Environnement

La prochaine grande éruption volcanique pourrait refroidir la Terre

La prochaine éruption volcanique pourrait refroidir la planète de façon mesurable. De quoi lutter contre le réchauffement climatique ?

Il y a 25 ans , le volcan Pinatubo, situé sur l’archipel des Philippines, est entré en éruption et a éjecté près de 2 kilomètres cubes de pierres et de cendres et plus de 20 millions de tonnes de dioxyde de souffre dans l’atmosphère. Ces composants se sont éparpillés à travers la Terre et ont provoqué un effet miroir de réfléchissement des rayons du soleil. La conséquence fut une baisse de la température de la planète de plus de 0,5 degrés Celsius pendant plusieurs années.

Une éruption aussi violente que celle de Pinatubo en 1991 a donc une influence directe sur le climat. C’est la raison qui a poussé la NASA à prédire les conséquences de la prochaine catastrophe de ce type.

Un pas vers la manipulation artificielle du climat ?

Récemment, le film Geostorm nous projetait dans un futur proche où un système d’ingénierie climatique planétaire permet de manipuler directement le climat de la Terre. Mais un tel dispositif pourrait très bien ne plus appartenir au domaine de la science-fiction. En effet, les scientifiques de la NASA ont calculé qu’en projetant dans l’atmosphère des matériaux similaires à ceux éjectés par le volcan, on pourrait ralentir le réchauffement climatique.

Ainsi, Alan Robock, un chercheur à l’université de Rutgers, s’est exprimé à propos de cette nouvelle science en pleine essor : “Il est important de comprendre ces phénomènes si nous souhaitons faire de l’ingénierie climatique. Et en dehors de cette problématique, cela reste primordial de comprendre la façon dons les volcans affectent le climat.”

L’éruption de Pinatubo aux Philippines en 1991.

De telles manipulations du climat par la main de l’homme impliquent de faire des mesures et des prélèvement rapides et précis à la suite d’une éruption majeure pour comprendre davantage l’effet des particules en suspension dans l’atmosphère sur le climat. Mais cette idée semble avoir pris une tournure plus concrète récemment.

En effet, le volcan Aung situé à Bali a commencé à entrer en éruption en novembre dernier. Le dernier phénomène de cette ampleur avait eu lieu en 1963, et si l’éruption venait à s’intensifier dans les prochains mois, elle pourrait envoyer assez de dioxyde de souffre dans l’atmosphère pour avoir un effet mesurable sur le climat. En outre, une éruption de cette ampleur pourrait également endommager la couche d’ozone, ce qui rend d’autant plus nécessaire l’étude minutieuse du phénomène.

Un système de mesure global du climat

La puissance des éruptions volcaniques sont classifiés grâce une “échelle d’explosivité” allant de 0 à 8. Celle-ci dépend de la quantité de cendre et de gaz éjectés. Ainsi, l’éruption d’Agung en 1963 avait obtenu la note de 5 sur cette échelle, tout comme Pinatubo en 1991. Toutefois, cette échelle n’a pas forcément de corrélation avec l’effet d’une éruption sur le climat. En effet, celle du mont Saint-Helens en 1980 à Washington avait une explosivité similaire mais n’a pas eu d’effet sur le climat car les cendres et le gaz ont été expulsés de façon latérale pendant l’éruption (et non verticale).

La NASA est actuellement en train de mettre au point un plan pour mesurer avec précision les conséquences des prochaines éruptions volcaniques. L’une des données clés à prendre en compte serait ainsi la quantité de dioxyde de souffre éjectée dans les premières semaines de l’éruption, avant que le gaz ne réagisse avec la vapeur d’eau pour provoquer l’effet miroir en cause dans le refroidissement du climat. Il serait également intéressant de comprendre le comportement de ces particules avec le temps.

Le volcan Agung à Bali.

Certains satellites en stationnement autour de la Terre pourrait prendre certaines de ces mesures, mais la méthode la plus efficace serait d’envoyer des ballons à haute altitude. En effet, ces derniers sont beaucoup moins coûteux et peuvent être lancés à plusieurs endroits à la fois.

Sur le long terme, le programme de la NASA devra mettre en place des vaisseaux dédiés à ces mesures, d’après Jack Kaye, le directeur associé à la recherche sur les science de la Terre à la Nasa. Ces vaisseaux high-tech seront alors partagés avec d’autres divisions de l’institut scientifique américain.

Soyez toutefois rassurés : si le volcan Agung devait entrer en éruption prochainement, il n’y aucune garantie que celle-ci soit assez explosive pour envoyer la quantité nécessaire de particules dans l’atmosphère.

Publié le dimanche 4 février 2018 à 21:47, modifications lundi 5 février 2018 à 12:46

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