Environnement

Climat: La fonte du permafrost menace la lutte contre le réchauffement de la planète

De nouvelles études révèlent l’urgence de la lutte contre le réchauffement climatique. Des objectifs qui se montrent difficiles à atteindre mais nécessaires devant la nouvelle du dégel du permafrost.

De nouvelles conséquences dramatiques du changement climatique. Véritable bombe à retardement, le permafrost entame son processus de dégel, processus tendant à libérer des quantités désastreuses de carbone et de méthane.

Un effet dévastateur

Le permafrost désigne la partie d’un sol se trouvant constamment gelée et couvre environ 25% des terres de l’hémisphère nord. Cependant, la fonte des glaces présentes sous l’Arctique, en Sibérie ou encore dans le Nord de l’Alaska menace désormais ces sols gelés porteur d’immenses quantités de gaz. Ces quantités de méthane et de CO2 correspondraient en effet à environ quinze années d’émissions humaines.

 Par le passé, le changement climatique n’était pas suffisant pour déclencher le processus de dégel dans les hautes latitudes

a précisé Thomas Gasser, chercheur à l’IIASA. Cependant, avec des températures moyennes supérieures de 1°C par rapport à l’ère préindustrielle, le dégel est désormais rendu possible.

 

En dégelant, ces étendues enfouies sous des mètres de glace feraient augmenter la température terrestre de plusieurs degrés. En effet, au sein du permafrost sont congelés diverses restes de plantes ou encore d’animaux d’il y a des dizaines des milliers d’années. Une fois dégelés, ces restes fermenteront et libéreront de ravageuses quantités de carbone et méthane dans l’atmosphère qui augmenteront de façon désastreuse l’effet de serre.

Des objectifs inatteignables?

Le docteur Thomas Douglas de l’Arctic Research Consortium of the United States (ARCUS), organisation non-gouvernementale,  a expliqué, en montrant les nombreux restes de créatures mortes depuis 25 000 ans que le permafrost actuellement sous Terre contient “deux fois plus de carbone que ce qu’il y a dans l’atmosphère“. Ceci correspondrait, selon les études, à libérer plus de 1600 milliards de tonnes métriques de gaz.

L’Accord de Paris conclu en 2015, prévoit de contenir le réchauffement sous 2°C, voire 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle. Pour y parvenir, les États se sont engagés à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre. Cependant, les experts estiment que la situation actuelle serait déjà compliquée, et que l’objectif de 1,5°C serait déjà hors de portée.

 Nous devons nous préparer à l’éventualité que nous ne puissions peut-être jamais revenir à des niveaux plus sûrs concernant le réchauffement

avance Thomas Gasser.

Il existe le danger que, plus nous allions de l’avant, plus nous risquions de déclencher des phénomènes que nous ne comprenons pas

Contamination et virus

En février, une étude publiée dans le National Snow and Ice Data Center exposait des stocks de mercure deux fois plus importants dans le permafrost que sur le reste de la Terre. Suite au dégel, ce dernier va donc se déverser dans les océans et contaminer l’entièreté de la chaîne alimentaire. Une autre question se pose également quant aux virus présents dans la glace. Entre les années 2013 et 2015, quatre types de méga-virus, c’est-à-dire à la génétique surdimensionnée, ont été découverts dans la glace. Enfermés depuis des dizaines de milliers d’années, leur présence interroge également la santé humaine.

Florent Dominé, directeur de recherche au CNRS, spécialiste des interactions neige-climat-pergélisol, alerte sur ce dégel:

Il n’y a pas de solution, il ne faut pas émettre ce carbone.

Publié le jeudi 20 septembre 2018 à 10:05, modifications jeudi 20 septembre 2018 à 8:36

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