s’agit de celle du Tricastin, dans la Drome, située à cinquante kilomètres d’Avignon. Créé en 1961, le site et plus précisément la cuve du réacteur n°1 inquiète pour de nombreuses raisons. Tout d’abord, en raison de fissures qui avaient été détectées avant même sa mise en service. Mais, on l’avait alors considérée comme bonne pour le service. Mais surtout, parce que d’autres fissures sont apparues depuis. Une information loin d’être anodine comme le notent les auteurs.

Deux de ces nouvelles anomalies s’apparentent à un cumul de défauts et atteignent la limite de sûreté, selon le rapport rédigé par l’ASN en novembre 2011, poursuivent les deux auteurs. Si leur taille s’accroît encore, le réacteur devra être arrêté d’urgence !

Plus grave, encore, en cas de séisme, le site serait très probablement inondé. En cause, le canal de Donzère-Mondragon situé à proximité. Les auteurs citent ainsi Pierre-Franck Chevet, président de l ’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), pour appuyer leur propos.

en cas de séisme fort, on pourrait aller vers une situation, avec quatre réacteurs simultanés en fusion, qui ressemble potentiellement à un accident de type Fukushima

L’ASN a déjà réclamé l’arrêt de la centrale du Tricastin en septembre dernier. La réouverture avait ensuite été autorisée. Reste à voir si ce livre fera changer les choses.

Pour le détail, le top cinq des cuves les plus dangereuses du pays est complété par les suivantes.

  • Le Bugey 5 (Ain)
  • Saint-Laurent-des-Eaux B1 et B2 (Loir-et-Cher)
  • Blayais 1 (Gironde)
Publié le lundi 5 février 2018 à 10:49, modifications lundi 5 février 2018 à 10:28

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