Environnement

Greenpeace s’invite à l’AG de Total pour défendre le récif de l’Amazonie

Des militants de Greenpeace ont interrompu volontairement l’assemblée générale du groupe Total pour protester contre des projets de forage en Amazonie, au large du Brésil.

L’assemblée générale du pétrolier français Total a été envahie vendredi 1er juin par des militants de Greenpeace. Ils étaient venus protester contre des projets de forage au large du Brésil. Réunis au Palais des Congrès, les actionnaires venaient voter le renouvellement pour trois ans des mandats d’administrateurs d’Anne-Marie Idrac, Patrick Pouyanné et Patrick Artus. Mais également pour accepter les critères des éléments de rémunération du PDG. Et enfin la distribution d’un dividende de 2,48 euros par action. En hausse par rapport à l’année précédente.

Sauvons le récif de l’Amazonie

Plusieurs militants ont tenté de monter sur la tribune et quatre d’entre eux se sont suspendus avec des cordes au plafond du Palais des Congrès. D’autres, portaient des banderoles sur lesquelles il était écrit « Sauvons le récif de l’Amazone » ou « Break free from oil » (libérons-nous du pétrole).

A l’invitation de Patrick Pouyanné, le PDG de Total, une militante est montée à la tribune pour s’exprimer.

Nous avons un message fort à faire passer.

A-t-elle lancé dans le vacarme et une certaine confusion.

L’action de vendredi visait à protester contre l’entêtement de Total, qui persiste en dépit des nombreux rejets opposés par l’administration brésilienne.

A de son côté déclaré à l’AFP François Chartier, chargé de campagne océans pour Greenpeace.

Il faut transmettre ce message aux actionnaires de Total, qui porte des projets coûteux dont on ne connaît pas la rentabilité. Et va à contresens de l’histoire alors qu’il devrait prendre le virage des énergies renouvelables.

Finalement, après une quarantaine de minutes d’interruption, Patrick Pouyanné a repris l’ordre du jour. Toutefois, il a commencé à prononcer son discours alors que les militants étaient toujours présents et continuaient à semer la zizanie dans l’assemblée.

A l’issue de cette action, qui s’est conclue à 13 heures, neuf gardes à vue ont été enregistrées, pour « mise en danger de la vie d’autrui », selon un avocat de l’organisation.

Récif corallien unique

Dans les détails, Greenpeace réclame l’interdiction des forages au large du Brésil et de la Guyane. Des régions du monde dans lesquelles se trouvent des récifs coralliens uniques. Par ailleurs, l’ONG a affrété, mi-avril, un bateau avec à son bord une équipe de scientifiques. Or, ils ont découvert dans l’embouchure de l’Amazone la présence d’une « formation récifale composée de rhodolithes ». Et ce, à l’endroit même où Total envisage de forer des puits d’exploration pétrolière.

Par ailleurs, l’Institut brésilien pour l’environnement (Ibama) a exhorté Total, mardi 29 mai, à revoir sa copie pour ce projet. L’organisation avait regretté des études d’impact environnemental « insuffisantes ».

Cela fait la quatrième fois qu’Ibama rejette la demande de Total. Au motif qu’ils sont incapables de répondre à ses demandes sur la préservation de la biodiversité. Et sur le risque de marée noire que feraient courir leurs forages. Mais le pétrolier insiste.

A déploré Thiago Almeida, de Greenpeace Brésil.

C’est d’autant plus stupide qu’exploiter ces fonds est dangereux, difficile et cher. Vingt-sept forages autorisés au large des côtes brésiliennes ont déjà été abandonnés par des sociétés pétrolières sur des problèmes mécaniques.

Publié le samedi 2 juin 2018 à 10:16, modifications samedi 2 juin 2018 à 9:50

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