Environnement

Pesticides : Quels sont les fruits et légumes les plus infectés ?

Une nouvelle étude inquiétante nous renseigne sur la présence de pesticides dans les fruits et légumes que nous mangeons.

Alors que le Salon de l’Agriculture ouvre ses portes dans quelques jours, l’ONG Générations Futures a analysé 19 fruits et 33 légumes non-issus de l’agriculture biologique. Ainsi, dans son rapport, publié mardi 20 février, dont Le Monde a tiré des extraits, l’association appelle le gouvernement

A prendre des dispositions rapides et efficaces pour la promotion de l’agriculture biologique. Et à réduire fortement l’usage des pesticides dans l’agriculture traditionnelle.

Les données de la répression des fraudes comme base

L’association, qui milite contre les pesticides, s’est basée sur des données de la direction générale de la répression des fraudes (DGCCRF) sur la période 2012-2016. Or, habituellement, pour mener ses enquêtes, Générations futures achète les produits à analyser dans les magasins. Cette fois, elle s’est appuyée sur des données officielles. Issues des « plans de surveillance », menés par la DGCCRF.

Ainsi, en compilant ces chiffres, Générations Futures a réalisé un classement de 19 fruits et de 33 légumes en fonction de leur probable toxicité. Car, selon des études récentes, ces pesticides pourraient avoir des conséquences sur notre santé. Par ailleurs, ce lien a déjà été maintes fois prouvé sur les agriculteurs qui manipulent ces produits. En effet, ils sont davantage atteints que la population générale par des cancers de la prostate, du sang. Ou encore par la maladie de Parkinson.

Le raisin est le fruit le plus contaminé par les pesticides

Sur les 19 fruits étudiés, le plus touché est le raisin. 89 % des échantillons de raisin, examinés par la répression des fraudes entre 2012 et 2016, contenaient des résidus de pesticides. Un résultat qui ne semble pas étonner. En effet, Générations Futures rappelle qu’en 2013 les viticulteurs ont appliqué, en moyenne, 19 traitements de pesticides. Un procédé destiné à lutter contre les champignons, les herbes ou les insectes.

Parmi les autres fruits infectés, viennent ensuite la clémentine-mandarine, la cerise, le pamplemousse, la fraise, la nectarine-pêche et l’orange. Avec plus de 80% des échantillons renfermant des résidus de pesticides. À l’inverse, les fruits les moins pollués sont l’avocat (23%), le kiwi (27 %) et la prune-mirabelle (35 %).

L’étude montre aussi que certains fruits dépassent les limites maximales autorisées en Europe concernant les pesticides. C’est le cas de près de 7 % des échantillons de cerises examinés. Et de près de 5 % pour les mangues et les papayes.

Le céleri-branche, le plus toxique des légumes

En ce qui concerne les 33 légumes passés au crible dans cette étude de Générations Futures, le plus contaminé est le céleri-branche. En effet, 84 % des échantillons testés contiennent des résidus de pesticides.

Toujours dans le haut du tableau, on trouve les herbes fraîches (74,5 %), l’endive (73%), le céleri-rave (71%) et la laitue. Ainsi, près d’un tiers des herbes fraîches, du céleri-branche, des blettes et des navets dépassent le seuil légal de résidus de pesticides fixé par l’Union européenne. À l’opposé, l’asperge (3 %) et le maïs (1,9 %) sont les légumes les moins pollués.

Enfin, l’association Générations Futures alerte également sur la présence de plusieurs pesticides dans un même aliment. En 2016, près de 40 % des échantillons de fruits et légumes examinés contenaient plus de deux pesticides. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) travaille sur cette question de « l’effet cocktail ». Un effet selon lequel la toxicité des pesticides augmente lorsqu’ils sont mélangés.

Les actions engagées par le gouvernement

Face à ce défi de santé publique, le gouvernement a prévu un plan d’action. Celui-ci prévoit de réduire les produits phytopharmaceutiques dans l’agriculture. Dans le même temps, des producteurs maraîchers et arboriculteurs ont décidé de s’associer pour lancer un label « zéro résidu de pesticides ». Différent du label agriculture biologique, chaque produit ne pourra pas présenter plus de 0,01 mg de pesticide au kilo.

Toutefois, dans son étude, Générations Futures, arguent que ces solutions ne sont pas satisfaisantes. En effet, l’association estime :

Ces offres ne garantissent pas une absence d’utilisation de pesticides. Et elles ne suppriment pas les pollutions environnementales.

Pour Générations Futures, « l’idéal aujourd’hui est encore de consommer des produits bio », qui contiennent des résidus extrêmement faibles de pesticides.

Publié le mardi 20 février 2018 à 10:31, modifications mardi 20 février 2018 à 10:21

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