Environnement

Selon l’ONU, le trou dans la couche d’ozone se résorbe

Dans un récent rapport, la couche d’ozone devrait progressivement retrouver le niveau de 1980 entre 2030 et 2070.

Lentement mais sûrement … Selon le rapport quadriennal du comité d’évaluation scientifique du protocole de Montréal, publié lundi 5 novembre, la couche d’ozone se referme progressivement. Elle devrait retrouver son niveau de 1980 entre 2030 et 2070.

Une lente guérison

Depuis les années 1980, la couche d’ozone stratosphérique, qui s’étend entre 13 et 18 kilomètres d’altitude dans la stratosphère, est surveillée de très près. En effet, pendant des années, l’action des produits chimiques présents dans les aérosols, climatiseurs et autres réfrigérateurs y ont creusé un trou béant.

Ainsi, en 1987, le protocole de Montréal a interdit l’usage des principaux produits responsables de cette détérioration de la couche d’ozone. L’abondance de ces substances à vie longue, rejetées par l’homme dans l’atmosphère, diminue depuis lors. Et la couche d’ozone se rétablit progressivement à un rythme de 1 à 3 % par décennie depuis 2000.

Rappelons que la couche d’ozone préserve la vie sur Terre d’une exposition excessive aux rayons ultraviolets. Pourtant, si la reconstitution de cette protection est sur la bonne voie, rien n’est encore totalement gagné. Telles sont en substance les conclusions du rapport rendues publiques par l’organisation météorologique mondiale (OMM). En effet, l’OMM considère que la couche d’ozone sera guérie lorsqu’elle aura retrouvé son niveau qui prévalait en 1980. Pourtant, cette guérison ne devrait intervenir qu’au cours de la décennie 2030 pour l’Hémisphère nord. Une vingtaine d’années plus tard dans l’Hémisphère sud. Et enfin, au cours de la décennie 2060 pour les régions polaires.

Des rejets de CFC inquiétants

Mais il ne faut pas crier victoire trop vite.

Mettent en garde les scientifiques. En effet, le rapport souligne que la baisse constante de substances destructrices constatée dans l’atmosphère pendant une dizaine d’années s’est à présent ralentie.

Le déclin global des concentrations de 2014 à 2016 n’a été qu’aux deux-tiers aussi rapide qu’il ne l’était de 2002 à 2012.

Constatent les scientifiques.

En cause : une augmentation inattendue d’émissions de CFC qui a été observée de 2012 à 2016. Effectivement, d’après les observations atmosphériques, une part importante de ces rejets de gaz destructeurs proviennent de Chine.

Par ailleurs, le rapport met en exergue l’enjeu majeur de la bonne mise en œuvre de l’amendement de Kigali au protocole de Montréal. Cet amendement entrera en vigueur le 1er janvier 2019. Il vise à supprimer progressivement, jusqu’à plus de 80 %, les hydrofluorocarbures (HFC). Or, parce qu’ils avaient vocation à remplacer les substances destructrices de l’ozone stratosphérique, ces gaz réfrigérants, utilisés pour les réfrigérateurs et climatiseurs, ont considérablement augmenté dans l’atmosphère ces dix dernières années. Et la tendance était appelée à se poursuivre dans les décennies à venir. Ainsi, il est apparu que les HFC n’ont guère d’impact sur la couche d’ozone. Toutefois, ils se révèlent être de très puissants gaz à effet de serre.

Enfin, les experts remarquent que le rétablissement de la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique pourrait aggraver les effets du changement climatique…

Publié le vendredi 9 novembre 2018 à 12:30, modifications vendredi 9 novembre 2018 à 11:08

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