Environnement

Le Plan Loup du Gouvernement vivement critiqué par les éleveurs pastoraux

Le Gouvernement vient tout juste de présenter son nouveau Plan Loup qui doit entrer en vigueur dès le début de l’année 2018. Mais les décisions sont très loin de faire l’unanimité…

Les loups sont de retour en France depuis 1992, l’animal qui était en voie d’extinction dans notre pays, revient en force, naturellement. Or, les éleveurs pastoraux ne sont pas vraiment ravis. Notamment parce que les attaques se multiplient, dans les Alpes, dans le Jura, dans les Pyrénées, dans les Vosges et dans le Massif Central. L’année dernière, au 30 novembre 2017, ce sont 11 000 animaux d’élevage et principalement des brebis, qui ont été tués par le loup.

Le Plan Loup au cœur d’une polémique

La cohabitation est donc très compliquée. Et ça ne risque pas de s’arranger, du moins pour les six prochaines années. En effet, un nouveau PNA, c’est-à-dire un Plan National d’Actions, vient d’être présenté par le Gouvernement. Il présente les moyens permettant en théorie de concilier les activités d’élevage et la présence des loups sur le territoire français. Ce Plan Loup va entrer en vigueur début 2018. Et malheureusement, les syndicats professionnels de l’élevage y sont totalement opposés.

Pour montrer leur désaccord, les représentants de ces syndicats ont tout simplement refusé de participer à la dernière réunion consultative qui se déroulait ce mardi 12 décembre à Lyon. Selon eux, le Gouvernement ne prend pas en compte les demandes des professionnels et le texte ne présente aucune avancée. Certains affirment même que le Gouvernement signe avec ce texte la fin de l’élevage pastoral en France.

Des attaques de plus en plus nombreuses

Les attaques de loups étant de plus en plus nombreuses, les éleveurs tentent de mettre en place des mesures de protection. D’ailleurs, certaines de ces mesures sont financées par l’Etat à hauteur de 80%. On parle ainsi de gardiennage de troupeaux, d’installation de clôtures électriques ou encore d’’achat de chiens de protection. Ces mesures ont coûté 22.5 millions d’euros en 2016. Cependant, ces mesures de protection n’étaient pas obligatoires pour percevoir une indemnisation après l’attaque d’un troupeau. Ce qui ne sera plus le cas avec le nouveau Plan Loup.

En effet, avec le nouveau plan présenté par le Gouvernement, l’indemnisation sera maintenant soumise à la mise en place au préalable de mesures de protection. Il faut dire que les indemnisations coûtent chères puisqu’en 2016, on parle de 3.5 millions d’euros. L’idée étant bien entendu d’indemniser les éleveurs dont les animaux sont victimes des loups. Mais à présent, il faudra au préalable avoir mis en place des mesures de protection pour pouvoir être indemnisé. Ce qui fait bondir les représentants des syndicats d’éleveurs.

Des dispositions qui ne plaisent pas à tout le monde

Plusieurs d’entre eux, dont la Confédération paysanne, demande le retrait pur et simple de cette nouvelle disposition. Selon eux, mes éleveurs qui ne mettent pas en place les mesures de protection ne peuvent être montrés du doigt. Apparemment, la mise en œuvre de certaines mesures de protection sont particulièrement compliquées. Par exemple, un représentant syndicaliste rapporte que les chiens de protection peuvent être dangereux, et qu’il a été constaté certains cas de chute de brebis à cause de ces derniers.

C’est loin d’être le seul sujet de mécontentement des éleveurs. L’autre sujet concerne en effet les quotas de tirs. Il faut savoir que le loup est une espèce animale protégée au niveau international. Cependant, il est possible d’obtenir des dérogations, avec des autorisations de tirs qui sont émises par les Préfectures. Ces autorisations dépendent d’un quota, qui est décidé par un arrêté ministériel. Ces quotas allaient jusqu’à présent de juillet à juin. Mais le nouveau Plan Loup change les dates, de janvier à décembre pour respecter le seuil de loups pouvant être détruits. Ainsi, il est même possible de voir ces tirs être suspendus entre septembre et décembre.

Un objectif du Gouvernement très clair

L’objectif Gouvernemental est clair. Il souhaite aider les éleveurs à se protéger efficacement contre les loups. Mais il ne souhaite pas voir la population de loups diminuer. Il a donc refusé de voir le plafond du nombre de tirs contre les loups augmenter. Ce qui est selon la Confédération Paysanne inadmissible. En effet, la FNSEA par exemple demande une autorisation permanente de tuer les loups. Quant à la Confédération paysanne, les représentants estiment qu’il ne faut pas limiter le nombre de tirs. Selon eux, c’est le seul véritable moyen de se protéger.

A ce jour, le plafond des tirs autorisés pour 2018 et 2019 s’élève à seulement 40 loups. Puis les années suivantes, il correspondra à 10% de la population des loups. On ne connaît pas encore le nombre de loups qu’il y aura dans quelques années, mais ce qui est certain, c’est que la population ne cesse d’augmenter. En effet, on comptait 292 loups à la fin de l’année 2016 et on en compte aujourd’hui 360. Le Plan Loup espère compter les 500 loups à la fin de l’année 2018… Ce qui est positif pour l’espèce animale mais très compliqué à gérer pour les éleveurs pastoraux.

La situation est donc très compliquée et particulièrement tendue. Difficile de trouver une solution qui convient à tout le monde… Et vous, que pensez-vous du Plan Loup du Gouvernement ? Le débat est ouvert !

Publié le vendredi 15 décembre 2017 à 12:31, modifications vendredi 15 décembre 2017 à 10:41

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