Environnement

Florange : ArcelorMittal accusé de pollution à l’acide

Un ancien chauffeur de camion, sous-traitant d’ArcelorMittal, accuse le groupe d’avoir fait déverser de l’acide dans un dépotoir en pleine nature. Le parquet de Thionville a ouvert une enquête préliminaire.

S’agit-il d’un nouveau scandale environnemental ? En tout cas, il s’agit d’un témoignage à charge pour le groupe ArcelorMittal.

En effet, selon FranceBleu Lorraine, un chauffeur de camion affirme avoir été contraint de déverser pendant des mois, de l’acide usagé dans le dépotoir de l’usine sidérurgique de Florange sur ordre du géant de l’acier.

Les rochers éclataient à cause de l’acidité du produit. Le soir, je rentrais avec les yeux rouges.

A ainsi expliqué lundi 3 juillet l’homme qui travaillait en tant qu’intérimaire pour Suez RV Osis Industrial Cleaning, un sous-traitant d’ArcelorMittal.

Sous couvert d’anonymat, le chauffeur assure qu’il a déversé 24m3 d’acide usagé tous les jours pendant ses trois mois de contrat, dans un crassier en pleine nature, en Moselle.

Je transportais l’acide usagé. J’arrivais à Florange et là je me retrouvais dans un crassier à brancher mes tuyaux et déverser mon chargement en pleine nature, directement au sol. Les rochers éclataient à cause de l’acidité du produit. Le soir, je rentrais avec les yeux rouges

A-t-il détaillé pour étayer son témoignage.

En outre, il a révélé que les salariés de l’entreprise lui donnaient volontairement accès à la décharge.

Pourtant, cette matière, hautement polluante aurait dû être recyclée au centre de dépollution industrielle de Malancourt-la-Montagne.

Les bons n’indiquaient pas que c’était de l’acide, seulement que c’était de la boue de fer ou de la boue d’épuration.

D’après FranceBleu Lorraine, l’ancien salarié a fini par se confier à un pompier du site. Il s’était ensuite fait licencier pour « rupture de discrétion commerciale ».

Vers un scandale environnemental et sanitaire

Ce mardi 5 juillet, la direction régionale de l’environnement (la Dréal) a ouvert une enquête. Elle doit notamment vérifier le parcours et la traçabilité des déchets au sein de l’entreprise.

Il y a bien eu des déversements d’acide dans le crassier de Marspich, où vont les déchets de l’usine ArcelorMittal de Florange. Mais on en ignore encore l’importance.

A de son côté indiqué Michel Liebgott, le Président de la communauté d’agglomération du Val de Fensch. Il s’est exprimé à l’issue d’une réunion avec les maires de Florange et Hayange ainsi que la direction d’ArcelorMittal.

Quant au groupe sidérurgique, il a nié toute responsabilité dans ces « prétendus versements ».

En outre, le géant de l’acier a certifié que sa zone de stockage, le crassier, était « très encadré et contrôlée au moins tous les ans par la Dréal ».

De plus, il a ordonné l’ouverture d’une enquête interne « pour faire toute la lumière sur les faits ».

L’entreprise, qui envisage de déposer plainte, affirme également qu’« aucun risque sanitaire ni environnemental pour les populations n’est à signaler ».

Il s’agit de témoignages graves. S’ils sont avérés, ce serait un nouveau scandale sur Florange.

A déploré Lionel Burriello, un responsable CGT au sein de l’usine. Celui-ci a assisté lundi à un Comité d’entreprise extraordinaire.

Par ailleurs, le syndicat prévoit de demander une troisième expertise par un cabinet agréé par le ministère du travail, indépendant d’ArcelorMittal et de la Dréal.

Publié le jeudi 6 juillet 2017 à 10:03, modifications jeudi 6 juillet 2017 à 7:38

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