Environnement

Forêt de Bialowieza en Pologne : la justice européenne juge les coupes d’arbres illégales

La Pologne a été condamnée par l’Union européenne pour avoir procédé à de nombreuses coupes dans la forêt de Bialowieza.

La justice européenne a estimé, mardi 17 avril, que les opérations de gestion forestière ordonnées par la Pologne concourent à la disparition du site protégé qu’est la Forêt de Bialowieza.

En effet, ce milieu naturel sauvegardé, partagé avec la Biélorussie, est considéré comme l’une des dernières forêts primaires d’Europe. Le lieu abrite de nombreuses espèces protégées d’oiseaux et d’insectes.

La forêt de Bialowieza, une Zad

En Pologne, la forêt de Bialowieza a progressivement été érigée au rang de « zone à défendre ». Ce site classé au patrimoine mondial de l’Unesco regroupe des habitats naturels d’espèces d’animaux et d’oiseaux. De plus, La protection est jugée prioritaire. Or, les abattages ordonnés par le gouvernement polonais ont été jugés contraires à la législation européenne sur la protection de la faune et la flore. Pourtant, la Commission européenne avait déjà introduit un recours contre la Pologne en juillet 2017, pour avoir procédé a ces coupes. Or, la cour de justice de l’Union européenne (CJUE) affirme aujourd’hui que ces opérations de gestion forestière ont « conduit en effet à la disparition d’une partie ». Et jugé irremplaçable pour la conservation de la biodiversité.

De son côté, le gouvernement polonais avait argué que ces opérations avaient pour but d’assurer la sécurité dans la forêt. Afin de combattre la prolifération d’insectes xylophages. En effet, ce site est, depuis plusieurs années, est envahi par le bostryche typographe, petit coléoptère friand d’épicéas. Les autorités polonaises avaient donc décidé en 2016 de tripler le volume d’arbres à abattre. Dans l’objectif d’enrayer la progression de l’insecte.

La Pologne sommée de respecter la décision de la justice

Un argument que la CJUE a fermement rejeté. En effet, la Cour de justice a reproché à la Pologne de ne pas avoir procédé, avant de lancer les abattages, à une « évaluation appropriée » des incidences sur les habitats naturels qu’abrite la forêt. Par ailleurs, elle déplore que « les décisions contestées ne comportent pas de restrictions tenant à l’âge des arbres ou aux peuplements forestiers ». Mais aussi qu’il y avait eu absence de justification. Elle considère donc que « les opérations de gestion forestière active en cause ne peuvent être justifiées par la nécessité d’enrayer la propagation du bostryche typographe ». Enfin, la CJUE a mis en exergue que les coupes contestées menacent « inévitablement » des sites de reproduction. Voire des aires de repos de certains animaux.

A présent la Pologne a été sommée de se conformer à la décision de la Cour « dans les meilleurs délais ». Le cas échéant, la Commission européenne pourra introduire un nouveau recours pour demander des sanctions pécuniaires.

Publié le jeudi 19 avril 2018 à 13:39, modifications jeudi 19 avril 2018 à 11:42

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