Environnement

Le patronat s’oppose à la lutte contre le réchauffement climatique au parlement européen

Le patronat européen pratique un double langage très dangereux par rapport au réchauffement climatique.

Le lobby Business Europe, qui regroupe les principaux syndicats patronaux européens, y compris le MEDEF, pratique le double langage de façon évidente sur la question de l’écologie, d’après une note interne diffusée par le site Euractiv.

L’art du double langage

Une note interne du lobby Business Europe datant du 13 septembre à propos de la politique climatique européenne démontre l’incroyable irresponsabilité du patronat à ce sujet. L’organisation, présidée par le patron français du MEDEF Pierre Gattaz, appelle en effet à publiquement soutenir cette politique “tant qu’on parle d’une déclaration politique sans implication” (sic). Concrètement, aucune mesure ne sera donc prise par le patronat pour concrétiser la lutte contre les gaz polluants ou encore la transition énergétique.

Officiellement, le patronat soutient ces mesures, sans les appliquer concrètement. On comprend donc que celui-ci s’oppose de façon non avouée à la volonté de la Commission européenne d’augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique total de 40 à 45%, notamment pour être crédible lors de la prochaine COP24 en Pologne à la fin de l’année 2018. En effet, cette transition vers les énergies vertes est essentielle si nous souhaitons réaliser l’objectif des accords de Paris de limiter l’augmentation de la température moyenne du globe sous la barre des 1,5 degrés.

La compétitivité s’oppose à la lutte pour le climat…

Les patrons européens estiment que ces politiques climatiques font peser un coût de production supplémentaire sur leurs industries, qui les pénalise par rapport à d’autres régions du monde (comme l’Asie) qui n’ont pas les mêmes réglementations en terme d’écologie. La compétitivité s’oppose donc à la lutte pour le climat… Cet argument très dangereux revient à légitimer l’existence d’un dumping climatique mondial. 

Ces mesures pourraient également pénaliser les industries fondées sur l’exportation, dont les coûts de transport seront augmentés dans ce contexte. Or, l’Allemagne, dont l’économie est tournée vers l’exportation, est directement concernée par ce phénomène. C’est d’ailleurs le patronat allemand qui serait à l’origine de cette note du lobby Business Europe, lui qui a pourtant obtenu des réductions tarifaires pour la taxation sur les énergies, qui pèse donc désormais davantage sur les ménages.

Angela Merkel avait défendu ce processus, en affirmant que les objectifs climatiques déjà en vigueur étaient suffisants. Pourtant, toutes les études prouvent que c’est faux. Mais il est toujours plus facile de faire l’autruche face à un problème de cette taille…

Publié le dimanche 23 septembre 2018 à 13:12, modifications samedi 22 septembre 2018 à 14:13

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