Environnement

La COP 23 : notre résumé en trois points

Du 6 au 17 novembre, les Nations unies organisent à Bonn, en Allemagne, leur 23e conférence sur le climat, la COP23. L’occasion, pour la communauté internationale, de faire le point sur l’accord de Paris, conclu en 2015.

La COP 23 qui a débuté le 6 novembre à Bonn, en Allemagne, est le premier rendez-vous climat présidé par un petit Etat insulaire, les Fidji. C’est aussi la première COP du mandat de Donald Trump. Le président américain a annoncé le 1er juin son intention de retirer les Etats-Unis de l’accord de Paris. Il a tout de même répondu présent à ce rendez-vous du 6 novembre. Elle réunit jusqu’au 17 novembre près de de 19 000 participants.

L’occasion d’un grand bilan mondial

Adopté fin 2015, entré en vigueur moins d’un an plus tard et à ce jour ratifié par 168 pays, l’accord de Paris impose un cadre à la lutte contre le réchauffement climatique, sans toutefois fixer d’objectif contraignant décliné par pays.

En 2015, la communauté internationale s’était engagée à limiter la hausse de la température « bien en deçà de 2 °C » et à « poursuivre les efforts pour limiter la hausse à 1,5 °C ».

Lors de la COP22, à Marrakech (Maroc), les pays signataires ont validé la nécessité d’écrire le mode d’emploi. Il déroulera les moyens pour parvenir aux objectifs décidés en 2015 d’ici 2018, pour la COP24 prévue en Pologne. Ce “manuel d’application” s’appliquera à tout le monde pour les 82 années qui viennent.

Selon l’ONU, “les contributions actuelles des pays ne nous feraient (faire) que le tiers du chemin” nécessaire pour tenir l’objectif de maintenir le réchauffement sous 2°C. “Cet état de fait est inacceptable, pour notre planète et notamment pour les plus vulnérables”.

L’objectif de la COP23 est de faire le point sur chaque pays, leurs objectifs et les moyens qu’ils se donnent pour les réaliser. En résumé, on évalue ce qui a été fait, on détermine ce qu’on veut faire et comment y arriver. Mais pour cela, l’idée est de faire discuter entre eux les dirigeants politiques sur les bonnes pratiques et de les pousser à s’engager en faveur de nouveaux objectifs, affirme Brigitte Collet, ambassadrice française chargée des négociations sur le changement climatique. Elle ajoute qu’à partir de 2023, il faudra dresser ce bilan mondial tous les cinq ans.

Lors de la cérémonie d’ouverture, le Premier Ministre fidjien Frank Bainimarama avait engagé à poursuivre les efforts amorcés en 2015 :

Notre monde souffre d’événements extrêmes provoqués par le changement climatique. Notre responsabilité en tant que dirigeants est de répondre à cette souffrance. Notre demande collective au monde est qu’il maintienne le cap fixé à Paris.

Quel aide pour les pays les plus pauvres?

En 2009, les pays riches avaient promis que leur aide atteindrait 100 milliards de dollars par an en 2020. Cela pour permettre aux plus pauvres de financer des infrastructures énergétiques propres et de s’adapter aux impacts du réchauffement. Le texte de Paris acte qu’un nouvel objectif devrait être fixé « d’ici 2025 ». De nombreux pays en développement réclament une feuille de route précise sur la hausse de cette aide. Selon une estimation publiée en octobre 2016 par l’OCDE, l’aide publique atteindrait 67 milliards de dollars annuels en 2020. En ajoutant les effets de levier sur le privé, les financements totaux iraient de 77 à 133 milliards de dollars en 2020.

La somme de 100 milliards est à comparer avec les 3.000 à 4.000 milliards de dollars nécessaires, selon le think tank New Climate Economy, pour assurer une transition vers des économies « bas carbone », ce qui ne pourra se faire rapidement qu’avec une réorientation massive de la finance mondiale.

La Syrie “lâche” les Etats-Unis

Ce mardi 07 novembre, la Syrie a annoncé à la COP23 son souhait de rejoindre l’accord de Paris, laissant les Etats-Unis dans un “splendide isolement”, selon les mots de Alden Meyer, expert du think tank américain Union of concerted Scientists. Il ajoute : “sur ce sujet du climat, personne ne veut être en compagnie de Donald Trump”

Un délégué syrien aurait fait cette déclaration en séance plénière. Il aurait indiqué qu’une loi a été adoptée (par son pays) en vue de ratifier l’accord de Paris, selon Cynthia Elliott, du think tank américain WRI. Ceci reste à officialiser.

Depuis le 1er juin, date de l’annonce américaine de retrait de l’accord de Paris, les Etats-Unis jouent les trouble-fête. Malgré des tentatives de grandes multinationales pour convaincre Donald Trump de changer d’avis, les Etats-Unis ne sont pas revenus sur leur décision. Un pied dedans, puisque le texte de la COP21 les maintient dans ce cadre multilatéral jusqu’en novembre 2020, un pied dehors, puisque M. Trump ne manque aucune occasion de rappeler que cet accord est un mauvais coup porté à son pays.

 

Publié le mardi 7 novembre 2017 à 18:25, modifications mardi 7 novembre 2017 à 18:33

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