Environnement

Pénurie d’eau: Cape Town proche du point de non-retour ?

Une crise sociale et politique

La ville du Cap approche dangereusement de la date fatidique où l’eau viendra à manquer.

En cet été austral, la ville du Cap avance à grand pas vers une situation catastrophique où l’eau sera la denrée la plus rare. En quelques mois, les réservoirs de la ville se sont vidés sans jamais se remplir. Aujourd’hui, ils sont vides au plus des trois quarts, la situation est critique. 

Un risque grandissant connu depuis des années

En l’état actuel, Capetown verra son “jour 0” arriver d’ici le début du mois d’Avril. Ce jour marquera l’absence totale d’eau dans les réservoirs de la ville. Les robinets seront fermés jusqu’à ce qu’il pleuve à nouveau. Les 4 millions d’habitants de la ville devront se ressourcer auprès de 200 points d’eau répartis dans la ville, où il leur faudra attendre plusieurs heures.

Loin d’être une nouveauté, de nombreux scientifiques et experts se sont penchés sur le cas du Cap depuis plusieurs années. Dans leurs rapports, ce qui prévalait était la nécessité de trouver d’autres sources d’eau en dehors de la pluie. Pour cause, il leur apparaissait évident qu’en cas de fortes sécheresse, les réservoirs pourraient ne pas suffire. Depuis 16 ans, voire plus, les politiciens sont informés des risques d’une pénurie.

Ce qui est surprenant, c’est que la ville dispose normalement d’une forte politique environnementale. Son eau est non seulement sa ressource la plus importante mais aussi la plus rare. Il existe depuis des années, une politique de distribution et de management de l’eau. Capetown était même décrite comme l’une des villes les plus vertes du monde.

Une accumulation d’événements

Depuis plusieurs années, de nombreux éléments se sont succédé et ont mené la ville à ce moment fatidique. La population a considérablement évoluée, tant par explosion démographique que par augmentation du tourisme. La ville s’est retrouvée considérablement peuplée, sans que les technologies et les politiques environnementales soient renouvelées. Pour cette raison, la ville est devenue plus qu’instable.
D’autre part, les conditions environnementales actuelles, principalement le réchauffement climatique, mènent les villes à devoir repenser rapidement leurs fonctionnements et leur adaptabilité.

Dernièrement, la maire de la ville, Patricia De Lille, consciente de l’échéance et du danger approchant, à tenté de mettre en place des dispositifs visant à éviter cette pénurie. Le présent en témoigne, ses diverses manœuvres ont été une succession d’échecs que certains estimaient prévisibles. En effet, l’année dernière ont été installés des unités de désalinisation temporaires. L’idée a priori novatrice s’est avérée être inadaptée à la situation. D’après de nombreux scientifiques, il aurait été plus économique et plus efficace d’installer un système arboricole associé à la montagne. De plus, il semble avoir été impossible de limiter l’utilisation de l’eau jusqu’à aujourd’hui, rendant son épuisement plus conséquent.

Des conséquences socio-politiques importantes

En raison de ces échecs, l’opposition s’est renforcée. La maire De Lille se retrouve aujourd’hui en position politique défavorable. Nombreuses sont les accusations de mauvaise gestion et d’administration. Des interrogations surviennent même quant à de possibles implications véreuses.
Ce qui relève des faits, c’est un certain danger imminent qui ne pourra qu’accentuer des dissensions déjà présentes. En question: l’écart important entre les plus riches et les plus pauvres de la ville qui utilisent l’eau différemment. Les plus riches peuvent utiliser des litres pour remplir leurs piscines, là où les plus pauvres se démènent pour amener assez d’eau à leur domicile.

Si le “Jour 0” survient, des rations seront imposées par jour et par personne. Dès lors, s’opposeront ceux qui disposent d’un véhicule et pourront transporter une grande quantité d’eau, et ceux qui se demanderont comment apporter assez d’eau pour leur famille. En sus d’une situation environnementale complexe, la société se retrouvera en crise totale. Les risques sont évidemment importants puisque les tensions seront ravivées. Les lieux les plus délicats comme les écoles, hôpitaux et autres institutions vitales disposeront d’eau plus aisément, ce qui pourrait mener à une accumulation de leur fréquentation.

 

Ce qui ressort de cette situation conflictuelle, c’est l’un des problèmes majeurs du changement climatique: le risque grandissant d’une accentuation des sécheresses. En Afrique particulièrement, ces événements peuvent être alarmants et peuvent inciter d’autres gouvernements à agir. Bien que les villes aient leur part de responsabilité, ce genre de situation catastrophique ne saurait être un cas isolé. Dans ce sens, il est du devoir du plus grand nombre et de la majorité des gouvernements de s’impliquer et d’apporter leur soutien d’une manière ou d’une autre.

L’avenir du Cap est encore incertain, et il nous reste à savoir si la situation de détresse qu’ils affrontent saura révéler le meilleur en chacun.

Publié le dimanche 18 février 2018 à 11:03, modifications samedi 17 février 2018 à 23:16

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