Environnement

Réchauffement climatique : Plus grave que prévu

Une récente étude prédit un réchauffement climatique « probablement plus important » que les pires modèles du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

Une nouvelle étude sur le climat, publiée mercredi 6 décembre dans la revue Nature, a mis en évidence que les scénarios climatiques envisagés jusqu’ici sont trop optimistes. Ainsi, la Terre pourrait connaître d’ici 2100 un réchauffement climatique 15 % plus fort que ce que les climatologues prévoyaient jusqu’à présent. En outre, ils ont souligné la nécessité de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. Avec l’objectif impératif de ne pas dépasser les 2°C de réchauffement.

Des estimations affinées grâce aux observations satellites

Ainsi, Patrick Brown et Ken Caldeira, des climatologues de l’Institut Carnegie de l’université de Stanford en Californie sont les auteurs de l’étude. Ils ont remis en question les prédictions du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). En 2014, le Giec a publié une série de scénarios pour prédire l’état du réchauffement climatique à la fin du XXIe siècle en fonction des émissions de gaz à effet de serre. Or, pointant du doigt le degré d’incertitude de ces scénarios, les chercheurs ont démontré que les modèles les plus pessimistes prévoyaient une augmentation des températures entre 3,2 et 5,9 degrés d’ici 2100 par rapport à la période préindustrielle.

Toutefois, afin d’affiner cette large fourchette, les scientifiques de la récente étude ont introduit de nouvelles données liées à l’observation par satellite de l’énergie solaire absorbée ou renvoyée par la Terre. Cela a permis d’« éliminer la partie basse de cette fourchette ». Ils ont conclu que

Le réchauffement le plus probable est d’environ 0,5 °C plus important que ce que suggère le modèle brut du Giec.

Multiplier les efforts

Si l’Accord de Paris sur le Climat de 2015 prévoit de limiter en deçà de +2°C la hausse moyenne de la température mondiale par rapport aux niveaux d’avant la Révolution industrielle, pour les climatologues Patrick Brown et Ken Caldeira, il va falloir multiplier les efforts pour y parvenir.

En effet, actuellement le monde a gagné près de 1°C par rapport à la période pré-industrielle. Selon les deux scientifiques, cela a suffi à provoquer davantage de précipitations. Sans oublier un rétrécissement de la banquise. Ainsi qu’une acidification des océans et augmentation de leur niveau moyen.

Nos résultats indiquent que parvenir à n’importe quel objectif de stabilisation de la température mondiale nécessitera des réductions plus importantes des émissions de gaz à effet de serre que celles précédemment calculées.

Ont décrit les auteurs de l’étude.

Après la publication de ces recherches, d’autres chercheurs ont salué le travail des deux auteurs.

Nous sommes désormais plus sûrs concernant l’avenir du climat. Mais la mauvaise nouvelle, c’est qu’il sera plus chaud que nous le pensions.

A ainsi commenté William Collins, professeur de météorologie à l’université britannique de Reading.

Face à cela, Piers Forster, un spécialiste en changement climatique à l’université britannique de Leeds, a appelé à « être prudent » :

C’est seulement un élément de preuve. Nous devons examiner tous les éléments de preuve avant de tirer des conclusions hâtives.

Publié le vendredi 8 décembre 2017 à 16:23, modifications samedi 9 décembre 2017 à 13:23

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