Environnement

En France, le scénario du 100% énergies renouvelables est prêt!

La mutation nécessaire du système français

Une France verte possible, tel est le résultat des travaux de négaWatts, association regroupant des spécialistes sur l’environnement et l’énergie. Un avenir meilleur fondé sur les énergies renouvelables?

Une France verte est-elle possible? C’est ce que semble avancer le Manifeste négaWatt qui élabore précisément un plan énergétique pour un pays entièrement dépendant des Energies renouvelables (EnR) d’ici 2050.

Une France sans nucléaire et sans carbone

Paru pour la première fois en 2003 chez les éditions Actes Sud, le Manifeste négaWatt s’enrichit et s’actualise. Ce sont au total une vingtaine d’experts en énergie, ingénieurs et praticiens qui se sont donné comme but une France Verte. Provenant de l’association négaWatt, les spécialistes ont élaborés un scénario précis visant à lutter contre le dérèglement climatique. S’appuyant sur trois piliers que sont la sobriété (en priorisant les besoins essentiels), l’efficacité énergétique (en diminuer sa quantité) et les énergies renouvelables, le plan énergétique promet des résultats cruciaux en matière d’environnement et de société.

Grâce au financement participatif lancé en 2016, l’association actualise son Manifeste et offre le nouveau fruit de ses recherches. Pas de rupture économique, technologique ou sociétale en prévision mais une véritable évolution détaillée et réaliste dans les différents secteurs de consommation et de production d’énergie. Réduction des tensions liées à l’énergie, amélioration de la qualité de l’air, du pouvoir d’achat et création d’emploi sont certaines des conséquences auxquelles mènerait le scénario.

Les points clés du scénario

Promettant un pays fonctionnant uniquement aux énergies renouvelables d’ici 2050, les experts de négaWatt proposent des solutions souhaitables et réalistes. En diminuant progressivement le parc nucléaire, définitivement clos en 2035, la France se concentrerait sur des sources d’énergies renouvelables et complémentaires telle que la biomasse solide (bois, résidus forestiers), le biogaz issu de la méthanisation (par la fermentation de matières organiques) ou encore le photovoltaïque et l’énergie éolienne. Les énergies fossiles (gaz fossile, pétrole, charbon) disparaîtront elles aussi. Représentant 86% de la consommation d’énergie en 2015, ces énergies n’auront que des usages non énergétiques en 2050 (production de ciment, d’acier, etc.).

Pour parvenir à ceci, le projet décrit diverses améliorations du quotidien allant du domaine privé au général. Une augmentation et une amélioration de l’isolation dans les bâtiments (créant 69 000 emplois en 2030), une réduction des emballages mais aussi le simple fait d’éteindre les vitrines et bureaux inoccupés la nuit participent à cette transformation du paysage français. Marc Jedliczka, porte-parole de l’association, note par exemple l’économie spectaculaire de carburant qu’engendrerait une simple limitation des autoroutes à 110 km/h au lieu de 130 km/h.

Le secteur agricole évoluera lui aussi vers une agriculture biologique privilégiant la production intégrée, c’est-à-dire  des pratiques proches de ceux de la nature. Le tout mènera non seulement à une réduction du gaspillage énergétiques, mais à la création d’emplois et à des aliments de meilleurs qualités.

 

Evolution de la consommation d’énergie dans le cadre du scénario négaWatts 2017-2050.

S’agissant de la consommation, on note également des évolutions. Généralisation systématique des appareils électriques les plus importants du marché, obligation de réaliser des bâtiments neufs avec des matériaux à faible énergie, réduction de la consommation de viande… En d’autres termes, pas question de se priver d’énergie, mais bien plutôt d’arriver à une stabilité répondant à l’urgence environnementale.

En route vers la transition énergétique?

Jean-Marc Jancovici, spécialisé en question énergétique, reconnaît le scénario négaWatt comme physiquement possible. Cependant, il note également la difficulté de voir si les investissements nécessaires sont compatibles avec les conditions socio-économiques actuelles. L’association négaWatt elle ne doute aucunement de ce paramètre. La rénovation énergétique coûterait en effet jusqu’à 50 milliards d’euros par an mais permettrait d’économiser chaque année plusieurs milliards d’euros sur la “facture énergétique” et créerait près de 500 000 emplois. Une belle perspective!

Le projet s’inscrit dans la continuité de la loi sur la Transition énergétique pour la croissance verte,  adoptée en août 2015. Fixant un objectif de 32% d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique finale du pays pour 2030, la loi engage la France vers une transition énergétique. Cependant, selon le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et l’Association des distributeurs d’électricité en France (Adeef), la France ne va pas atteindre ses objectifs européens fixés pour 2020. Mauvaise nouvelle, elle ne satisfera pas non plus ceux fixés par la Programmation pluriannuelle de l’énergie pour 2018.

Le scénario intervient également dans le cadre de ce prochain débat public sur l’énergie. C’est en effet le 19 mars que sera lancé le nouveau grand débat public sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie, pilier de la politique énergétique de la France. Peut-on espérer une prise en considération des travaux de négaWatts, ou de l’un des nombreux projets portés par différentes associations environnementales? A l’heure où le dérèglement climatique entraîne la rareté de denrées vitales, les questionnements s’accumulent.

 

 

 

 

Publié le samedi 24 février 2018 à 13:19, modifications dimanche 25 février 2018 à 9:23

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

1 Commentaire