Environnement

L’Everest est devenu la plus haute poubelle du monde…

Triste réalité...

L’Everest devient la plus haute poubelle du monde. Le constat est édifiant, surprenant, triste… Retour sur cette douloureuse réalité.

Quelle triste nouvelle. L’Everest est devenu la plus haute poubelle du monde. C’est en tout cas ainsi que l’ONG Française Montagne et Partage, surnomme désormais ce recoin du monde qui était pourtant si beau et si majestueux.

Qu’est-ce qui lui vaut ce triste surnom ? Et bien tout simplement un constat. En effet, des bénévoles de l’ONG sont allés passer trente-huit jours sur les pentes de l’Everest, du côté népalais. Et ils ont collecté plus de cinq tonnes de déchets. De l’aluminium, du plastique, des produits extrêmement nocifs. Et voilà comment l’Everest est devenu la plus grande poubelle du monde.

Revenons sur cette observation qui fait froid dans le dos.

Une ascension magique

Gravir l’Everest est un rêve pour beaucoup de monde. Non seulement c’est un incroyable défi physique, mais en plus, c’est un environnement verdoyant, d’une beauté incomparable. L’Everest est considéré par beaucoup de monde comme le plus bel endroit du monde. C’est un paysage grandiose qui n’a pas vraiment d’égal. Sa faune, sa flore, ses panoramas… font rêver de nombreux touristes et alpinistes. Sauf que cette magie est en train de laisser place à un véritable cauchemar. Car la nature n’est plus aussi préservée qu’elle l’était il y a encore quelques années.

Et oui, c’est un tout autre paysage que les bénévoles ont découvert. Non sans une certaine surprise, ils ont découvert des centaines de déchets, accrochés à la montagne. Des cordes en nylon, du plastique, des piles, des bouteilles d’oxygène, des cannettes, du métal… on retrouve absolument de tout ! C’est une véritable décharge à ciel ouvert, et les photos parlent d’elles même. C’est assez incroyable de voir ces images qui reflètent une réalité dont on parle malheureusement très peu. Car oui, c’est une réalité qui dérange.

Et c’est malheureusement bien triste. Car non seulement le paysages et gâché par ces détritus, mais en plus les conséquences sur l’écosystème sont nombreuses…

De trop nombreux déchets

L’ONG française a mené l’action Everest Green. Des bénévoles et quinze népalais se sont lancés dans cette drôle d’aventure, avec un objectif bien clair : récolter le plus de déchets possibles, et nettoyer l’Everest. Ils avaient trente-huit jours pour tout nettoyer.

Et trente-huit jours plus tard, le constat est édifiant. Ils ont ramassé 5.2 tonnes de déchets au sommet de l’Everest. Leur travail s’est concentré sur le versant népalais, qui culmine jusqu’à 8000 mètres au col sud. Car c’est dans cette partie de l’Everest que la pollution est la plus frappante. C’est souvent le point de départ de ceux qui veulent gravir cette montagne pas tout à fait comme les autres. Et les traces de l’homme sont bien visibles, notamment à cause des déchets laissés. C’est bien connu, l’homme ne respecte pas la nature, et a tendance à laisser des traces parfois indélébiles. Ce qui est le cas ici…

Et oui, c’est donc en très très haute altitude que l’on trouve tous ces déchets. Ce qui vaut maintenant à l’Everest le surnom de plus haute poubelle du monde… Un triste surnom qui amène à une réflexion de fond sur le respect de la nature et des trésors dont regorgent la Terre, comme l’Everest par exemple.

Encore de nombreux déchets

Les déchets sont principalement des restes des campements établis pas ceux qui gravissent l’Everest. Ainsi, on retrouve des pieux à neige, des tentes, du matériel radio, des bâtons de ski, des crampons, des lampes, des échelles…

Le problème, c’est que les bénévoles n’ont pu ramasser que les déchets apparents. C’est-à-dire ceux qui sont accessibles. Car bien évidemment, il y a ceux qui ne se voient pas. Et il y a également ceux qui sont inaccessibles, et qui sont par exemple coincés dans les crevasses. Bref, le travail est immense et irréalisable sur le court terme.

Il faudrait également prévoir un système permettant de recycler ces déchets. Il faudrait les transporter pour les amener dans une usine de traitement et de transformation. Ce qui est compliqué, coûteux… et pas du tout prévu à ce jour !

Que deviennent les déchets ?

Les déchets qui ont été ramassés par les équipes de l’ONG française pendant ces trente-huit jours ont été descendus à dos de yacks dans la vallée. Ils ont ensuite été transportés par hélicoptère. Puis, des camions les ont déposés à Katmandou. Mais il y a un vrai problème… En effet, le Népal n’a aucune usine de traitement et de transformation des déchets.

Il y avait un incinérateur, au pied de l’Everest, au sein du village Mamche Bazar. Mais ce dernier ne fonctionne plus depuis l’important séisme de 2015. Faute de moyens, il n’a pas été réparé, et les déchets sont brûlés à ciel ouvert. Ce qui constitue une énorme source de pollution.

Les déchets les plus nocifs récoltés par les bénévoles ont donc été rapatriés en France. Ce qui représente environ 25 kilos de déchets. On espère ainsi qu’ils iront dans un centre de recyclage approprié à ces déchets dangereux, ce type d’établissement n’existant pas au Népal.

Une situation dramatique

Le bilan de l’expédition Everest Green est très inquiétant. Il faut prendre conscience de la situation, et en parler le plus possible pour sensibiliser les touristes et les alpinistes. L’objectif de cette opération était également de faire comprendre au Gouvernement népalais que la situation est grave, et que les populations doivent avoir un comportement différent vis-à-vis de la gestion des déchets.

Il existe des solutions concrètes pour aider les populations à gérer les déchets, et ainsi préserver l’Everest. Il faut savoir que les Népalais sont passés très rapidement d’une vie archaïque à une vie consumériste. La société n’a pas eu le temps de s’adapter, et ne sait pas comment gérer notamment l’apparition du plastique et des autres polluants chimiques.

Pour continuer à sensibiliser le public et à parler du nettoyage de l’Everest, un documentaire est en cours de réalisation. Il serait quand même bien de prendre rapidement conscience du mal que l’on fait à la Planète avec les déchets. C’est quand même dommage de ne plus parler de l’Everest comme le plus bel endroit au monde mais comme de la plus haute poubelle de la Terre…

Publié le mercredi 28 juin 2017 à 12:03, modifications mercredi 28 juin 2017 à 11:04

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !