Environnement

La mer de Weddell deviendra-t-elle la plus grande réserve marine au monde ?

L’Allemagne a porté un projet de création d’une réserve marine de 1,8 million de km2. Celle-ci devrait se situer dans la mer de Weddell, qui se trouve au nord de l’océan Atlantique. Le projet attend actuellement l’avis favorable de la CCAMLR.

La Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines (CCAMLR) se tient actuellement en Tasmanie, en Australie. Elle a débuté le lundi 22 octobre 2018 et prendra fin le vendredi 2 novembre 2018.

Un sanctuaire marin de 1,8 million de km2

Parmi les sujets abordés à cette réunion figure le projet de l’Allemagne. Ce projet consiste à créer un sanctuaire marin dans la mer de Weddell, en Antarctique. En effet, ce sanctuaire de 1,8 million de km2 deviendra la plus vaste zone naturelle protégée au monde. Du moins, à la condition que la CCAMLR donne un avis favorable à ce projet.

La mer de Weddell présente plusieurs attraits

Plusieurs raisons poussent les ONG et les scientifiques à faire de cette partie de la mer de 3 millions de km2, une aire marine protégée.

La première d’entre elles est le fait que l’Allemagne ait été convaincue de la nécessité de préserver la biodiversité des lieux. Greenpeace France en est également persuadé étant donné qu’il y a envoyé un sous-marin scientifique en janvier 2018 pour explorer les lieux.

Hélène Bourges, la responsable de la campagne « Océans » a déclaré :

 On ne l’imagine pas au premier abord, mais cette mer de Weddell grouille de vie. On estime à 10.000 le nombre d’espèces à y vivre, dont douze espèces de baleines, six de phoques, des manchots Adélie… »

Un équilibre menacé

Toutefois, la biodiversité n’est pas le seul point fort de la mer de Weddell. Effectivement, jusqu’à l’heure actuelle, son environnement est préservé des activités humaines. Mais les chercheurs et défenseurs de la nature savent que cette situation ne sera pas éternelle sauf si l’on prend des mesures dès à présent.

Selon Yan Ropert-Coudert, directeur de recherche au CNRS rattaché au centre biologique de Chizé et spécialiste des oiseaux marins de la région :

 Dans cette région, la glace augmente un petit peu depuis quelques années, mais on sait que c’est transitoire. Comme en Arctique, il faut s’attendre à ce que la banquise diminue et à ce que les passages s’ouvrent, avec le risque que le tourisme et la pêche se développent.

Hélène Bourges craint particulièrement les activités de pêche étant donné qu’actuellement, « les prises s’amenuisent dans les zones autorisées à la pêche si bien que les bateaux prospectent toujours plus loin ».

Certains pays sont contre ce projet

En faisant de cette mer de Weddell une aire marine protégée, les scientifiques et ONG feront d’une pierre deux coups. Non seulement, ils protègeront cette riche biodiversité mais ils pourront également préserver sa capacité de séquestration du dioxyde de carbone. Un point non négligeable à cet instant où toutes les solutions pour lutter contre le réchauffement climatique sont bonnes. Toutefois, certains pays sont contre ce projet, à l’instar de la Chine, la Russie et la Norvège.

Publié le jeudi 25 octobre 2018 à 10:44, modifications jeudi 25 octobre 2018 à 8:44

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