Environnement

Le Canada veut éliminer deux pesticides de la famille des néonicotinoïdes

Les jours des pesticides néonicotinoïdes sont-ils désormais comptés au Canada? Après de récentes données, le pays semble vouloir réévaluer l’utilisation des produits.

Ce mercredi 15 août, le gouvernement Canadien a annoncé sa volonté d’interdire deux pesticides reconnus nocifs pour les abeilles mais également pour les insectes aquatiques.

Un enjeu pour la santé et l’environnement

La famille des néonicotinoïdes fait débat depuis plusieurs mois. Alors que l’Union Européenne compte interdire trois pesticides de cette classe d’ici fin 2018, en France, ce sera cinq pesticides qui seront interdits pour toute utilisation phytosanitaire à compter du 1er septembre 2018.

Produits hautement toxiques, les néonicotinoïdes sont des insecticides s’attaquant au système nerveux des insectes. Utilisés en pulvérisation ou directement sur les graines, le produit neurotoxique fait face à de nombreuses études démontrant ses effets néfastes. En 2008, la vallée du Rhin en a fait la terrible expérience : après l’ensemencement de graines traitées aux néonicotinoïdes, une disparition massive d’abeilles à été remarquée. Les insecticides tuent dans les cultures mais également au-delà: les pesticides, transportés par le vent, s’attaquent également à des zones naturelles très éloignées.

Maillon indispensable de l’écosystème, l’abeille contribue à la reproduction de 80 % des espèces de plantes à fleurs et est donc essentiel à l’agriculture. Ces 10 dernières années, en Europe, 30 à 40 % des colonies ont été éradiquées. Les spécialistes et scientifiques, après diverses études, s’accordent désormais à dire que les 5 000 pesticides commercialisés participent à grande échelle à cette catastrophe. Reconnus également comme perturbateurs endocriniens, les pesticides “tueurs d’abeilles” sembleraient présenter une molécule s’attaquant à la thyroïde, aux ovaires et à l’utérus. Le thiaclopride, un des produit de la classe, a même été classé comme «susceptible de provoquer le cancer» chez l’homme.

Une élimination progressive au Canada

L’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire de Santé Canada a procédé à l’examen de deux de ces pesticides néonicotinoïdes, la clothianidine et le thiaméthoxame.  Selon les récentes données, les taux de néonicotinoïdes présents dans de nombreux plans d’eau canadien atteindraient un stade critique et particulièrement nocif pour les insectes aquatiques. Sources de nourriture pour les poissons, la disparition de ces espèces présenterait un déséquilibre majeur pour l’écosystème.

Le ministère de la santé Canadien a alors annoncé qu’il souhaitait interdire, d’ici trois à cinq ans, “les utilisations extérieures de la clothianidine sur les cultures agricoles et le gazon ainsi que les utilisations extérieures du thiaméthoxame sur les cultures agricoles et les plantes ornementales“. Cependant, selon un communiqué du ministère, le projet sera tout d’abord au centre d’une consultation de 90 jours. Durant cette période, différents intervenants présenteront leurs commentaires et fourniront des données supplémentaires.

Fabriqués par Syngenta, touchant au secteur de l’agroalimentaire, et la société pharmaceutique Bayer, les sort des deux pesticides sera connu fin 2019.

Publié le vendredi 17 août 2018 à 18:12, modifications vendredi 17 août 2018 à 15:47

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