Environnement

L’extinction de la vie sauvage s’accélère

Dans une étude inquiétante, des chercheurs ont alerté sur l’extinction massive des espèces de vertébrés. Plus de 50 % des espèces animales terrestres ont disparu en 40 ans.

L’extinction des espèces s’accélère et ne concerne plus uniquement les animaux considérés comme menacés.

Voici les conclusions d’une étude réalisée par des chercheurs américains et mexicains et publiée lundi 10 juillet dans le Proceedings of the National Academy of Science of the United States of America.

Les scientifiques ont cherché à quantifier le déclin non plus du nombre d’espèces mais des populations. C’est à dire des groupes d’animaux sur un territoire.

Pour ce faire, ils ont menés leurs recherches sur la moitié des espèces de vertébrés connus.

Ainsi, ils ont examinés l’évolution de 27.600 espèces de mammifères, reptiles, oiseaux et amphibiens terrestres, répartis sur cinq continents.

En se concentrant sur 177 espèces de mammifères, les scientifiques ont constatés que plus de 40% ont perdu 80% de leur aire de répartition historique entre 1990 et 2015.

Une « sixième extinction de masse ».

Le Monde a expliqué que les chercheurs Gerardo Ceballos et Paul Ehrlich avaient conclu qu’une sixième extinction de masse était en cours sur la Terre.

Les différentes espèces de vertébrés reculent de manière considérable, à la fois en nombre d’animaux et en étendue.

Or, en 2015 déjà, certains d’entre eux avaient publié un rapport dans la revue Sciences Advances. A l’époque, ils avaient prévenu que la Terre allait entrer dans sa «  sixième extinction de masse ». La cinquième remontant à 66 millions d’années.

D’emblée, les scientifiques ont posé leur diagnostic :

La sixième extinction de masse est plus importante que l’on ne croit.

Pour arriver à cette conclusion, ils ont établi une différentiation entre la disparition des espèces, plus lente, et celle des individus, déjà alarmante.

Pourtant les causes de ces extinctions sont déjà connues.

Elles sont imputables, en premier lieu, à la perte et à la dégradation de l’habitat des animaux. Un phénomène inhérent à l’effet de l’agriculture, de l’exploitation forestière, de l’urbanisation ou de l’extraction minière.

Viennent ensuite la surexploitation des espèces (chasse, pêche, braconnage), la pollution, les espèces invasives, les maladies. Et, plus récemment, le changement climatique.

Pour les auteurs de l’étude, un des moteurs ultime de la sixième extinction de masse, souvent moins cité, est

La surpopulation humaine, liée à une croissance continue de la population. Et de la surconsommation, en particulier par les riches

Des conséquences catastrophiques

Selon les chercheurs :

La fenêtre de tir pour une action efficace n’est plus que de deux à trois décennies.

Ils ont estimé :

Après quoi l’extinction, due à la disparition des habitats et à la surexploitation par l’homme. Mais aussi au changement climatique, ne pourra plus être enrayée.

Car cette «défaunation » a des conséquences catastrophiques sur les écosystèmes.

Elle entraîne de sérieux impacts écologiques, économiques et sociaux.

Cette extinction massive pourrait avoir de nombreuses conséquences sur le fonctionnement de l’écosystème. Et les services essentiels au maintien de la civilisation.

Se sont inquiétés les chercheurs.

En effet, rappelons que la faune est essentielle à notre survie. Autant par la pollinisation, l’assainissement de la qualité de l’air et de l’eau ou du stockage de CO2. Ainsi, pour reprendre quelques exemples, la planète comptabilisait en 2016 plus que 35.000 lions à l’état sauvage dans le monde (-43% depuis 1993).

En dix ans, la population d’orangs-outans a chuté de près de 25%. Il ne resterait plus que 80.000 individus. Quant aux girafes, elles sont passées de 115.000 spécimens à 97.000 entre 1984 et 2015. Enfin, la population des pangolins (très braconnés pour leurs écailles) s’est tout simplement éteinte.

La liste est malheureusement encore très longue.

Les zones les plus touchées sont celles qui sont les plus riches en terme de faune comme l’Amazonie ou l’Asie du Sud-Est.

Publié le mardi 11 juillet 2017 à 15:43, modifications mardi 11 juillet 2017 à 15:19

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !