Environnement

La France exporte un pesticide interdit sur son territoire…

Une ONG pointe notre pays du doigt...

La France est pointée du doigt par une ONG qui affirme que le pays exporte un pesticide pourtant interdit sur son sol, vers des pays en développement…

La France et la Suisse ont été directement pointées du doigt par une ONG. Et la raison risque de vous surprendre. Car c’est une véritable bombe qui est lancée… En effet, il semble que la France et la Suisse exportent hors de leur territoire des pesticides considérés comme dangereux et interdits sur leur sol ! C’est tout simplement incroyable… et le problème, c’est qu’il semble y avoir pas mal de preuves à l’appui…

Alors que se passe-t-il exactement ? On vous explique tout de cette sombre affaire qui risque de faire bien des remous…

Une incroyable révélation

C’est l’ONG suisse Public Eye qui a révélé ces curieuses informations. En effet, cette dernière s’est procurée des documents confidentiels auprès de l’administration fédérale. En mai 2017, l’ONG a ainsi expliqué officiellement que la Suisse exportait des pesticide dangereux et interdits sur son territoire depuis plus de dix ans. Il semblerait que la France fasse la même chose depuis pas mal d’années également. Ce qui pose bien évidemment un sacré problème !

De quels produits parle-t-on ?

Les pesticides visés par la ONG ne sont autres que l’Atrazine et le Paraquat. Ce sont des produits extrêmement toxique et dangereux, tant pour la santé humaine que pour l’environnement.

L’Atrazine notamment, est un perturbateur endocrinien. Ce pesticide affecte directement le système reproducteur, et augmente considérablement les risques de cancer. Le Paraquat quant à lui est à l’origine de milliers d’empoisonnement et du développement de maladies chroniques. Il semblerait qu’il puisse notamment être à l’origine du développement de la maladie de Parkinson.

Ces pesticides sont donc référencés comme étant les plus dangereux au monde. C’est bien pour cette raison qu’ils sont interdits dans de très nombreux pays, et notamment en France et en Suisse. Et pourtant… ces pays exporteraient ces produits hors de leurs frontières, dans des pays tiers…

Des dénonciations incroyables

L’ONG affirme que ces substances dangereuses ont été exportées entre 2012 et 2016 dans des pays en développement. Elle cite par exemple l’Argentine, le Brésil, le Cameroun, la Chine, l’Inde, le Pakistan, le Pérou et la Thaïlande… pour la Suisse. La France quant à elle en aurait exporté vers l’Afrique et vers certains pays d’Asie…

Si les données sont confidentielles en Suisse, ce n’est pas le cas en France. En effet, les exportations françaises sont rendues publiques sur le site Internet de l’ECHA, c’est-à-dire de l’Agence Européenne des Produits Chimiques. Ce n’est donc pas bien compliqué de vérifier les accusations de l’ONG. Et malheureusement, c’est bel et bien une réalité. Notre pays a exporté ces produits dangereux pourtant interdit sur le territoire français. Une aberration !

De nombreuses cargaisons

Depuis 2004, on ne dénombre pas moins de 142 exportations d’Atrazine par la France vers des pays en développement. Et depuis le début de l’année 2017, notre pays a autorisé l’exportation de sept cargaisons d’Atrazine vers la Chine, le Pakistan, l’Azerbaïdjan, le Soudan, l’Ukraine et la Suisse.

On sait donc que la France participe à l’exportation de ces pesticides extrêmement dangereux. En revanche, on ne connaît pas précisément la quantité de produits qui ont été envoyés dans le monde. Mais ce qui est certain, c’est que ce produit extrêmement dangereux pour l’environnement et pour la santé humaine est envoyé dans le monde, et que le point de départ n’est autre que la France… Un véritable scandale qui n’a pas fini de faire du bruit…

Un viol de la Convention de la Bâle

L’ONG Public Eyes, qui est donc à l’origine de cette décevante découverte, accuse la France et la Suisse de violer les termes de la Convention de Bâle. Mais également de la Convention de Bamako. En effet, la Convention de Bâle interdit l’exportation de déchets dangereux. La seconde Convention affirme que sont considérés comme déchets dangereux les substances dangereuses qui ont été frappées d’interdiction dans les pays de production pour des raisons de protection de la santé humaine ou de l’environnement.

Autant dire que les deux pesticides visés, à savoir l’Atrazine et le Paraquat, rentre dans ces interdictions. Et donc, il semble que la Suisse et la France n’aient pas le droit d’exporter ces pesticides qui sont interdits sur leur propre territoire.

Pourtant, certains pays qui ont reçu ces produits sont également signataires de la Convention de Bamako, comme par exemple le Cameroun, qui a reçu des pesticides venant de la Suisse, ou encore le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, l’Ethiopie, le Mali et le Soudan, qui ont reçu des livraisons venues de France… On parle ici de trente-trois cargaisons de pesticides qui sont partis de France pour aller directement dans ces pays en développement…

Une interpellation internationale

L’ONG Public Eye a été choquée par ces découvertes, et ont immédiatement interpellé le Parlement Suisse. Elle s’est notamment rapprochée de Lisa Mazzone, une députée italienne, qui est particulièrement engagée dans l’écologie. Apparemment, on parle dans cette affaire de violation des droits humains. C’est en tout cas ce qu’a tenu à rappeler l’ONG en déclarant la chose suivante :

Pour les Rapporteurs spéciaux des Nations Unies sur les déchets toxiques et sur le droit à l’alimentation, le fait d’exposer la population d’autres pays à des toxines dont il est avéré qu’elles provoquent de graves problèmes de santé, et peuvent même entraîner la mort, constitue une violation des droits humains.

La réaction française ?

Et bien pour l’instant, c’est le silence ! Le Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire n’a à ce jour par réagi face à ces accusations pourtant extrêmement graves. D’autant plus que dans les pays de l’Union Européenne, c’est le Ministère de l’Environnement qui est responsable des autorisations d’exportation. C’est en tout cas ce que l’ECHA a tenu à rappeler dans le cadre de cette affaire. Ce qui place donc Nicolas Hulot dans une situation particulièrement délicate sur laquelle il va devoir rapidement s’exprimer…

D’autant plus que les pesticides sont un sujet très sensible, sur lequel les Français sont très attentifs. On sait en effet que les pesticides ont de graves conséquences sur la santé humaine et sur l’environnement. Ces derniers seraient à l’origine de 200 000 décès chaque année, dans le monde… En France, les progrès sont énormes et l’agriculture biologique se développe notamment en ce sens. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si l’alimentation bio remporte un franc succès auprès des populations… Cependant, ce n’est pas le cas dans les pays en développement… Ces derniers accusent un certain retard dans ce domaine, et continuent malheureusement à utiliser des pesticides dangereux. Ce serait pas mal que ces derniers ne viennent pas de France

Ces accusations sont donc très graves, et pourraient bien créer un tollé auprès des écologistes… A suivre…

Publié le jeudi 8 juin 2017 à 11:33, modifications jeudi 8 juin 2017 à 11:13

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